Coronavirus en Europe : la Commission appelle à tout faire pour éviter un confinement généralisé

Les conséquences d'un confinement généralisé seraient dévastatrices.
Les conséquences d'un confinement généralisé seraient dévastatrices. - © ARIS OIKONOMOU - AFP

"Le temps presse: la priorité de chacun devrait être de faire ce qu'il faut pour éviter les conséquences dévastatrices d'un confinement généralisé", a alerté jeudi la commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, à quelques heures d'un sommet européen qui abordera à nouveau la question de la pandémie de coronavirus.

"C'est avec une vive inquiétude que j'observe l'augmentation toujours plus rapide des taux d'infection dans l'ensemble de l'UE. Le vaccin ne sera pas une solution miracle, mais il jouera un rôle crucial pour sauver des vies et endiguer la pandémie", a-t-elle ajouté, en présentant une liste des étapes clés recommandées aux États membres pour qu'ils adoptent des stratégies de vaccination efficaces.

Ce n'est qu'en agissant ensemble que nous éviterons la cacophonie

Ce sont en effet les États membres qui gardent la compétence sanitaire de la vaccination. Or "ce n'est qu'en agissant ensemble que nous éviterons la cacophonie et que nous serons plus efficaces que par le passé", avertit la Commission. Quand arriveront des vaccins contre la Covid-19, et une fois prouvées leur efficacité et innocuité, les Vingt-sept y auront accès en même temps, sur la base de la taille de la population, dit l'exécutif européen, qui négocie des contrats d'achats anticipés avec les principales firmes pharmaceutiques établies en Europe.

Étant donné que le nombre total de doses de vaccin sera limité au cours des premières phases de déploiement, la Commission confirme les groupes prioritaires à vacciner: les professionnels de la santé et les personnes travaillant dans les établissements de soins de longue durée; les personnes âgées de plus de 60 ans; les personnes dont l'état de santé les expose particulièrement à des risques; les travailleurs dits essentiels; les personnes qui ne peuvent pas limiter les contacts sociaux et enfin les groupes socio-économiques plus défavorisés. Un accès aux vaccins "facile et financièrement abordable" doit être prévu pour ces populations cibles.

De son côté, la Belgique a déjà décidé, dans le cadre de la conférence interministérielle Santé, que la vaccination se ferait prioritairement au bénéfice de groupes-cibles, suivant ainsi l'avis du Conseil supérieur de la Santé qui mentionnait spécifiquement le personnel de santé et les personnes les plus vulnérables.

Prévoir un personnel qualifié en nombre suffisant

La Commission demande aussi aux États membres de prévoir un personnel qualifié en nombre suffisant, ainsi que des dispositifs médicaux et autres équipements de protection. Transport, stockage et chaîne du froid doivent être garantis par les capitales, invitées en outre à programmer "une communication claire sur les avantages, les risques et l'importance des vaccins, afin de renforcer la confiance des citoyens."

Autre point d'attention sur lequel insiste l'exécutif: l'arrivée des vaccins ne signifiera pas automatiquement la fin des restrictions et des mesures de vigilance. "Tout au long des premières phases de lancement de la vaccination, les interventions non pharmaceutiques, telles que la distanciation physique, la fermeture des lieux publics et l'adaptation de l'environnement de travail, resteront les principaux outils de santé publique pour maîtriser et gérer les flambées de Covid-19."

Stratégie européenne de vaccination

Cette stratégie commune de vaccination sera discutée vendredi au deuxième jour du sommet européen de Bruxelles. Le président du Conseil, Charles Michel, a déjà réclamé plus de coordination, mais la Commission s'est montrée moins diplomate. Bon nombre d'États membres ne fournissent pas encore toutes les informations qui doivent être échangées au niveau européen pour un fonctionnement optimal du testing et du tracing, a grondé la commissaire Kyriakides.

Une amélioration importante adviendra avec les codes couleurs uniformisés au niveau européen, pour une carte aisément compréhensible du risque de contamination dans les différentes régions, comme les Vingt-sept l'ont approuvé mardi. Sur cette carte, les pays qui ne fournissent que trop peu d'information sur le nombre de tests ou de cas positifs, voire n'en fournissent pas, seront colorés en gris. La commissaire n'a pas voulu dire quels pays étaient visés.

La coordination des stratégies est nécessaire pour éviter un nouveau blocage du marché intérieur comme lors de la première vague, a prévenu le président français Emmanuel Macron. Le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, a quant à lui soulevé un point spécifique: la nécessité que les tests Covid-19 soient reconnus mutuellement au sein de l'UE.

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