Coronavirus : près de 100.000 enfants positifs au Covid-19 en deux semaines aux Etats-Unis, le retour à l’école en question

97.078 enfants ont été testés positifs au Covid-19 pendant la période entre le 16 et le 30 juillet aux Etats-Unis, selon un rapport de l’Académie américaine de pédiatrie (AAP). Pendant le mois de juillet, plus de 25 enfants sont décédés des suites d’une infection au coronavirus.

Sur les plus de cinq millions de cas de coronavirus recensés actuellement aux États-Unis, 338.000 sont des enfants. Cela représente à peu près 9% de tous les cas déclarés officiellement dans le pays et un taux global de contamination de 447 cas pour 100.000 enfants.


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Par ailleurs, les enfants américains ne représentent que 0 à 0,8% du pourcentage du nombre de décès liés au Covid-19 dans le pays. 

"À l’heure actuelle, il apparaît que les maladies graves dues au Covid-19 soient rares chez les enfants. Cependant, les États devraient continuer à fournir des rapports détaillés sur les cas de Covid-19, les tests, les hospitalisations et la mortalité par âge afin que les effets du coronavirus sur la santé des enfants puissent continuer à être documentés et surveillés", indique encore le rapport.

Comment déterminer le rôle des enfants dans la transmission ?

Interrogée par la chaîne américaine CBS, la Dr Tina Hartert, de l’université Vanderbilt, affirme que l’augmentation des tests sur les enfants sera la clé pour déterminer le rôle des enfants dans la transmission du virus.

La Docteure dirige actuellement une étude financée par le gouvernement américain, dans le cadre de laquelle des kits de dépistage ont été envoyés à quelque 2000 familles volontaires pour tenter de rendre le dépistage plus efficace.

La pression exercée pour que les enfants retournent en classe a poussé les directeurs de plus de 13.000 districts scolaires différents à travers les Etats-Unis à trouver des moyens d’assurer la sécurité des enfants au milieu d’une myriade d’avis de santé publique. Ils doivent également se positionner sur la manière de gérer les différences d’apprentissage de chaque élève.

Enseignement à distance pour Los Angeles et San Diego

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© Getty Images

Les deux plus grands districts scolaires de Californie (Los Angeles et San Diego) qui comptent ensemble 720.000 élèves de la maternelle à la dernière année, ont décidé de débuter l’année scolaire avec de l’enseignement à distance en raison de la hausse des hospitalisations dues aux coronavirus et de l’augmentation des taux d’infection dans l’État. Une décision prise notamment sous la pression de syndicats d’enseignants, indique CNN.

"Il est temps de prendre position contre le dangereux programme anti-science de Trump qui met en danger la vie de nos collègues, de nos étudiants et de nos familles", a déclaré la présidente d’un important syndicat de professeurs. "Nous voulons tous ouvrir physiquement les écoles et retrouver nos élèves, mais des vies sont en jeu. La sécurité doit être la priorité. Nous devons faire en sorte que nos communautés soient bien protégées", a-t-elle insisté.

Des plans pour la rentrée, Etat par Etat

A New York (plus grand district scolaire des USA), en revanche, les écoles rouvriront à l’automne, le maire Bill De Blasio a annoncé son plan de réouverture des écoles pour au moins une partie de l’enseignement en "présentiel" à l’automne. Il a estimé que les fonctionnaires avaient "travaillé sans relâche pour y parvenir". Vendredi, le maire a assuré que les fonctionnaires avaient examiné des exemples de retour à l’école en "présentiel" du "monde entier" pour s’assurer que les enfants seraient en sécurité.

M. De Blasio a déclaré que les parents avaient jusqu’à vendredi soir pour inscrire leurs enfants à une formule d’enseignement "en personne", une formule d’apprentissage à distance ou à un système hybride.


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Dans d’autres Etats comme dans le Michigan, le "superintendant" Dan Applegate pense que le fait d’avoir du plexiglas dans la classe aidera les élèves, en particulier ceux qui ont besoin d’une attention particulière, à pouvoir participer aux cours sans masque.

La désinfection des bus de ramassage scolaire, l’organisation de classes virtuelles, le port du masque par le personnel dans les écoles… sont autant de questions qui animent les différents Etats à quelques semaines de la rentrée. Avec des réponses locales et spécifiques en fonction de la situation de la crise sanitaire, très hétérogène.

Appel de Trump à la réouverture des écoles

En juillet, le président Trump avait réitéré son appel à la réouverture des écoles, indiquant que le système immunitaire des enfants est "beaucoup plus fort" que celui des adultes. Il avait auparavant menacé de refuser le financement des Etats qui refusaient de reprendre l’école avec la présence physique sur place des professeures et des élèves.

La secrétaire d’État à l’éducation, Betsy DeVos, s’était également fait l’écho des sentiments de M. Trump concernant le retour à l’enseignement en "présentiel" sur CNN. "Les enfants doivent être à l’école", déclarait alors Mme DeVos. "Ils ont besoin d’apprendre. Ils ont besoin d’aller de l’avant. Et nous ne pouvons pas, nous ne pouvons pas, être paralysés et ne pas permettre que cela se produise ou ne pas avoir l’intention que cela se produise".

Des décisions prises en fonction de la situation sanitaire

En attendant, que ce soit aux Etats-Unis ou en Belgique, la question des modalités pratiques de la prochaine rentrée scolaire est loin d’être tranchée.

De l’autre côté de l’Atlantique, cela déprendra des décisions prises par les gouverneurs de chaque état.

En Belgique, cela dépendra de la situation sanitaire. Les autorités des trois communautés de Belgique ont planché fin juin sur différents scénarios avec des codes couleurs qui dépendront de l’état de la propagation du virus et qui impliqueront une présence plus ou moins fréquente des élèves en fonction du degré d’enseignement.


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Interrogé ce lundi matin lors de la conférence de presse du centre interfédéral de crise coronavirus, Antoine Iseux, l'un des portes-praoles,  a indiqué que les communautés avaient déjà établi des plans "mais il est un peu tôt pour savoir ce qu’il va se passer en septembre et quel type de rentrée nous aurons en Belgique", car "tout va dépendre de l’évolution de l’épidémie".

D’ici là, les scientifiques auront peut-être aussi avancé sur l’état des connaissances autour de la façon dont les enfants contractent, luttent et transmettent le coronavirus. Des informations qui pourraient largement influencer les futures décisions autour des rentrées scolaires.

Hausse des décès aux USA (JT du 29/07/2020)

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