Coronavirus: le flou persiste autour de la situation en Iran

Coronavirus: le flou persiste autour de la situation en Iran
Coronavirus: le flou persiste autour de la situation en Iran - © ABDUL MAJEED - AFP

La situation est très floue concernant la propagation du Covid-19 en Iran. Selon le dernier bilan officiel, l'épidémie a tué 92 malades, contaminé plus de 2.922 personnes dans 31 provinces sur 32. Soit 586 nouveaux cas en 24 heures. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui dénoncent la gestion de la crise par les autorités et les mensonges du pouvoir à l'arrivée du Covid-19. Pour une partie des Iraniens, le bilan serait bien plus élevé.

Depuis plusieurs jours, des vidéos et des témoignages pullulent sur internet, les images montrent de supposés malades du coronavirus s'écroulant dans les rues. La dernière vidéo qui tourne sur les réseaux sociaux aurait été tournée dans un hôpital de Qom, épicentre de l'épidémie. Son auteur dévoile des dizaines de sacs mortuaires contenant des malades du Covid-19, ce qui prouverait que les autorités mentent sur le nombre de décès dus à la maladies. Ces vidéos n'ont pas été authentifiées mais elles entretiennent les doutes d'une partie de la population et de la communauté internationale envers les autorités iraniennes.

Dans un article du Monde, plusieurs acteurs du secteurs de la santé assurent que les autorités mentent. Certains qualifiant même les bilans officiels de "blagues".

Les premiers indices qui confirmerait ces mensonges, viennent des autorités elles-mêmes lors de la présentation des premiers bilans des victimes. Des bilans avec des chiffres bien au dessus de la moyenne observée ailleurs dans le monde. Il y a quelques jours, le taux de mortalité de la maladie dépassait les 10% en Iran alors qu'il n'est que de 2-3% partout ailleurs. Ces derniers jours les bilans fournis par les autorités tendent à se "normaliser" par rapport au reste du monde. La communication hasardeuse des autorités a aussi mis la puce à l'oreille de nombreux iraniens. Avec par exemple, cette situation complètement surréaliste du vice-Ministre de la santé  Iraj Harirchi faisant le point sur la situation du coronavirus alors qu'il est lui-même malade du Covid-19 au moment de la conférence de presse. 

 

"Il faut rester très prudent entre les discours officiels et ce qui se dit sur internet. Il ne faut pas perdre de vue qu'il existe de nombreux opposants au régime aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur des frontières iraniennes. Il faut donc prendre des pincettes pour analyser toutes ces informations diffusées sur les réseaux sociaux" estime Jonathan Piron politologue et spécialiste des questions iraniennes. 

Mais le pouvoir iranien reste une structure avec une logique de contrôle de la situation qui ne veut pas montrer ses défaillances. Une logique qui aurait dicté la gestion de la crise du coronavirus. Les Etats-Unis et Reporters sans frontières accusent l'Iran d'avoir dissimulé des informations sur l'épidémie. Certaines rumeurs affirment que la République islamique aurait tenté de cacher l'ampleur de la crise du coronavirus car elle espérait une participation massive aux élections législatives du 21 février. Si cela se confirme, le pari est perdu puisque le taux de participation à ces mêmes élections était le plus bas de l'histoire avec 42,6%. 

L'aide internationale arrive

Au delà des éventuels mensonges de l'état iranien, il y a les doutes sur sa capacité à gérer l'épidémie. "Les médecins et infirmières iraniens craignent de ne pas avoir suffisamment d'équipements, de fournitures, d'appareils d'assistance respiratoire, d'oxygène", a souligné Michael Ryan, directeur du programme de gestion des situations d'urgence de l'OMS. L'Organisation mondiale de la santé a donc envoyé une équipe d'experts sur place amenant avec elle des fournitures médicales et un nombre suffisant de tests de détection du virus pour pratiquer un dépistage sur 100.000 personnes. 

La France, le Royaume-Uni et l'Allemagne ont envoyé du matériel médical et les trois pays se sont également engagés à fournir via l'OMS et les autres agences de l'ONU une aide de près de cinq millions d'euros à la République islamique.

Une aide qui pourrait ne pas être suffisante alors que les Etats-Unis maintiennent une politique de "pression maximale" à coups de sanctions économiques punitives envers Téhéran. Des sanctions qui déforcent le système des soins de santé iranien.