Coronavirus : ski interdit dans l'Union européenne mais pas en Suisse, le scénario qui jette un froid

Et si les stations de ski suisses attiraient pendant les vacances de fin d’année les Européens qui ne peuvent dévaler les pistes italiennes, françaises et allemandes ? Ce scénario jette un froid à l’heure où plusieurs pays de l’Union européenne envisagent de prendre une décision commune dans le but de restreindre les déplacements de leurs citoyens, à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs frontières.

Objectif : freiner la circulation et la propagation du coronavirus et empêcher une troisième vague. L’interdiction des séjours au ski s’étendrait jusqu’au 10 janvier 2021.

Mais voilà, la Suisse ne fait pas partie de l’Union européenne. Le pays et ses pistes de ski du Valais, du Jura ou encore du Vaud peuvent donc agir à leur guise, malgré des frontières communes avec l’Italie, l’Allemagne et la France.

France, Allemagne, Italie pour l’instant

Mercredi, la chancelière allemande a invité ses concitoyens à ne pas partir à l’étranger durant les vacances de Noël, en particulier pour des séjours de ski. La Bavière a déjà pris les devants et fermé ses stations dès mardi.

En France, comme l’a annoncé le président Emmanuel Macron mardi soir, une réouverture des pistes de skis "dans de bonnes conditions" ne sera envisageable qu’en janvier. "Il me semble impossible d’envisager une ouverture pour les fêtes", a déclaré le président de la République. Ce jeudi, le Premier ministre Jean Castex a expliqué qu'il sera "possible de se rendre dans les stations de ski pour profiter de l'air pur", mais "les remontées mécaniques et les équipements collectifs seront fermés".

De son côté, en Italie, le Premier ministre Giuseppe Conte a été clair dans une interview à la chaîne de télévision La7 : "Nous ne pouvons pas nous permettre d’autoriser les séjours à la neige".

Fermer les remontées, c’est toute l’économie alpine qui s’effondre

En Suisse, comme l’explique la RTS (la Radio télévision suisse), "le contexte épidémiologique à la mi-décembre sera crucial. D’un point de vue institutionnel, le Conseil fédéral aurait le pouvoir de tirer la prise des remontées mécaniques comme il l’a fait en mars."

Mais, précise la RTS, "le contexte est différent et cela ne semble pas être une option : les enjeux économiques sont trop importants, et les cantons mettent la pression. Ils affirment que les concepts de protection sont testés et éprouvés. Les acteurs comptent sur une amélioration grâce aux restrictions actuelles. Des mesures qui ont d’ailleurs été prises entre autres pour sauver la saison de ski, notamment en Valais."

"Nous avons pris notamment en Suisse romande des décisions lourdes en conséquences – la fermeture des restaurants pour prendre cet exemple – pour justement préserver la période des fêtes parce que celles-ci sont essentielles sur le plan économique", indique le ministre de l’Economie vaudois Philippe Leuba à la RTS.

Le ministre de l'Economie Vaudois.

"Si vous fermez les remontées mécaniques, c’est toute l’économie alpine qui s’effondre", regrette le mandataire. "Nous tenons un discours extrêmement clair. Il appartient de respecter strictement les impératifs sanitaires. Le comportement des gens est fondamental. C’est en respectant ces consignes sanitaires que nous pourrons assouplir le dispositif et préserver les vacances de Noël."

La Suisse ne créera pas d’appel d’air

D’après Philippe Leuba, "on ne créera pas d’appel d’air". L’ouverture des pistes suisses n’incitera pas les Français, Italiens, Allemands, Belges et autres étrangers à se venir en masse en Suisse pour enfourcher leurs skis. "Les normes sanitaires seront extrêmement strictes dans les stations pour préserver l’activité de ces stations tout en maintenant les protocoles sanitaires. Nous verrons ce qu’il en est des passages aux frontières et de la coordination européenne. Pour l’instant, elle n’existe pas."

Elle n’existe pas parce qu’au sein de l’Union, un autre pays de montagnes, l’Autriche, risque de faire cavalier seul et de ne pas pratiquer la solidarité européenne. Le pays est toujours considéré, notamment par le voisin allemand, comme un territoire à risque.

Eviter un deuxième Ischgl

Jusqu’au 6 décembre, les pistes autrichiennes sont fermées dans le cadre d’un confinement national. Maintenir la fermeture des pistes après cette date, jusqu’à la fin des fêtes, à la demande l’Union européenne, "entraînera une perte de 2 milliards d’euros pour laquelle elle devra payer", a estimé Gernot Blümel, le ministre des Finances.

Tous les regards sont rivés sur la Suisse mais également l’Autriche après l’épisode de la station d’Ischgl. , "l’Ibiza des Alpes". Au début de l’épidémie, 1600 Européens infectés par le covid-19 ont séjourné à Ischgl, facilitant ensuite la propagation du virus sur tout le continent. Par exemple, sur 1423 cas recensés à l’époque en Norvège, 531 seraient liés à Ischgl. Au Danemark, plus d’un quart des cas avérés provenait de la station autrichienne.

Tout cela, à cause d’un serveur de bar infecté début mars et de son patron qui a tardé à fermer son établissement.

Journal télévisé de 19h30 le 25/11 :

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