Coronavirus en Inde : le vaccin Covaxin, déjà utilisé, enfin validé scientifiquement

Les essais cliniques de phase-2 du Covaxin, développé par le laboratoire indien Bharat Biotech, viennent d’être publiés par The Lancet. Ils garantissent que ce vaccin est sûr et entraîne une réponse immunitaire, alors que le gouvernement l’utilise depuis deux mois dans les hôpitaux publics.

C’est une validation attendue depuis deux mois avec trépidation. La revue The Lancet vient de publier les résultats des essais cliniques de phase-2 du vaccin indien Covaxin contre le Covid-19, développé par le laboratoire privé Bharat Biotech et le Conseil indien pour la recherche médicale (ICMR). Et les résultats sont encourageants : "Le Covaxin est sûr et il déclenche la formation d’anticorps qui demeurent pendant au moins trois mois sans entraîner d’effets secondaires graves", concluent ses auteurs, des médecins employés par Bharat Biotech, mais dont les données ont été analysées par une organisation extérieure.

380 patients, venant des quatre coins du pays, ont participé à cette étude en double aveugle. Pour cette phase-2, ils ont reçu deux doses à quatre semaines d’intervalle.

La réaction les plus sérieuse est de la fièvre, et encore chez seulement 2% des patients, ce qui est particulièrement bas comparé aux autres vaccins contre ce SARS-CoV-2. Ce BBV152, de son petit nom scientifique, a une particularité : il introduit, pour la première fois dans un vaccin, de l’Algel-IMDG, une forme améliorée d’alun. Cela a pour but d’encourager la réponse immunitaire apportée par les cellules Th-1. Une formule qui semble fonctionner tout en étant anodin pour l’organisme des Indiens qui l’ont reçu.

La population rassurée

C’est donc une nouvelle rassurante pour la population indienne : car le gouvernement a pris un certain risque en autorisant l’utilisation généralisée et en urgence du Covaxin dès le début de la campagne de vaccination, le 16 janvier dernier. Des millions de personnes ont déjà reçu ce vaccin, dont l’essentiel du personnel de santé des hôpitaux publics. Et le 1er mars dernier, le Premier ministre Narendra Modi s’est également fait inoculer publiquement ce Covaxin lançant la deuxième phase de la vaccination, ouverte maintenant aux plus de 60 ans et aux plus de 45 ans avec des signes de comorbidités (diabète, cancer, etc. ).

Au 10 mars, 22,3 millions de doses ont été administrées en Inde (équivalent à 1,6% de sa population, mais certaines personnes ont déjà reçu deux doses), à l’aide des deux vaccins autorisés : celui d’Oxford-Astra Zeneca, produit dans le pays par le Serum Institute of India et appelé Covidshield, fourni dans les hôpitaux privés ; et le Covaxin dans ceux publics.

L’efficacité de ce dernier n’est pas encore officiellement certifiée, car les résultats définitifs de phase-3 n’ont pas encore été publiés – mais ceux préliminaires, annoncés par Bharat Biotech, indiquent une efficacité de 81%.

Ces bons résultats devraient également accélérer les exportations du Covaxin. Jusqu’à présent, plusieurs pays prévoient de l’acquérir et le Brésil, deuxième pays le plus endeuillé par le Covid-19 (avec 266.000 décès officiels), a signé un accord pour en acheter 20 millions de doses, qui seront envoyées dès que les autorités brésiliennes de santé autoriseront son utilisation.

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