Coronavirus en Suisse : une dégradation des chiffres de l'épidémie "plus rapide qu'ailleurs"

Alain Berset, le ministre de la Santé helvétique.
Alain Berset, le ministre de la Santé helvétique. - © FABRICE COFFRINI - AFP

La deuxième vague de coronavirus s'approche de la Suisse "plus vite qu'ailleurs", a déclaré jeudi le ministre de la Santé helvétique, alors que le nombre de nouveaux cas quotidiens vole de record en record ces derniers jours. "Nous sommes face à une nouvelle dynamique depuis quelques jours, très négative et très forte. Nous voyons depuis une semaine la situation se dégrader en Suisse plus vite qu'ailleurs", a déclaré Alain Berset, à l'issue d'une réunion entre cantons et Confédération.

2600 cas ces dernières 24 heures

Les chiffres absolus de l'épidémie en Suisse restent moins impressionnants que dans d'autres pays européens très peuplés mais le pays des Helvètes, qui compte 8,5 millions d'habitants, a enregistré plus de 2600 cas au cours des dernières 24 heures, du jamais vu. La proportion de tests positifs a en outre presque doublé, passant de 5,4% à 10,2%, en une semaine. Le pays dénombre au total 71.140 cas et 1.817 décès, soit respectivement plus de 832 cas et 21 décès pour 100.000 habitants.

Il est moins cinq

"Il est moins cinq" avant l'arrivée de la deuxième vague, a averti la présidente suisse, Simonetta Sommaruga, en appelant le pays à se ressaisir mais sans toutefois annoncer des mesures. Celles-ci devraient être discutées vendredi lors d'une nouvelle réunion. "L'objectif évidemment reste d'éviter une surcharge des hôpitaux et une fermeture du pays. Mais pour cela, évidemment, il faut un mix de mesures et la principale dépend du comportement individuel, avec la distance et l'hygiène", a expliqué Alain Berset.

Afin de freiner la propagation du virus, les personnes testées positives sont mises en isolement, tandis que leurs contacts sont placés en quarantaine pendant 10 jours, à l'image du ministre de l'Economie, Guy Parmelin. Mais l'emballement de l'épidémie a rendu difficile le traçage des contacts dans certaines régions, tandis que les hôpitaux de cantons ruraux comme celui de Schwytz font face à un afflux de patients difficile à gérer.

Pour l'instant, le gouvernement n'a pas pris de mesures de restrictions, comme il l'avait fait pendant la première vague, laissant la main aux cantons. Les autorités fédérales ont toutefois rendu obligatoire depuis juillet le port du masque dans les transports publics. Toutefois, moins de la moitié des 26 cantons l'ont rendu obligatoire dans les magasins.