Coronavirus: les 27 donnent deux semaines à l'Eurogroupe pour trouver une réponse économique à la crise

L'Italie et l'Espagne bloquent le sommet européen en réclamant des mesures plus fortes contre le coronavirus
L'Italie et l'Espagne bloquent le sommet européen en réclamant des mesures plus fortes contre le coronavirus - © HANDOUT - AFP

Les chefs d’État et de gouvernement des vingt-sept ont donné jeudi à l'Eurogroupe, les ministres des Finances de la zone euro, deux semaines pour présenter des propositions sur la manière d'aborder la réponse financière et économique à la crise du coronavirus. Le recours au Mécanisme européen de stabilité (MES), que l'Italie rejetait, ne figure pas dans les conclusions, pas davantage qu'un instrument de type obligation européenne qui mutualiserait de la dette publique. La Commission et le Conseil ont également reçu un mandat pour proposer une feuille de route et une stratégie de retour à une situation normale, selon le président du Conseil Charles Michel.

L'Italie et l'Espagne ont bloqué un engagement commun des vingt-sept chefs d’État et de gouvernement de l'UE sur la réponse à apporter aux conséquences économiques de la crise du coronavirus, jugeant que le texte sur la table n'allait pas assez loin.


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Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, dont le pays est le plus touché au monde par les décès dus au Covid-19, "n'accepte pas" le projet de texte final de la visioconférence de ce jeudi. Il donne à l'Europe dix jours pour "trouver une solution adéquate à la grave urgence dans laquelle tous les pays se trouvent", selon des sources à son cabinet.

Des instruments novateurs et vraiment adéquats

Giuseppe Conte souligne que "personne n'envisage" vraiment la piste d'une mutualisation de dette publique - comme ce pourrait être le cas à travers une obligation européenne de type "coronabond", NDLR - ; il réclame plutôt "des instruments novateurs et vraiment adéquats" pour faire face à la crise des coronavirus.

Avec l'Espagne de Pedro Sanchez, second pays le plus touché d'Europe par le coronavirus, l'Italien a proposé la création d'un groupe de travail composé des "cinq présidents" des principales institutions de l'UE concernées (Commission, Conseil, Parlement, Banque centrale et Eurogroupe).

Après la réunion des ministres des Finances en début de semaine, une piste envisagée était de créer une ligne de crédit spécifique pour la pandémie, canalisée via le Mécanisme européen de stabilité (MES), qui a une capacité de prêt de 410 milliards d'euros et pourrait accorder aux pays qui le demanderaient des fonds jusqu'à 2% de leur PIB.

Cette perspective faisait craindre à l'Italie des conditions et une surveillance telles que celles qui avaient durement frappé la Grèce dans son programme de redressement après la crise de l'euro. "Comment peut-on penser que des instruments élaborés dans le passé pour intervenir en cas de choc asymétrique lors de tensions financières touchant des pays isolés pourraient être adaptés à un choc symétrique d'un impact aussi dévastateur? ", commentait un source italienne au Corriere della Sera.

La piste du MES a semble-t-il été écartée dans le projet de texte final, mais sans solution suffisamment rapide. Or, "les conséquences du Covid-19 ne doivent pas être traitées dans les prochains mois mais dès demain matin", selon M. Conte.

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