Coronavirus: quels risques avec les colis de vente en ligne provenant de Chine?

En Belgique, bpost estime qu'il n'y a pas lieu d'interrompre la distribution des colis de particuliers, en provenance de Chine.
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En Belgique, bpost estime qu'il n'y a pas lieu d'interrompre la distribution des colis de particuliers, en provenance de Chine. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Un trafic incessant, gigantesque, ahurissant. Celui de la circulation des colis, en provenance de la Chine, à destination de la Belgique. La demande explose depuis des mois : face aux conditions avantageuses et aux frais d’expéditions très bas, les consommateurs belges qui se laissent tenter par les biens chinois, par le biais du e-commerce, se comptent par millions.

L’apparition d’un nouveau virus, que certains spécialistes ont baptisé "le virus de Wuhan", est-il de nature à jouer les grains de sable, au cœur d’une mécanique commerciale bien huilée ? Pour faire simple, les colis, en provenance de Chine, peuvent-ils avoir été contaminés par le coronavirus ? La réponse doit être nuancée.

Apprendre à mieux connaître le virus

Sur la question, précisément, il y a des spécialistes prudents. Non pas qu’ils soient particulièrement inquiets quant à un risque potentiel de transmission. Mais surtout parce qu’ils estiment que le virus gagne à être connu. Le coronavirus chinois n’est effectivement pas très familier. Il est tout récent, on ne connaît pas encore grand-chose sur lui – on sait par exemple qu’il est de nature infectieuse pour l’homme –, mais les détails exacts de sa transmission restent à établir. Difficile, dans ces conditions, de savoir s’il pourrait survivre sur des surfaces, appelons-les "non-vivantes", telles que des colis.

Ceci posé, reste l’avis de la majeure partie des experts des maladies virales. Même s’ils n’excluent pas catégoriquement tout risque de transmission, beaucoup reconnaissent "un risque extrêmement faible, voire inexistant." C’est vrai que le seul véritable risque tient dans les porteurs humains du virus revenant de Chine, pas d’une boîte de sneakers neufs. Les virus, on le sait, ne se multiplient pas comme les bactéries car ils ont besoin d’un hôte. Et des tests ont déjà abondamment démontré que leur survie, sur une poignée de porte ou un clavier d’ordinateur, n’excédait pas quelques minutes. Reste que le monde scientifique ne peut exclure à 100% l’éventualité car, "théoriquement", cela reste possible.

Des conditions défavorables à la survie du coronavirus ?

Avant l’arrivée de tout colis sur le sol belge, on se consolera, d’abord, en apprenant que les services postaux chinois ont pris des mesures spécifiques, destinées à désinfecter tout bien susceptible d’arriver de la province où le virus a fait son apparition. On apprendra également que les règles d’hygiène dans les entreprises chinoises sont reconnues comme très strictes, ce qui ne laisserait quasiment aucune chance à la survie d’un virus.

De plus, soit l’envoi se fera par bateau ou par train, avec un délai est trop long pour la survie du virus, soit l’acheminement se fera par avion, et là, visiblement, l’air sec de la soute ne serait pas favorable à la conservation du coronavirus chinois. Signalons encore que l’Organisation Mondiale de la Santé ne préconise, jusqu’ici, aucune restriction commerciale depuis ou vers la Chine.

En Belgique, c’est l’Administration générale des douanes et accises qui est chargée du contrôle des marchandises qui entrent sur le territoire. Avant d’inonder le marché, toute marchandise doit être déclarée. Florence Angelici, la porte-parole du SPF Finances nous confirme ce samedi "n’avoir reçu aucune instruction spécifique concernant l’acheminement de biens chinois transitant par la Belgique. Ni pour l’aéroport de Bierset, ni ailleurs."

Bpost ne s’oppose pas au traitement de colis venus de Chine

Une fois libérée, la marchandise est prête pour la distribution. Bpost prend le relais, en livrant la marchandise au domicile du client. Ici aussi, on tempère les inquiétudes qui ont pu éclore. "Nous suivons de près la situation, nous nous tenons informés auprès des autorités compétentes, nous fait savoir Barbara Van Speybroeck, la porte-parole de bpost. Actuellement, nous avons estimé qu’il n’était pas nécessaire d’arrêter le traitement de colis en provenance de Chine. Le virus ne peut se transmettre que par éternuement, postillons ou contacts rapprochés avec un individu déjà porteur du virus. Le risque pour les colis est nul." Bpost, cela dit, nous confirme vouloir rester vigilant en se tenant au courant de l’évolution de la situation.

Une situation qui sera effectivement suivie de près, en gardant le sang-froid nécessaire à la gestion d’une (éventuelle) crise sanitaire.