Coronavirus en France : le déconfinement débute ce lundi mais la prudence reste de mise

Emmanuel Macron a élaboré un plan de sortie de confinement en plusieurs étapes
Emmanuel Macron a élaboré un plan de sortie de confinement en plusieurs étapes - © CHRISTIAN HARTMANN - AFP

Fin des restrictions de déplacement et retour partiel des collégiens et lycéens en classe : les contraintes liées à l’épidémie de Covid-19 commencent à se desserrer lundi, sur fond de lente décrue des hospitalisations, mais le corps médical appelle les Français à ne pas relâcher leur comportement.

La première étape du calendrier de déconfinement donnera un léger avant-goût de liberté, avec la fin des attestations en journée et des restrictions de déplacement.

Après deux semaines d’enseignement à distance, qui encadraient deux semaines de congé, les lycéens retrouveront leur établissement en demi-jauge, avec une alternance de classe en présentiel et distanciel.

Pour les collèges, la rentrée s’effectuera en présentiel, sauf pour les élèves de 4e et 3e des quinze départements les plus touchés par la pandémie, qui feront aussi leur rentrée en demi-jauge.

Le couvre-feu à 19h00 demeurera en vigueur.

Il sera repoussé à 21h00 le 19 mai, date prévue pour la réouverture des commerces, des terrasses, des musées, des salles de cinémas et des théâtres avec des jauges limitées. Et le 9 juin verra le couvre-feu retardé à 23h00 et la réouverture des cafés et restaurants en intérieur et des salles de sport.


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Ce sont ces deux étapes qui poussent les scientifiques à interpeller les Français pour qu’ils redoublent de vigilance, malgré le sentiment de liberté retrouvée.

Si la population se relâche trop […] le rebond sera plus rapide

"Le pays se trouve toujours sur un plateau élevé", souligne l’infectiologue suisse Didier Pittet dans Le Journal du Dimanche. "Du fait de ce haut plateau, il y a un risque de quatrième vague, même en été. Si la population se relâche trop, si le respect des mesures barrière chute, le rebond sera plus rapide".

Pour Pascal Crépey, enseignant-chercheur en épidémiologie et biostatistiques, "il y avait besoin de relâcher la pression au niveau de la population". Mais il se dit "un peu plus inquiet vis-à-vis des étapes suivantes, et notamment celle du 9 juin", avec les réouvertures des salles de restaurants et cafés, dans un entretien au Monde samedi.

"Si le niveau d’incidence reste très élevé, la probabilité qu’une personne infectée se trouve dans un restaurant va être très élevée. Or les restaurants et les bars sont des endroits où les gens ne portent pas de masque", relève-t-il.

La vaccination s’élargit

Les différentes étapes du calendrier de déconfinement, prévu le 30 juin avec la fin du couvre-feu, sont toutefois suspendues aux indicateurs de progression du virus.

Emmanuel Macron entend "actionner des 'freins d’urgence' sanitaires dans les territoires où le virus circulerait trop", avec ces critères : plus de 400 infections pour 100.000 habitants, une augmentation "très brutale" de ce taux et "une menace de saturation des services de réanimation"

Actuellement, les données hospitalières montrent une lente décrue : le nombre de patients en réanimation a ainsi baissé de 380 en une semaine. Il restait cependant élevé (5581 samedi).

Tous services confondus, 28.603 malades du Covid-19 étaient hospitalisés samedi, et 195 sont morts en 24 heures, portant le nombre total de décès à plus 104.700 depuis le début de l’épidémie.


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Depuis samedi, la vaccination est ouverte aux majeurs qui "souffrent de maladies chroniques", selon les déclarations cette semaine du ministre de la Santé Olivier Véran, soit quelque 4 millions de personnes.

Tous les plus de 50 ans, sans condition, pourront être vaccinés à partir du 15 mai, et tous les majeurs à partir du 15 juin, a aussi indiqué le président de la République vendredi.

Sur le terrain, face aux doses inutilisées faute de candidats ou à cause de désistements, les initiatives locales, notamment en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, se multiplient pour élargir la vaccination aux personnes volontaires, dérogeant ainsi aux critères officiels de la campagne vaccinale.

Au total en France, près de 15,8 millions de personnes ont reçu une première injection (30% de la population majeure), dont 6,5 millions ont été complètement vaccinées (12,4% de la population majeure), selon les chiffres publiés samedi par la direction générale de la santé.

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JT du 01/05/2021

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