Coronavirus: pourquoi il ne faut pas paniquer

Selon les premières données, le coronavirus représente un risque limité.
Selon les premières données, le coronavirus représente un risque limité. - © Georg Wendt - BELGAIMAGE

On ne parle quasiment plus que de cela! Le coronavirus fait la une de tous les médias. Tous les jours, on est submergé de déclarations et d’images. Mais est-ce qu’on en fait pas un peu trop?

Pour Charlotte Martin, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles, il n’y pas lieu de céder à la panique. Taux de mortalité, contagion, vaccination, et mesures de précaution,... Loin des rumeurs et de l’emballement médiatique, elle recadre pour nous le débat. 

Quelle est la dangerosité de ce coronavirus ? Un taux de mortalité de 2%, est-ce que c’est beaucoup ?

"On suit de près ce taux de mortalité depuis le début de l’épidémie. On n’a pas l’impression que cela évolue beaucoup. Au fur et à mesure que les chiffres arrivent, on tourne toujours aux alentours de 2-3% de taux de mortalité, sachant qu’on est même plus proche des 2%. Il faut savoir qu'avec la grippe saisonnière, on est autour des 0,5 et 1% mais si vous prenez les personnes fragiles et les publics à risque, on peut monter jusqu’à 6% de taux de mortalité. Et donc, si on met cela en perspective, le taux de 2-3% dans le cas du coronavirus reste relativement modéré". 

Le taux de transmission est lui aussi modéré, là aussi, il tourne autour de 2 ?

"Dans notre jargon, on appelle cela le 'R zéro (R0)'. En résumé, cela signifie que si on met une personne infectée dans une pièce avec 100 personnes, combien de personnes vont être infectées ? Il faut savoir que pour les maladies les plus infectieuses au monde comme la rougeole et la coqueluche, ont un R zéro qui avoisine les 18. Dans le cas du coronavirus, on est autour du 2 – 2,2".

Maintenant on a de plus en plus de données et d’informations qui arrivent et qui permettent de relativiser un peu la dangerosité de ce virus.

"Il faut savoir qu’un R zéro supérieur à 1 signifie que l’épidémie va continuer à se propager. Pour qu’elle s’arrête, il faut que le R zéro soit inférieur à 1. C’est pour cela qu’on essaye de faire baisser le taux de transmission en donnant des instructions aux gens qui sont exactement les mêmes que pour la grippe saisonnière comme se laver les mains très souvent ou rester à distance des personnes malades. Et si on est une personne fragile comme les plus de 65 ans, les asthmatiques ou les diabétiques, être vacciné contre la grippe est encore plus important cette année parce qu’on ne sait pas très bien quel va être l’effet de ce coronavirus en période d’épidémie grippale". 


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On parle aujourd’hui d’un possible vaccin, mais pas avant l’automne 2021. Faut-il s’en inquiéter?

"C’est sûr que comme pour la grippe saisonnière, on aurait bien aimé pouvoir protéger les populations les plus à risque à l’aide d’un vaccin mais on va devoir patienter encore un peu. En attendant, il y a d’autres façon de se protéger avec des mesures assez simples comme je vous le disais. Il faut donc mettre l’emphase dans les 2-3 mois qui viennent sur ces mesures de protection".

Quand on voit les mesures ou l’emballement médiatique, est-ce qu’on peut parler de peur irrationnelle ?

"On est particulièrement vigilant au début de l’épidémie et c'est normal. On analyse les données au fur et à mesure. Le coronavirus est un virus transmis par les animaux. Et par définition, l’homme ne dispose pas d’immunité face à ce type de virus. Donc il peut potentiellement être dévastateur. Il faut rappeler les deux autres coronavirus dangereux que sont le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) qui avait 10% de mortalité et le MERS-coronavirus (coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient) avec 35% de mortalité.

Donc, un nouveau coronavirus dans la population, cela fait toujours peur. Maintenant on a de plus en plus de données et d’informations qui arrivent et qui permettent de relativiser un peu la dangerosité de ce virus. Il y a aussi des stratégies qui sont mises en place pour éviter que le virus ne rentre dans les hôpitaux là où il y a une concentration de personnes fragiles. On espère ainsi contenir la diffusion de ce virus au sein de la population".


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