Coronavirus: prises de températures et rues désertes, le quotidien des Pékinois

Après plusieurs semaines de vacances du Nouvel an chinois, prolongées pour endiguer l’épidémie de coronavirus, la Chine s’est remise au travail, mais pas à vivre.

Les Pékinois sont habitués à réaliser le même geste quotidiennement depuis des semaines maintenant. Devant les résidences privés, parfois inaccessibles pour toutes personnes extérieures, dans les restaurants, le métro ou devant les centre commerciaux, toujours le même geste. Un thermomètre qui approche un poignet ou un front de citoyens qui prient pour que le petit objet blanc n’affiche pas plus de 37,3 degrés.

"36,2 vous pouvez entrez", précise un grand gaillard posté devant un magasin, qui ne laisse que ses yeux à l’air libre. "Pour l’instant je n’ai contrôlé personne avec de la température, mais si c’était le cas, je devrais appeler le 112 pour que le suspect soit pris en charge et amené dans un hôpital désigné", poursuit-il, sérieux.


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Pour l’instant, Pékin est relativement épargné par l’épidémie de coronavirus avec 366 cas et trois morts. Plus loin à Taikooli, au coeur du quartier branché de Sanlitun, un agent désinfecte le sol au vaporisateur, bien loin des images de camions citernes qui nettoient les rues d’autres villes chinoises.

Ces mesures se sont renforcées cette semaine qui marque le retour massif de huit millions de travailleurs migrants dans la capitale chinoise.

Ceux qui se sont longtemps cloîtrés chez eux, commencent doucement à se familiariser avec ces contrôles depuis lundi, reprise officiel au travail. Une rentrée timide car de nombreuses entreprises du secteur des services ont une nouvelle fois demandé à leurs salariés de travailler de chez eux pour éviter tout risque de contamination.

D’autres n’ont pas eu d’autres choix que de reprendre le chemin du bureau. "Lambiance est totalement déprimante, tous mes collègues avaient un masque sur la bouche, cest assez impressionnant de travailler dans ces conditions", partage Sun, employée dans le secteur du commerce. A l’échelle du pays, des dizaines de millions de Chinois sont sous le coup de mesures drastiques pour contrer l’avancée de l’épidémie.

A Pékin, la fin des congé s’est déroulée sous un ciel gris sombre, augurant d’un épisode de pollution encore jamais observé depuis le début de l’hiver et signe que les usines aussi ont repris leur activité.

La semaine dernière, le président Xi a déclaré lors d’une réunion du Politburo, l’organe le plus important de l’appareil communiste, que les mesures pour combattre l’épidémie étaient trop sévères, affaiblissant une économie chinoise déjà au ralenti en 2019 (6,1% de croissance, record de lenteur en près de trente ans).


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Pourtant dans les rues de la capitale chinoise, la vie n’a pas repris pour autant. Les rues sont toujours désertes et les magasins qui n’ont pas baissé leur store sont snobés par une population apeurée par le coronavirus, rebaptisé COVID-19 par l’Organisation mondiale de la santé.

"C’est très calme depuis plusieurs semaines, les clients évitent de sortir dans la mesure du possible", lance résigné un caissier d’une parapharmacie. Ici, les masques sont introuvables, comme dans la plupart des pharmacies de la ville, qui doivent dorénavant enregistrer l’identité de patients achetant des médicaments contre la fièvre ou la toux.

Dans un drugstore de l’est de la ville, une affiche prévient : "Pas de masques ici jusqu’à nouvel ordre". A l’entrée, un thermomètre et un registre sont posés sur une table blanche. "On est en rupture de stock et c’est difficile de vous dire quand on sera réapprovisionné", explique une infirmière, la bouche protégée par un bout de tissu.

Bien quils ne sont pas obligatoire dans les rues, contrairement à Shanghai, des panneaux recommandent le port du masque. Mêmes conseils crachés par les haut-parleurs des épiceries et magasins de la capitale. Introuvables, les masques sont pourtant sur toutes les bouches à Pékin.

Images au JT du 10 février:

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