Coronavirus : quels pays d'Afrique sont les plus exposés ?

Le Caire.
Le Caire. - © AMIR MAKAR - AFP

Un premier cas de coronavirus a été détecté en Afrique, et plus précisément en Egypte. C’est ce qu’annonce ce soir le ministère égyptien de la Santé.

Le porteur de la maladie n'est pas égyptien, précise un communiqué, sans en divulguer la nationalité. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a été informée et le patient, qui ne présentait "aucun symptôme", a été transféré à l'hôpital et placé en quarantaine pour être soigné, selon le ministère.

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus, le monde s’étonnait qu’il n’ait toujours pas atteint le continent africain. Un constat déconcertant, puisque la Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique.

Pour être plus précis : aucun cas officiel de coronavirus n’avait encore été détecté en Afrique, la nuance a son importance. Car selon Marius Gilbert, responsable du Laboratoire d’Epidémiologie spatiale de l’ULB, "il est vraisemblable que quelques cas aient été introduits mais soient restés sous le radar de la détection".

En effet, si des voyageurs porteurs du virus n’ont pas développé de symptômes à leur arrivée sur le sol africain et ont donc pu passer les contrôles de température à l’aéroport, rien ne dit qu’ils n’ont pas développé la maladie ultérieurement. Or, selon Marius Gilbert, "la deuxième ligne de défense ce sont les médecins. Mais dans un pays où l’on ne va pas chez le médecin dès qu’on a de la fièvre et où l’accessibilité de soins est mauvaise, il est possible de pas les détecter." La jugulation d’une épidémie de Covid-19 dépendrait alors de la solidité du système de soins de santé du pays touché.

Risque 10 fois moins élevé qu’en Europe

C’est pour évaluer plus précisément quels pays sont les plus "à risque" qu’une étude internationale a été menée tout récemment sur le degré de préparation et la vulnérabilité des pays africains face à l’arrivée du Covid-19. Marius Gilbert faisait partie de cette équipe, qui a croisé les données du trafic aérien entre l’Afrique et la Chine et la vulnérabilité de chaque pays africain.

Premier constat : l’Afrique est moins exposée que l’Europe. En effet, même si les accords commerciaux conclus ces dernières années ont amené un volume de passagers plus important en provenance de Chine, "ce volume reste nettement inférieur au volume de passagers qui vont vers l’Europe ou l’Asie", explique l’épidémiologiste. "Sur cette base-là, on a pu estimer que les risques d’importation du coronavirus en Afrique sont 10 fois moins élevés qu’en Europe. Mais cela ne veut pas dire que ces risques sont nuls. Ils sont assez variables d’un pays à l’autre".

Egypte, Algérie, Ethiopie, Nigeria, Afrique du Sud

En ce qui concerne le risque d’importation par le transport aérien, certains pays sont beaucoup plus exposés que d’autres. C’est notamment le cas de l’Egypte, de l’Algérie et de l’Afrique du sud. Ils sont suivis par le Nigeria et l’Ethiopie. Une projection qui se vérifie donc aujourd’hui.

Quant à la vulnérabilité des pays africains, ce sont les pays les plus riches qui s’en sortent le mieux. "Il y a une corrélation entre la richesse et la capacité de ces pays à faire face à une épidémie", explique Marius Gilbert. "Cependant, le Nigeria et l’Ethiopie apparaissent comme assez fortement à risque étant donné la densité de population très importante, un risque d’importation relativement élevé et une vulnérabilité qui est relativement importante".

Dans un deuxième groupe de pays, le risque est considéré comme "modéré", il s’agit du Soudan, de l’Angola, de la Tanzanie, du Ghana, du Maroc ou encore du Kenya.

Les pays qui ne font pas partie de ces listes présentent un risque plus limité encore. Dans l’état actuel de la situation en tout cas.

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