Coronavirus : suite aux recommandations de l'ONU, plusieurs pays en conflit adoptent un cessez-le-feu

Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, a appelé à la fin des conflits pour mieux faire face au coronavirus.
Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, a appelé à la fin des conflits pour mieux faire face au coronavirus. - © MICHAEL TEWELDE - AFP

L’ONU, qui avait réclamé ce lundi un cessez-le-feu général dans tous les pays en conflit dans le monde pour mieux combattre la pandémie de Covid-19, s’est félicitée ce jeudi d’avoir été entendue par des groupes armés au Cameroun et aux Philippines, ainsi que par les belligérants au Yémen.

En conflit depuis 2015, le Yémen "cesse toute escalade"

Au Yémen, la situation est telle qu’elle est qualifiée de "plus grande crise humanitaire au monde". La guerre au Yémen oppose depuis plus de cinq ans les rebelles Houthis soutenus par l’Iran aux forces loyales au gouvernement reconnu par la communauté internationale et appuyée par une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite.

Les parties en conflit au Yémen disent désormais soutenir l’appel de l’ONU à un cessez-le-feu général face à la propagation mondiale du nouveau coronavirus.
 


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"La situation politique, économique et sanitaire au Yémen nécessite de cesser toute escalade et de se rallier aux efforts internationaux et humanitaires pour préserver la vie des citoyens", a déclaré le gouvernement yéménite dans un communiqué, saluant l’appel de l’ONU.

Martin Griffiths, l’émissaire de l’ONU au Yémen a réclamé que les parties au conflit "participent à une "réunion urgente" pour concrétiser le cessez-le-feu.

En Syrie, l’appel de l’ONU (quasi ?) entendu

Ce jeudi, le porte-parole des Nations-Unies à New York, Stéphane Dujarric, dans un nouveau communiqué, a "salué la déclaration des Forces démocratiques syriennes (SDF) du 24 mars" soutenant l’idée d’un cessez-le-feu et leur "engagement à éviter les actions militaires" dans le nord-est du pays. "Le secrétaire général appelle les autres parties au conflit syrien à soutenir son appel" à l’arrêt des combats, a-t-il ajouté.

Ces déclarations arrivent alors que le régime de Damas est engagé dans une opération de reconquête de la région d’Idleb, qui depuis quelques mois, poussent des millions de personnes à fuir vers la Turquie, dont une large part d’enfants.

Au Cameroun, relancer le dialogue

"Nous accueillons favorablement le cessez-le-feu temporaire annoncé le 25 mars par les Forces de défense camerounaises du Sud (Socadef)", a déclaré le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, lors de son point-presse quotidien. "Le secrétaire général (Antonio Guterres) appelle les autres groupes armés à faire de même" dans ce pays, a précisé le porte-parole.

Le groupe Socadef avait diffusé ce mercredi un communiqué annonçant l’arrêt des combats pour une durée de 14 jours. Mais la rébellion séparatiste anglophone au Cameroun est constituée d’une multitude de groupes, et leurs représentants, souvent à l’étranger, ne sont pas toujours en prise avec le terrain.


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Mercredi, l’un des principaux groupes séparatistes, le British Southern Cameroons, a affirmé "ne pouvoir déclarer unilatéralement un cessez-le-feu" alors que l’armée régulière camerounaise était "toujours sur son territoire", selon un communiqué.

Jeudi, L’ONU demande à nouveau une "relance du dialogue sur toutes les questions pertinentes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun et la fin de la violence et de la souffrance humaine", a précisé le porte-parole.

Ces deux régions anglophones du Cameroun sont en proie à un conflit meurtrier entre l’armée et des rebelles séparatistes depuis près de trois ans. Ce conflit a déjà fait plus de 3000 morts, dont de nombreux civils.

Aux Philippines, du cessez-le-feu à la fin définitive ?

L’ONU s’est aussi félicitée du "cessez-le-feu temporaire annoncé le 24 mars par le Parti communiste des Philippines avec le gouvernement des Philippines".

"Le secrétaire général encourage les parties à trouver une solution politique définitive afin de mettre un terme à leur long conflit", a précisé Stéphane Dujarric.

Il espère que ces cessez-le-feu "vont servir d’exemple dans le monde pour faire taire les armes et réunir les gens face à la menace mondiale du Covid-19".

Lundi, Antonio Guterres avait lancé un vibrant appel "à un cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde" afin de préserver, face à la "furie" du Covid-19, les civils les plus vulnérables dans les pays en conflit.

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