Coronavirus : l'Italie moins touchée par la deuxième vague ?

Coronavirus : l'Italie moins touchée par la deuxième vague ?
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Coronavirus : l'Italie moins touchée par la deuxième vague ? - © Jan Sandvik / EyeEm - Getty Images/EyeEm

Durement touchée par la première vague du coronavirus dès la fin février,   souvent pointée du doigt comme le  diffuseur du virus en Europe, l'Italie est aujourd'hui le pays  qui enregistre le moins de nouveaux cas et de décès.

Mais les Italiens regardent avec inquiétude l'augmentation des chiffres de contagion dans les pays voisins et le risque  que représentent les touristes.

Autour des deux cents, trois cents cas par jour

Le rituel du bulletin diffusé par le ministère de la santé n'a pas changé depuis fin février. Chaque jour en fin d'après-midi les chiffres de l'épidémie font la une des journaux italiens. 289 cas en plus mercredi, contre 212 mardi, une légère augmentation, mais des chiffres qui restent encore rassurants, avec une augmentation de 0,1 % seulement au niveau national. " Voilà un mois que nous voyageons autour des deux cents, trois cents cas par jour " comment Silvio Brusaferro, le président de l'institut supérieur de la santé, " des chiffres assez stables malgré des petites variations journalières." 

Optimisme prudent

Une épidémie sous contrôle,du moins en apparence,  même si le virus reste présent dans toutes les régions du pays analyse le médecin qui ajoute que les positifs sans symptômes représentent désormais la catégorie la plus importante dans toutes les tranches d'âge.

Un optimisme très prudent car pour la première fois depuis le mois d'avril, le nombre d'hospitalisation est à nouveau en légère  hausse.  Les autorités scientifiques le répètent, il ne faut pas baisser la garde. " Peut-être que nous sommes plus efficaces à isoler les foyers de contagion mais ce serait quand même utile de connaître les raisons des différences de chiffres avec les autres pays européens " estime Andrea Crisanti le virologue de l'université de Padoue qui a géré la crise dans la région de Vénétie. 

" Nous devrions augmenter les contrôles sur les personnes qui arrivent dans le pays " ajoute  ce médecin qui considère que seuls les tests à grande échelle peuvent aider à contenir la contagion.

Règles strictes et état d'urgence

Le gouvernement de Giuseppe Conte a obtenu l'accord du parlement pour prolonger l'état d'urgence jusqu'au 15 octobre prochain. De quoi modifier les mesures en vigueur si la deuxième vague qui pointe son nez dans les pays voisins  devait toucher l'Italie. L'obligation de porter un masque dans les lieux fermés et les transports publics est strictement controlée depuis la fin du confinement, et c'est sans doute cette discipline qui a permis de contenir l'augmentation des nouveaux cas.

Si la Lombardie reste la région où le virus circule encore le plus, l'augmentation des  positifs dans certaines zones du sud de la péninsule a provoqué des réactions politiques. Ainsi, le gouverneur de Campanie, la région de Naples, a augmenté le tarif des amendes, 1000 euros pour ceux qui ne portent pas le masque dans les lieux fermés. Dans le Nord, les Italiens traumatisés sont encore attentifs aux normes de distanciation physique mais la canicule et les vacances incitent les jeunes à prendre plus de risque surtout dans les lieux de la " movida ", les plages, les bars et les discothèques à ciel ouvert.

" La quarantaine très stricte imposée aux Italiens a permis de réduire de manière importante la quantité de virus qui circule dans le pays " explique Giorgio Sestili, du centre de recherche Konica Minolta à Rome, " en Italie nous avons eu un lockdown plus long que les autres pays, et une réouverture plus graduelle, notamment les écoles qui sont restées fermées. " Autre différence de taille avec la France et la Belgique par exemple, l'obligation du port du masque.

" Aucun pays d'Europe n'a adopté des mesures aussi restrictives qu'en Italie, et je pense que le problème vient de là. Toute la littérature scientifique démontre que l'utilisation du masque peut aider à contenir le virus et réduire la contagion tout comme les mesures de distanciation sociale et d'hygiène. "

Cas d'importation

L'application pour les téléphones portables proposée aux Italiens pour aider à limiter la contagion a pourtant rencontré peu de succès, seulement moins de deux millions de personnes l'ont téléchargée, ce qui rend le système inutile. De plus, l'arrivée de touristes positifs et le retour des travailleurs saisonniers de Roumanie et Bulgarie, testés en masse dans les autocars qui les ramènent en Italie, ont provoqué de nouveaux foyers de contagion.

" Nous savions qu'avec la réouverture des frontières, le virus allait circuler d'avantage. Mais nous avons une capacité supérieure pour tester et individualiser les cas et les isoler pour ensuite reconstruire la chaine de contamination " assure Giorgio Sestili au journal Open.online.

Les touristes testés positifs, comme le cas des Anversois en Ombrie, ont provoqué des réactions fermes de la part des autorités locales qui obligent le confinement de familles entières mais les autorités savent aussi que le virus circulera d'avantage dans les prochaines semaines comme dans les autres pays d'Europe, c'est seulement une question de temps, affirme Andrea Crisanti.

Avant d'ajouter: " Mais à la différence du mois de février, nous sommes prêts, les hôpitaux sont mieux préparés, les lits dans les services de soins intensifs sont plus nombreux et surtout nous savons désormais comment soigner les malades de Covid. "

L'italie a rouvert ses frontières le 03 juin dernier

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