Coronavirus en France : plages bondées dans le Sud, des touristes pas toujours protégés

Plage de la Grande-Motte, 22 juillet 2020
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Plage de la Grande-Motte, 22 juillet 2020 - © Tous droits réservés

Serviette contre serviette, les espaces libres sur la plage de Narbonne se réduisent dès les premiers rayons du soleil. La peur du coronavirus a laissé place aux bikinis et aux jeux de plage. L’heure est à la détente. Maud, infirmière, compte bien profiter de ce repos mérité : "On a tenu pendant de longs mois. Ça fait du bien. On va profiter des vacances !". Un chapeau sur la tête, Emilie est allongée sur le sable brûlant, un moment de félicité bienvenu : "après le confinement je pense que c’était ce dont tout le monde avait besoin, un espace de liberté !"

Les applications qui gèrent la fréquentation, cela va à l’encontre de l’esprit de la plage

Alors que des signes de reprise de l’épidémie se multiplient dans le pays, la mairie n’a installé sur la plage de Narbonne ni panneaux de sensibilisation, ni système de régulation de la fréquentation. Un choix qu’assume totalement le directeur de Narbonne plage, Anthony Barrais : "On avait pensé à une application. Mais, on a très vite abandonné l’idée parce que cela va à l’encontre de l’esprit de la plage et de la liberté qu’on a envie d’y trouver. Elle est suffisamment grande pour accueillir un maximum de personnes. 5 kilomètres de plage, on estime que c’est suffisamment grand pour ne pas avoir à imposer des mesures déjà contraignantes en temps normal", assure-t-il.

Les sauveteurs en première ligne

Rares mesures mises en place : les sauveteurs diffusent des messages de prévention trois fois par jour. Ils sont en première ligne cet été. Mais Adrien, maître nageur sauveteur depuis trois ans, se sent démuni : "Concrètement c’est difficile à effectuer en tant que sauveteur parce qu’on n’a pas vraiment l’arsenal répressif pour pouvoir exiger des gens qu’ils maintiennent la distanciation sociale ou d’autres mesures."


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La Grande Motte abandonne son modèle de plage statique

A 150 kilomètres de Narbonne, la Grande-Motte accueille jusqu’à 90.000 touristes chaque été. Au mois de mai, cette station balnéaire réputée avait fait sensation en présentant un modèle de plage statique aux espaces délimités par des cordes qu’il fallait réserver sur une application proposée par l’office du Tourisme. Mais depuis, les choses ont bien changé. Toutes les mesures sanitaires ont disparu.

Ce modèle est tombé aux oubliettes avec la levée de toutes les restrictions sur les plages. " La plage publique ce n’est pas une plage qui est faite pour être aménagée. Encore moins pour être marchandisée (sic), mais si jamais demain il fallait le remettre en œuvre, on ferait. Mais c’est un plan B, ce n’est pas une option A pour le moment", explique Jérome Arnaud, le directeur de la station de la Grande-Motte.


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Si la Grande-Motte n’assure plus elle-même la sécurité des vacanciers, certains touristes mettent en place leurs propres mesures comme Ariette, 75 ans, et son mari qui installent leurs chaises pliantes après une analyse détaillée de la distance qui les séparent de leurs voisins. Angèle, elle, a décidé de fréquenter la plage à des horaires décalés : "Je trouve qu’il y a trop de monde là. D’habitude, on vient très tôt, ou beaucoup plus tard pour éviter la foule." D’autres, encore, préféreront, aux plages bondées, des coins isolés pour profiter en toute sérénité de l’été.

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