Coronavirus: réunion cruciale des ministres des Finances de l'UE pour faire face au choc économique

Les ministres des Finances de la zone euro tiendront cet après-midi un Eurogroupe aux conclusions très attendues. Ils doivent s’accorder sur des outils européens communs qui permettront d’amortir le choc économique provoqué par la pandémie de Covid-19. L’enjeu de cette réunion est également devenu celui de la solidarité européenne vis-à-vis des pays les plus touchés, comme l’Italie et l’Espagne.

Divergences affichées :

C’est le Conseil européen (Etats membres) qui a chargé l’Eurogroupe de cette lourde responsabilité le 26 mars dernier. Fin mars, les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 n’étaient eux pas parvenus à s’accorder sur un positionnement commun. La traditionnelle fracture entre les pays du nord et du sud les avait conduits dans une impasse.

Les 27 ne s’étaient accordés ni sur un éventuel recours au Mécanisme européen de stabilité (MES), un fonds lourd de 410 milliards d’euros, ni sur la création d’un instrument mutualisant la dette publique des Etats membres sous la forme, par exemple d'"obligations corona" ou "coronabonds", pourtant demandés par l’Italie ou l’Espagne.

Les pays vertueux sur le plan budgétaire comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède ou l’Autriche rejettent traditionnellement tout partage du risque financier de la dette d’Etats jugés plus laxistes.

Accusé par le premier ministre portugais, Antonio Costa, de mesquinerie et de manque d’empathie, le ministre des Finances hollandais, Wopke Hoekstra, s’était fendu la semaine dernière d’un 'mea culpa', tout en continuant de rejeter les "coronabonds".

Un "travail technique intensif" a eu lieu ces dix derniers jours, a assuré lundi l’équipe de Charles Michel.

Les pistes de ripostes

Dans un communiqué publié ce lundi, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, et le président du Conseil européen, Charles Michel ont promis un important paquet de mesures. Plusieurs pistes sont sur la table. L’activation du Mécanisme européen de stabilité, avec un allègement des conditions d’obtention, est la principale.

Rome et Madrid craignent des conditions aussi dures que celles qui ont été imposées à la Grèce cette dernière décennie, sous l’inspection rigide de la "troïka" composée de la Commission, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI).

L’Allemagne a laissé entendre que les États membres pourraient atténuer cette "conditionnalité" étant donné la spécificité de la crise.

La Belgique la rejoint. Les conditions classiques du MES (réformes du marché de l’emploi, assainissement des finances publiques, réformes fiscales, etc.) "étaient valables pour une crise de dette souveraine, mais la situation actuelle n’est pas liée à un comportement risqué d’un Etat comme c’était le cas après 2008", explique le ministre fédéral des Finances, Alexander De Croo (Open Vld). 

Reste à voir si un tel assouplissement serait jugé suffisant par les pays méridionaux.

Fonds de soutien aux entreprises et chômage européen

Outre la question du Mécanisme européen de stabilité et des "coronabonds", l’Eurogroupe examinera ce mardi la proposition de la Commission européenne de garantir à court terme les plans de chômage partiel des États membres.

Il regardera aussi ce que peut apporter la Banque européenne d’investissement (BEI). Cette dernière travaille à la création d’un fonds de garantie de 25 milliards d’euros pour accroître son soutien aux entreprises jusqu’à hauteur de 200 milliards d’euros, en plus d’une aide immédiate de 40 milliards d’euros déjà annoncée plus tôt.


Suivez toute l'actualité européenne avec Euranet Plus, le premier réseau d'information européenne.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK