Coronavirus en Grèce : confinement total dans trois camps de migrants, "discriminatoire" selon des ONG

Vue du camp de Malakassa, situé à 50 km au nord d'Athènes
Vue du camp de Malakassa, situé à 50 km au nord d'Athènes - © LOUISA GOULIAMAKI - AFP

Le gouvernement grec a décidé à partir de mardi et jusqu'au 21 septembre d'imposer "un confinement sanitaire total" dans trois camps de migrants près d'Athènes après l'apparition pour la première fois de cas de Covid-19 dans ces structures.

"Le confinement sanitaire total a été imposé aux camps de Malakassa et de Schisto (dans le nord et ouest d'Athènes respectivement) et d'Eleonas", près du centre de la capitale, a indiqué un communiqué gouvernemental.

Au moins 17 personnes positives au coronavirus dans le camp de Moria

La semaine dernière, les autorités ont détecté un premier cas de coronavirus dans le camp de Moria sur l'île de Lesbos, le plus grand et le plus sordide d'Europe, hébergeant près de 12.700 personnes, soit plus de quatre fois sa capacité initiale.

Après la réalisation d'environ 1.600 tests de dépistage, au moins 17 personnes ont été détectées positives au nouveau coronavirus à Moria.

La présence de dizaines de milliers de demandeurs d'asile dans des camps souvent insalubres à travers le pays est une source d'inquiétude pour les autorités.

La semaine dernière, le camp de Moria et deux autres camps en Grèce continentale avaient été placés en quarantaine pour 15 jours après l'apparition des cas de contamination.

Des ONG jugent ces mesures "discriminatoires"

De strictes mesures de circulation ont été imposées dans les camps de migrants depuis la mi-mars.

Le gouvernement n'a jamais levé ces restrictions malgré les critiques des ONG de droits de l'homme jugeant ces mesures "discriminatoires" alors que la décision a été prise de déconfiner le pays début mai.

Ces ONG dénoncent l'enfermement des demandeurs d'asile dans ces structures qui ne sont pas adaptées pour mettre en place les mesures barrière nécessaires.

Le ministre des Migrations et de l'Asile, Notis Mitarachi, s'est félicité mardi de la réduction depuis janvier de 38% du nombre de migrants vivant dans les camps débordés situés sur les cinq îles de la mer Egée, transférés dans des structures sur le continent.

Il s'est aussi félicité de la réduction de 90% du nombre d'arrivées de migrants de la Turquie voisine depuis le début de l'année par rapport à 2019.

La Grèce, avec 289 décès dus au Covid-19, n'a pas été aussi sévèrement touchée que d'autres pays européens. Aucun décès n'a été enregistré jusqu'ici dans les camps de migrants.

Sujet du JT sur la situation précaire des migrants, le 4 avril dernier:

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