Coronavirus : la Belgique a aplati sa courbe, d'autres pays européens ne peuvent pas en dire autant

Les mesures prises pendant les mois d’été ont-elles permis d’endiguer l’épidémie de Covid-19 dans notre pays ? Étaient-elles disproportionnées ? Nécessaires ? Experts et politiques s’écharpent régulièrement sur le sujet ces dernières semaines.

"On est dans un système où la prévention a l’air inutile, parce qu’elle fonctionne", notait ce samedi dans La Libre Belgique Marius Gilbert, épidémiologiste à l’ULB.

Une chose est sûre, la Belgique a réussi à infléchir ce que certains observateurs présentaient comme un début de deuxième vague. Ce qui n'est pas le cas de tous ses voisins. C’est en tout cas ce que montre le graphique ci-dessus, extrait du site internet "Our World in Data".

"L’initiative #NVRnu a eu clairement un effet"

Emmanuel André, ex-porte-parole interfédéral pour la lutte contre le Covid-19, voit dans cette dynamique un lien direct avec les décisions prises fin juillet. "L’initiative #NVRnu a eu clairement un effet", écrit-il sur Twitter

A l’époque, alors que le nombre de contamination grimpait à Anvers, un mouvement s’était en effet formé sur les réseaux sociaux pour réclamer d’urgence un conseil national de sécurité. Résumé par le hashtag #NVRnu, cet appel avait fini par être entendu au niveau politique.

Résultat, présenté le 27 juillet : une limitation du nombre de contact symbolisée par la "bulle de cinq", des mesures plus restrictives pour les commerces ou encore une limitation de la capacité d’accueil lors des événements publics.

"Il y a un peu plus d’un mois, les experts avaient prévenu que les mesures du CNS seraient insuffisantes pour cadenasser le démarrage d’une deuxième vague. Sous la pression de la société civile (surtout en Flandre) le CNS a revu les mesures. On s’en sort bien", analyse Emmanuel André.

"La Belgique a été un des rares pays européens à garder la nouvelle vague sous contrôle", soulignait pour sa part le Financial Times le 23 août dernier.

Les chiffres du nombre de contamination – qu’il faut se garder de comparer avec les mois de mars et avril où le testing s’opérait de manière différente – semblent donner raison à cette affirmation.

Pendant que la Belgique (tout comme les Pays-Bas) part à la baisse, l’Espagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni connaissent une tendance à la hausse ces derniers jours.


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Dans le même temps, observe Yves Coppieters, "le taux de positivité (tests positifs sur le nombre réalisé) reste rassurant" en Belgique.

Le professeur de santé publique à l’ULB ajoute que ce taux est "assez constant et inférieur à 5%. Sur plus de 120 jours, nous avons eu seulement deux fois 7% de tests positifs (lié à un nombre plus bas de tests réalisés ces deux jours-là)".

Toujours selon Our world in data, d’autres pays européens sont moins bien classés à ce niveau-là, comme on peut le voir ci-dessous. Des données à prendre avec précaution puisque la politique de test diffère d’un Etat à l’autre. Sans oublier que les chiffres des tous derniers jours sont susceptibles d'être consolidés.

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