Coronavirus en Russie : le cap des 1000 morts et des 100.000 cas est franchi

Des personnes portant des masques dans le métro de Moscou pendant le confinement, le 29 avril 2020
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Des personnes portant des masques dans le métro de Moscou pendant le confinement, le 29 avril 2020 - © Kirill KUDRYAVTSEV

Plus de 100.000 cas, 1.000 morts et un nouveau record de contaminations: la Russie a franchi jeudi plusieurs seuils symboliques dans le bilan officiel du coronavirus, les autorités ayant annoncé cette semaine un prolongement des mesures de confinement.

Le site d'information du gouvernement russe sur le virus indique que la maladie a causé au total 1.073 décès et que 106.498 personnes ont été contaminées, en majorité à Moscou, dans sa région et à Saint-Pétersbourg, deuxième ville du pays.

Selon cette source, 7.099 nouveaux cas ont été recensés lors des dernières 24 heures, le chiffre le plus important enregistré depuis le début de cette épidémie mettant à rude épreuve le système de santé russe.

Les autorités indiquent par ailleurs avoir réalisé plus de 3,4 millions de tests au coronavirus.


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Ces chiffres établissent la Russie au 8e rang des pays comptant le plus de contaminations, devant la Chine, où avait commencé l'épidémie, et l'Iran, d'après le décompte de l'AFP. Les cas sont toujours plus nombreux aux Etats-Unis (1.040.488 cas), en Espagne, en Italie, en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Turquie, selon ce décompte.

Le Kremlin s'est toutefois voulu rassurant jeudi, son porte-parole Dmitri Peskov estimant que le pays "n'a pas suivi le scénario italien".

"La situation en Russie est bien meilleure que dans un nombre de pays européens" grâce à des "mesures énergiques" des autorités, a-t-il affirmé à la presse.

Situation "difficile"

Après avoir fermé en février ses frontières terrestres avec la Chine, la Russie avait pendant plusieurs semaines relevé très peu de contaminations alors que la pandémie frappait de plein fouet l'Europe occidentale.

Mais les cas n'ont ensuite cessé d'augmenter à partir de la fin mars et le président Vladimir Poutine a annoncé un mois d'avril entièrement chômé, mais payé, pour inciter la population à rester chez elle.

Le chef d'Etat russe a prolongé mardi cette période chômée jusqu'au 11 mai, tout en disant envisager ensuite une levée progressive du confinement. Il a par ailleurs estimé que la situation restait toujours "difficile".

Ces derniers jours, la Russie comptabilisait entre 5.000 et environ 7.000 nouveaux cas quotidiens, se plaçant parmi les trois pays connaissant le plus de nouveaux cas avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, selon les chiffres de l'AFP.

Les derniers bilans des autorités montrent que le virus se propage dans les 85 régions russes, aux systèmes de santé bien plus fragiles et moins financés que dans la capitale Moscou.

Vladimir Poutine en visite à l'hôpital Kommunarka, à Moscou, le 24/03/20

Des chiffres contestés

Concernant le nombre de décès, le pays se situe actuellement au 19e rang dans le monde, selon le décompte de l'AFP.

Plusieurs militants russes d'opposition et des observateurs ont toutefois accusé les autorités de minimiser ces chiffres et noté des augmentations suspectes des cas de pneumonies.

Depuis le début de l'épidémie, des médecins russes se sont plaints régulièrement de pénuries de moyens de protection et de tests de dépistage.

Des inquiétudes pèsent également sur l'efficacité des mesures décidées par le pouvoir russe pour soutenir les entreprises, notamment les PME, particulièrement exposées en cette période de confinement et de baisse importante des prix du pétrole.

Face à la pandémie, le Kremlin a dû reporter l'important défilé militaire annuel du 9 mai célébrant la victoire sur l'Allemagne nazie.

Les autorités russes ont également dû se résoudre à remettre à une date ultérieure le vote national, prévu le 22 avril, d'une réforme constitutionnelle devant donner la possibilité à Vladimir Poutine d'exercer deux nouveaux mandats.

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