Coronavirus et crise économique: l'Italie refusera "des compromis au rabais" au Conseil européen

Venise vide, le 18 avril 2020
Venise vide, le 18 avril 2020 - © ANDREA PATTARO - AFP

Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a affirmé mardi qu'il refuserait des "compromis au rabais" lors du Conseil européen de jeudi qui doit discuter d'une réponse économique commune de l'UE à la crise provoquée par la pandémie de Covid-19.

"Je n'accepterai pas de compromis au rabais: soit nous gagnons tous, soit nous perdons tous" ensemble au sein de l'UE, a-t-il dit devant les sénateurs italiens.

L'Italie veut un emprunt européen commun

L'Italie se bat depuis des semaines pour la mise en place d'un emprunt européen commun pour lutter contre les conséquences de la crise économique provoquée par l'épidémie, mais cette idée est rejetée par plusieurs pays du Nord, notamment l'Allemagne et les Pays-Bas.

"L'UE et la zone euro ne peuvent pas se permettre de répéter les mêmes erreurs commises lors de la crise financière de 2008, quand il n'a pas été possible d'offrir une réponse commune", a poursuivi le chef du gouvernement italien.

Après des semaines d'atermoiements, les ministres européens des Finances sont parvenus le 9 avril à un accord sur un paquet de sauvetage d'environ 500 milliards d'euros, laissant en suspens la question d'une mutualisation de la dette.

Jusqu'à 240 milliards d'euros seront mobilisés sur le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de secours de la zone euro ayant très mauvaise presse dans le Sud en raison des contreparties budgétaires strictes qu'il impose aux Etats qui l'utilisent.


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L'accord de l'Eurogroupe prévoit toutefois que les prêts accordés à travers le MES pourront être utilisés sans condition pour les dépenses de santé et de prévention liées au coronavirus.

Après avoir longtemps critiqué le MES, Giuseppe Conte a affirmé mardi qu'avant de le rejeter définitivement il convenait de voir si son utilisation était conditionnée ou non.

Il a assuré en outre qu'il ne souhaitait pas s'opposer à cet instrument car certains pays qui mènent le même combat que l'Italie en faveur d'une mutualisation de la dette pour faire face à la crise, comme l'Espagne, sont favorables à un MES sans condition.

Il a soutenu lors de son allocation le projet français, illustré il y a une dizaine de jours par le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, prévoyant un fonds de "500 milliards d'euros environ", destiné "aux dépenses d'avenir", "limité dans le temps" mais capable d'émettre de la dette commune.

 

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