Ni confinement, ni masque obligatoire : la Suède fait face à un rebond… mais ne change pas de stratégie

La Suède, qui tablait sur une immunité collective, fait face à un rebond… mais ne change pas de stratégie
La Suède, qui tablait sur une immunité collective, fait face à un rebond… mais ne change pas de stratégie - © FREDRIK SANDBERG - AFP

"En automne, il y aura une deuxième vague. La Suède aura un haut niveau d’immunité et le nombre de cas sera probablement bas". Voilà ce que disait Anders Tegnell, l’épidémiologiste en chef du pays, au Financial Times en mai.

Résultat, en plein mois de novembre : le nombre de cas positif grimpe en flèche depuis quelques semaines en Suède comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous extrait du site internet Our World in Data.

Le taux de positivité a, lui, dépassé les 10%. Quant au nombre de décès liés au Covid19, il est certes bien loin des sommets de mars-avril, mais il était en augmentation début novembre.

(L’article continue sous les graphiques)

"Nous considérons que la situation est extrêmement sérieuse, a déclaré Björn Eriksson, le directeur des soins de santé pour la ville de Stockholm, cité par la télévision suédoise et relayé par le Guardian. Nous pouvons nous attendre à une augmentation notable des personnes nécessitant une hospitalisation dans les prochaines semaines."

Les autorités ont donc pris de nouvelles mesures, notamment l’interdiction de la vente d’alcool dans les bars, les restaurants et les boîtes de nuit après 22h à partir du 20 novembre. Face à l'évolution de l'épidémie, le pays est allé encore un pas plus loin ce lundi avec la limitation des rassemblements à huit personnes. Les contrevenants s'exposent à une amende, voire une peine de prison pouvant aller jusqu’à six mois. Au restaurant, les tablées sont limitées à huit convives. Pour les événements publics, les spectacles, les cinémas, la barre est aussi limitée à huit spectateurs.

Cette limite, en revanche, ne s’applique pas aux écoles, aux centres commerciaux, et surtout aux rassemblements privés. Pour ces situations particulières, la Suède continue de donner des recommandations : "N'allez pas au gymnase, n'allez pas à la bibliothèque, ne dînez pas, ne faites pas de fêtes. Annulez", a martelé le Premier ministre Stefan Löfven. Des recommandations très appuyées qui ressemblent de plus en plus à des ordres. Les Suédois sont par ailleurs appelés à télétravailler au moins jusqu’à la fin de l’année.

Pas de port du masque imposé

Pas question pour autant d’imposer le port du masque. "Les Suédois continuent de sortir à visage découvert. […] la très grosse majorité des 10 millions d’habitants du pays ne porte pas le masque. Pas plus les pharmaciens que les techniciens de maintenance dans les grandes surfaces, les chauffeurs de taxi, les coiffeurs ou les enseignants…", écrivait ainsi la correspondante du journal Le Monde en Suède, le 11 novembre dernier.


►►► À lire aussi : La Suède a-t-elle privilégié la santé de son économie à celle de sa population ?


Et pour le reste ? "Nous allons continuer notre chemin", a déclaré Anders Tegnell à l’agence Reuters le 14 novembre. Et d’ajouter : "De nombreux pays essayent de faire un peu comme nous. Presque personne ne ferme les écoles en ce moment, par exemple. On a aussi beaucoup appris des autres, par exemple en ciblant les recommandations en fonction des régions."

L’épidémiologiste maintient son scepticisme concernant le port du masque. "C’est fascinant de voir qu’il y a peu d’études sur le sujet. Et si vous regardez les pays qui ont des règles strictes à ce sujet, c’est difficile de voir s’ils ont bien réussi", conclut-il. De nombreux éléments (à lire en détails en cliquant ici) vont pourtant dans le sens de cette mesure en vigueur chez nous.

Journal télévisé 30/07/2020

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK