Coronavirus: "Des mesures appropriées ont été prises en Afrique", affirme Denis Mukwege

Coronavirus: "Des mesures appropriées ont été prises en Afrique", affirme Denis Mukwege
Coronavirus: "Des mesures appropriées ont été prises en Afrique", affirme Denis Mukwege - © THIERRY ROGE - BELGA

Les gouvernements africains ont généralement "pris conscience de la gravité de la maladie" du Covid-19 et doivent favoriser les solutions locales pour lutter contre la pandémie, a affirmé mardi le Prix Nobel de la paix et gynécologue congolais Denis Mukwege.


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"Dans son ensemble, l'Afrique a pris conscience de la gravité de la maladie. Et on n'a pas vu se reproduire la situation comme avec le sida, où certains gouvernements africains étaient dans le déni. Là, ils ont pris des mesures appropriées", a déclaré Denis Mukwege lors d'une conférence en ligne organisée par la fondation Positive Planet.

Jusqu'ici l'Afrique a eu beaucoup de chance.

"Jusqu'ici l'Afrique a eu beaucoup de chance. Si elle avait été frappée avec la même rudesse que la Chine, l'Europe ou les Etats-Unis, on connaîtrait tout simplement un désastre", a ajouté le Prix Nobel de la paix depuis Bukavu, en République démocratique du Congo (RDC).

Avec seulement 1.00 décès pour près de 20.000 cas, l'Afrique est avec l'Océanie l'un des continents les moins touchés par la pandémie, même si ces chiffres sont sans doute sous-estimés en raison du manque de tests. De nombreux gouvernements sur le continent ont pris rapidement des mesures de confinement, même si celles-ci sont difficiles à mettre en oeuvre et souvent contestées.

Certains dirigeants africains toutefois doutent encore de la dangerosité de la pandémie, à l'image du président tanzanien John Magufuli qui exhorte ses concitoyens à s'en remettre à Dieu et les encourage à continuer à travailler normalement.

Le confinement strict est pratiquement impossible

Le Dr Mukwege a insisté sur la nécessité de solutions adaptées et locales pour chaque pays.

"Chaque contexte est différent. Dans mon pays par exemple, presque 80% de la population vit du secteur informel. Le confinement strict est pratiquement impossible", a-t-il souligné.

Dans la province du Sud-Kivu, dont Bukavu est le chef-lieu, "les moins de 60 ans représentent 96% de la population. Ils peuvent prendre en charge les 4% des personnes âgées" qui resteraient confinées, a-t-il dit.

"Ce que nous faisons ici sera différent de ce qui se fait à Nairobi, il faut chercher des solutions locales à des questions qui se posent localement", a-t-il insisté.

Plus globalement, "cette crise constitue une opportunité pour l'Afrique de se poser des questions existentielles. Ca m'étonnerait que nous retournions à la même façon de penser après ça. Plutôt que chercher des solutions extérieures nous chercherons des solutions endogènes", a-t-il prédit.

"L'Afrique a des capacités qui jusqu'ici n'ont pas été utilisées comme il faut. J'espère que chaque pays recourra à ses propres ressources", a-t-il ajouté.