Coronavirus : la France envisage la réduction de la durée de quarantaine de 14 à 7 jours

Olivier Véran, ministre français de la Santé, souhaite une réduction de la durée de la quarantaine.
Olivier Véran, ministre français de la Santé, souhaite une réduction de la durée de la quarantaine. - © BERTRAND GUAY - AFP

En France, inutile de se voiler la face : tous les indicateurs virent au rouge. 8500 cas en 24 heures et 74 départements (sur 100) en situation de vulnérabilité élevée ou modérée. Certains diront qu’il faut relativiser parce que l’on teste davantage. Sauf que le taux de positivité, c’est-à-dire le nombre de personnes déclarées positives sur celles qui ont été testées, dépasse aujourd’hui les 5%. Au cœur de l’été, on était à 3%. C’est clair, à l’approche de l’automne, le virus circule bien plus qu’au début de l’été.

Bien sûr, il faut raison garder : la situation n’est en rien comparable à celle du printemps dernier. Les experts estiment qu’une personne en contamine 1 à 1,5 au lieu de 3 en mars. Les gestes barrières ralentissent la propagation de l’épidémie et si les hospitalisations repartent à la hausse, on est bien loin de frôler la saturation comme ce fut le cas au plus fort de la crise épidémiologique.

Mais si on laisse aller les choses en l’état, la situation deviendra à nouveau préoccupante. Avec la rentrée, le gouvernement espérait mettre l’accent sur la reprise économique. Le voilà obligé de se centrer à nouveau sur l’aspect sanitaire. Car tout est dans tout : s’il fallait imposer des reconfinements locaux ou régionaux, les répercussions seraient sévères au plan économique. Sans compter l’aspect psychologique : il y a là de quoi plomber le moral des Français qui sont déjà sur les nerfs.

Si la situation se dégrade, c’est parce que les recommandations sanitaires ne sont pas totalement respectées. La période d’isolement de 14 jours paraît longue comme un jour sans pain. Elle est dès lors trop peu suivie, déplore le conseil scientifique de la santé. Qui recommande dès lors aux autorités politiques de réduire cette période à sept jours.

Parce que médicalement, 14 jours ne se justifient pas : les spécialistes affirment que le virus n’est plus contagieux après 5 ou 6 jours. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a déjà dit tout le bien qu’il pensait de cette division par deux de la durée de l’isolement nécessaire quand on a été en contact avec une personne infectée. C’est évidemment une bonne nouvelle au plan économique, parce que les personnes concernées devront s’absenter moins longtemps au travail et fragiliseront donc moins la reprise. Mais c’est surtout au plan psychologique que la mesure prend tout son sens…

Le pari : le respect de la période d'isolement

En effet, il peut, au premier abord, sembler paradoxal d’alléger des mesures sanitaires au moment où la situation empire. Mais le paradoxe n’est qu’apparent : la durée de 14 jours paraît trop longue pour que tout le monde la respecte. Le pari, c’est que réduire la période à 7 jours motivera davantage les personnes concernées à respecter cette période d’isolement.

Nul doute qu’en Belgique, on suivra de près les conséquences de cette décision qui pourrait être annoncée ce vendredi 11 septembre. Jusqu’ici, les situations française et belge ont été comparables et l’aggravation de la situation en France risque d’avoir des conséquences chez nous, vu le nombre de Belges qui reviennent de zones rouges qui ne cessent de se multiplier outre-Quiévrain.

Tout ceci illustre une réalité : il faut vivre avec ce virus et on ne maîtrisera pas sa propagation sans une discipline collective et une adhésion raisonnable autour des mesures prises par les autorités. En France, en Belgique ou ailleurs, le défi sanitaire est donc aussi un défi de société.

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