Coronavirus en Allemagne : les briseurs de quarantaine "récidivistes" peuvent être enfermés

Fin janvier, plusieurs médias ont diffusé des images prises par le tabloïd allemand Bild. La vidéo, qui circule également sur Youtube, montre un "camp de détention" au sein d’un centre pour jeunes appelé Moltsfelde et situé à Neumünster (Schleswig-Holstein). Il serait destiné à des citoyens ayant prouvé à plusieurs reprises qu’ils ne voulaient pas respecter l’obligation de quarantaine.

Si les images et le bâtiment montrés par Bild sont bien réels, il ne s’agit pas d’un "camp de détention" à proprement parler. Ce sont plutôt des logements où temporairement héberger celles et ceux qui, malgré les avertissements de la police, se sont opposés à plusieurs reprises à une quarantaine.

Une mesure encadrée par la justice

La mesure a été prise par plusieurs Länder. Quatre d'entre eux, précisément, indiquent nos confrères allemands de la Deutsche Welle.

La possibilité d'avoir recours à une "réclusion" suite à des infractions aux mesures de quarantaine mises en place par le gouvernements allemand est décrite comme une mesure de dernier ressort, qui peut s'appliquer uniquement à des récidivistes. Elle est par ailleurs encadrée par la justice et ne peut être mise en place que suite à la décision d’un juge.

Selon la Deutsche Welle, pour en arriver là, la justice doit prouver plusieurs violations de quarantaine, un clair refus de suivre cette obligation en présence de la police, un dernier rappel à l’ordre et, ensuite, une énième violation de quarantaine.


►►► A lire aussi : Coronavirus : Toutes les infos sur l’épidémie de coronavirus


Interrogé sur cette nouvelle norme, le directeur du Land de Schleswig Holstein Sönke Schulz a insisté sur le "but pédagogique" de la mesure, espérant de devoir l’appliquer le moins possible. Elle est entrée en vigueur le 1er février. Dans le Land qu’il dirige, six chambres sont prévues à cet effet au sein du centre de Neumünster.

Ailleurs en Allemagne, le Brandebourg, le Bade-Wurtemberg et la Saxe vont adopter des mesures semblables.

Une mesure contestée

Par sa nature coercitive, la mesure divise au sein de l’opinion et de la politique.

Le tabloïd Bild a repris l’information en réalisant un reportage. Dans l'Hexagone, France Soir, un média français sans journalistes et alimenté par des bénévoles, très critique envers la gestion de la pandémie, l'a rediffusé sur sa chaîne Youtube: la traduction qu'il propose à travers les sous-titres intégrés à la vidéo évoque les termes de "prison corona" ou de "tristes jours" que les personnes devront passer au sein de ces "mini-cellules". Le reporter de Bild n’hésite d’ailleurs pas à partager son opinion : "Celles que j’ai vues étaient plutôt inconfortables". Il utilise également l'expression "camps de détention".

En revanche, la presse allemande parle d’une mesure symbolique. Selon plusieurs médias locaux, cette mesure représente une restriction des libertés. Celle-ci trouverait ses bases dans la loi sur la protection contre les infections.

Du côté politique, la gauche allemande s’est montrée très critique vis-à-vis de la démarche envisagée par ces Länder.


►►► A lire aussi : Coronavirus : voici les mesures politiques les plus efficaces pour lutter contre l’épidémie


Pour l’instant, note la Deutsche Welle, il est difficile d’estimer combien de personnes pourraient être concernées. Le site rapporte que la semaine précédant Noël, plus de 4000 personnes ont violé les restrictions sanitaires et que 44 sont celles qui n’ont pas respecté l’obligation de quarantaine.

La mesure a été pensée à un moment où le pays cherchait à réduire au maximum les contaminations au coronavirus. Depuis quelques jours, toutefois, le pays commence à parler de déconfinement et de l'allégement des mesures. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK