Coronavirus en Equateur : Guayaquil, épicentre symbole du chaos, déconfine à partir de mercredi

Guayaquil déconfine à partir de ce mercredi.
Guayaquil déconfine à partir de ce mercredi. - © JOSE SANCHEZ - AFP

La ville portuaire de Guayaquil, épicentre de la pandémie de coronavirus en Equateur, l’un des pays les plus affectés d’Amérique latine, commencera ce mercredi à alléger le confinement imposé depuis neuf semaines à tout le territoire national, a annoncé ce lundi la maire Cyntha Viteri.

"A partir du mercredi 20 mai, nous allons passer prudemment, avec des mesures restrictives, à l’état de feu jaune", a déclaré Viteri à la presse. Depuis début avril, le gouvernement équatorien utilise un système de couleurs rouge, jaune (orange dans d’autres pays) et vert, similaires aux feux de circulation, pour identifier les zones à risque.

Les 221 cantons équatoriens avaient d’abord été classés en rouge, avec des mesures très restrictives comme un couvre-feu de 15 heures par jour, télétravail obligatoire et suspension de l’enseignement présentiel.

Depuis le 12 mai, seulement trois cantons sont passés au jaune, phase durant laquelle le couvre-feu est réduit à huit heures et sont rétablis les consultations médicales externes, le transport urbain, le travail présentiel limité à 50% du personnel, et des activités commerciales.

Quito et plusieurs des principales villes équatoriennes se maintiennent au rouge, dans le cadre de l’état d’exception décrété par le gouvernement il y a deux mois et prolongé jusqu’à la mi-juin.

Guayaquil concentre 53% des cas

L’Equateur, petit pays de 17,5 millions d’habitants, compte près de 34.000 cas confirmés, dont près de 2800 morts, outre 1700 autres probablement dus au Covid-19.

La province de Guayas, dont Guayaquil est le chef-lieu, concentre 53% des cas, dont 1328 morts.

"Nous avons un niveau de contamination raisonnable et un nombre de victimes mortelles beaucoup moins élevé que durant les jours les plus difficiles", a expliqué la maire de Guayaquil, la capitale économique du pays.


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Depuis que le nouveau coronavirus a été détecté en Equateur le 29 février, les systèmes médicaux et funéraires se sont effondrés dans cette ville de 2,7 millions d’habitants, qui compte environ 9100 cas.

Le chiffre quotidien des décès, toutes causes confondues, est passé de 700 au pire de la crise à 85 en moyenne au mois de mai dans le Guayas, selon le service d’état civil.

Images du nouvel hôpital mis en place à Guayaquil (deuxième ville du pays), le 14 avril

La crainte du deuxième vague

Mais si elle entend sortir du confinement, Guayaquil n’estime pas la pandémie contrôlée. "Il peut y avoir un rebond, une deuxième vague si les mesures nécessaires ne sont pas prises. Alors, nous nous verrions contraints […] de repasser au rouge", a averti Viteri.

Le vert permet de reprendre le travail avec 70% du personnel présent, un couvre-feu de cinq heures par jour et le transport inter-cantonal.

Le gouvernement permet aux maires de décider de la sortie du confinement afin de réactiver l’économie, fortement affectée par la pandémie.

Manifestation contre la gestion du coronavirus par le gouvernement, à Quito, le 16 et 18 mai