Coronavirus : les hôpitaux d'Ile-de-France saturés "sous 24h à 48h"

Après la Lombardie et le Grand-Est, c’est au tour de la région parisienne de se préparer à voir son réseau hospitalier saturé par des patients atteints du Covid-19.

Frédéric Valletoux, président de la Fédération Hospitalière de France (FHF), estime que ce réseau aura plus de malades que de lits disponibles d’ici demain ou samedi. "Il va falloir aider l’Ile-de-France très clairement parce que ce qui est arrivé au Grand-Est arrive en Ile-de-France et on est aujourd’hui à la limite des capacités, 24 heures, 48 heures", a-t-il déclaré sur BFM TV-RMC. "Il va falloir faire preuve d’extrême solidarité entre les régions, entre les hôpitaux, multiplier les opérations de transfert de patients".

Les transferts de patients ont déjà débuté dans le Grand-Est, principal foyer de la maladie en France. Un avion militaire a réalisé une nouvelle évacuation de six malades de Mulhouse vers Bordeaux, au lendemain d’un transfert inédit par TGV médicalisé de patients vers le Centre et l’ouest du pays, moins touchés.

Quarante-huit nouveaux malades du Grand-Est vont en outre être transférés ce week-end par trains médicalisés vers des hôpitaux de la Nouvelle-Aquitaine, selon l’Agence régionale de santé (ARS) à Bordeaux.

Pour Frédéric Valletoux, c’est une question de vie ou de mort pour de nombreux patients, actuels et à venir. "Si on laisse chaque hôpital se débrouiller tout seul, chaque territoire pris par l’épidémie se débrouiller tout seul, on va vers des catastrophes et ce serait inenvisageable", a-t-il déclaré.

Bilan très partiel

Pour l’heure, l’épidémie de coronavirus qui déferle sur la France a fait environ 1700 morts ; près de 30.000 personnes sont infectées. Mais en réalité, ce bilan est bien plus élevé, car il ne tient compte que du décompte des hôpitaux. Les personnes qui décèdent en Ehpad (maisons de retraite) ou à domicile, sont pour l’instant exclues du bilan quotidien du gouvernement français.

Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, avait d’ailleurs concédé, mardi, au moment d’annoncer de nouveaux chiffres, qu’il ne représentait "qu’une faible part de la mortalité".

La raison est simple. "Au sein même des Ehpad, on ne teste que les deux premiers cas", explique Candice Morel, médecin généraliste à Ousse (Pyrénées-Atlantiques).

Pourquoi deux tests ? Le ministère de la Santé le recommande dans un document du 16 mars : "Seuls les premiers patients résidant dans une structure d’hébergement collectif […] font l’objet d’un prélèvement. A partir du second cas confirmé, toute personne présentant un état symptomatique ou proche est alors présumée infectée".

Les autres résidents sont donc assimilés à des cas Covid-19, mais ne sont pas comptabilisés, puisqu’ils n’ont pas été testés. Le nombre réel de malades et de patients qui décèdent du coronavirus est donc bien plus élevé que ce que les chiffres officiels disent aujourd’hui.