Coronavirus en France : les discothèques rouvrent ce vendredi, sont-elles prêtes ?

Seul secteur resté fermé depuis le début de la pandémie, la réouverture des discothèques aura lieu ce vendredi 9 juillet en France. La fin de quinze mois difficiles pour les gérants, même si tous ne pourront pas concrètement rouvrir. En cause : un protocole très strict (pass sanitaire, jauge limitée…) qui devra être appliqué. 

Alors que le variant Delta frappe aux portes de l’Europe et qu’une potentielle quatrième vague de virus inquiète les autorités françaises, ce protocole sera-t-il suffisant ? De son côté, le secteur de la nuit belge attend toujours des réponses pour pouvoir également rouvrir ses portes.

Un protocole sanitaire "très strict"…

Dès ce vendredi, les noctambules français peuvent à nouveau se rendre sur la piste de danse. Mais cet accès ne sera pas si facile. Un sésame est exigé pour l’entrée de la boîte de nuit. Il s’agit d’un pass sanitaire. Ce pass s’obtient de 3 manières. "Vous devez prouver soit que vous êtes vacciné, soit que vous avez un test négatif, soit que vous êtes immunisé", a expliqué Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat en charge du Tourisme, ce mercredi sur franceinfo.

En plus du pass sanitaire, plusieurs règles s’appliquent. A l’intérieur des discothèques, le masque n’est pas obligatoire mais son port est recommandé. Et surtout, la capacité d’accueil des établissements sera nettement réduite, à "75% des normes habituelles en intérieur". "L’idée, c’est de permettre aux jeunes et aux moins jeunes de faire la fête en sécurité", a indiqué le ministre délégué aux PME, Alain Griset, à l’issue d’une réunion à l’Elysée avec les représentants du secteur. "Les discothèques, c’est ce dernier secteur de notre économie qui n’était pas rouvert. C’est désormais acté, rendez-vous sur la piste de danse à partir du 9 juillet", avait-il d’ailleurs écrit sur Twitter, en juin dernier.

Un protocole qui devrait permettre une ouverture sereine. Toutefois, du côté des gérants d’établissements on considère les normes comme étant trop strictes, et non rentables économiquement. Trois établissements nocturnes sur 4 pourraient dès lors ne pas rouvrir leur rideau cet été, selon Ivan Poupardin, président de l’Association française des exploitants de discothèques et dancings (Afedd), qui s’est exprimé dans les colonnes du JDD.

Les préoccupations économiques sont réelles. Une jauge de 75% est imposée par les autorités. Or, une discothèque n’est rentable qu’à partir d’un taux de remplissage de 85 à 90%. Et rien ne garantit qu’avec ce protocole, aucune contamination ne se fera dans les établissements, explique un représentant de l’Afedd à l’agence de presse Reuters : "Nous devons être garants de la santé des gens que nous recevons. Et dans les conditions actuelles, ce n’est pas évident. Le timing n’est pas le bon, car nous avons un taux d’incidence qui est très élevé et un taux de vaccination qui n’est pas suffisant. Nous ne voulons pas être montrés du doigt en disant que la quatrième vague est due aux discothèques", explique-t-il.

Les établissements sont nombreux à avoir décidé de garder portes closes au regard des normes sanitaires très strictes et des défis que représente la gestion des clients à l’entrée, indique l’agence de presse Reuters. En effet, à l’entrée les gérants des clubs devront vérifier que les fêtards disposent bien d’un certificat de vaccination complet, d’un test PCR ou antigénique négatif de moins de 48 heures ou encore d’un test datant de 15 jours prouvant qu’ils ont contracté le virus et sont désormais immunisés.

… Mais est-ce suffisant pour éviter les contaminations ?

Pour l’épidémiologiste Yves Coppieters, des protocoles comme ce pass sanitaire sont nécessaires et suffisants, du moins à court terme. "Avec la pénétration du variant Delta, la reprise des activités sociales et des flux de populations, les contaminations vont de toute façon reprendre. Toutefois, ce n’est pas le secteur des boîtes de nuit qui en sera moteur. Des clusters peuvent en émerger, notamment en cas de présence de super-contaminateurs ou d’une mauvaise application des protocoles ".

Ce fut le cas aux Pays-Bas, où plusieurs foyers se sont déjà déclarés à la suite de sorties en discothèque. 189 personnes ont ainsi contracté le Covid après une soirée samedi dernier.

"Les échecs des Pays-Bas ou de l’Espagne ne doivent pas être une raison pour freiner les choses. Contamination ne veut pas dire maladie ni formes graves, encore plus pour un jeune public". Yves Coppieters est persuadé que "toute activité encadrée peut être à moindre risque. Sans encadrement, les fêtes se feront de façon sauvage et là sont les véritables risques".

Toutefois, la prudence reste de mise. Actuellement, en France, on s’inquiète d’un rebond de l’épidémie. Le taux d’incidence du Covid a pratiquement doublé chez les jeunes au cours de la dernière semaine, sous l’impulsion du variant Delta. Il représente aujourd’hui 40% des contaminations du pays. "Le risque d’une quatrième vague rapide est là", annonçait d’ailleurs ce mercredi Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement français.

Le taux d’incidence est de 24,6 nombres de cas par semaine pour 100.000 habitants. Un taux en hausse, de 31,4% en 7 jours. On compte en moyenne 2297 cas par jour, soit une augmentation de 32,2% par rapport à la semaine précédente.

Une tendance à la hausse dans les chiffres en France, qui s’observe également en Belgique où le variant Delta est désormais aussi dominant.


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"Le variant Delta ou l’augmentation des contaminations à l’échelle de la population ne doivent pas être la raison de sanctionner un secteur, d’autant plus lorsque des protocoles de protections peuvent être mis en place pour sa réouverture", ajoute Yves Coppieters, qui espère que "le prochain CODECO permettra d’envisager cette possibilité".

En Belgique, bien qu’une soirée test, ait eu lieu il y a quelques jours à Bruxelles, le secteur de la nuit est toujours à l’arrêt. Alexander de Croo avait assuré, il y a quelques semaines, que le sujet serait bientôt abordé.

Le prochain comité de concertation est prévu le 16 juillet.

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