Coronavirus dans le monde: plus de trois milliards d'humains confinés, "il va falloir tenir"

Plus de trois milliards de personnes étaient confinées samedi sur une planète balayée par la pandémie de coronavirus qui a fait plus de 26.000 morts, frappant de plein fouet l'Europe du Sud et s'abattant sur les Etats-Unis tandis que Wuhan, en Chine, revenait lentement à la vie.

En Italie, près d'un millier de personnes ont été emportées par la maladie de Covid-19 au cours des dernières 24 heures, un bilan quotidien inédit pour un seul pays depuis le début de la crise. Après l'Italie (9134 morts), c'est l'Espagne qui compte le plus de décès (plus de 4858, dont 769 lors des dernières 24 heures) dans le monde.

La propagation continue toutefois de ralentir dans la péninsule, suscitant l'espoir que les mesures drastiques de confinement prises il y a deux semaines donnent enfin des résultats, même si le pic n'est pas encore atteint.


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En Chine, la ville de Wuhan, où s'est déclarée en décembre l'épidémie de nouveau coronavirus, s'est progressivement rouverte au monde extérieur samedi après plus de deux mois d'isolement quasi total, avec l'arrivée du premier train de voyageurs autorisé depuis le confinement.

La pénurie d'équipements, "une menace imminente"

Sur d'autres continents en revanche, le pire reste à venir. Après avoir dépassé l'Italie et la Chine pour devenir le pays comptant le plus grand nombre de cas recensés du nouveau coronavirus, les Etats-Unis ont franchi vendredi la barre des 100.000 personnes contaminées, sur plus de 570.000 dans le monde. Le virus y a fait à ce jour quelque 1600 morts.

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Coronavirus dans le monde: plus de trois milliards d'humains confinés, "il va falloir tenir" © JUSTIN SULLIVAN - AFP

Cette détérioration alarmante a conduit le président américain Donald Trump, après avoir promulgué un gigantesque plan de relance économique de plus de 2000 milliards de dollars, à contraindre par décret le constructeur automobile General Motors à produire des respirateurs artificiels.

Cette décision, prise en vertu d'une loi datant de la guerre de Corée (1950-1953), vise à répondre au manque d'équipement face à l'afflux croissant de patients dans les hôpitaux.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a prévenu que "la pénurie chronique mondiale d'équipements de protection individuels" pour les personnels soignants représentait une "menace imminente" dans la lutte contre la pandémie.

Il va falloir tenir

En France, cinquième pays le plus touché en nombre de morts (près de 2000) le gouvernement a prolongé de deux semaines le confinement, soit jusqu'au 15 avril. "Il va falloir tenir", a prévenu le Premier ministre Edouard Philippe, mettant en garde contre "la vague extrêmement élevée" de la maladie qui "déferle sur la France".

L'armée française a évacué samedi par hélicoptère de premiers patients de Metz (est) vers l'Allemagne.


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La Grande-Bretagne, où le Premier ministre Boris Johnson a annoncé vendredi être contaminé, mais seulement avec de légers symptômes, se prépare également à une vague gigantesque de patients dans les hôpitaux.

La Russie, dernier grand pays à n'avoir encore pris aucune mesure de confinement généralisé, a fermé à partir de samedi ses restaurants et la plupart de ses commerces avant une semaine chômée.

L'Irlande, en revanche, est entrée samedi et jusqu'au 12 avril en confinement total.

Confinement de Kinshasa reporté

Mais dans les pays les plus pauvres, notamment en Afrique subsaharienne, où les restrictions de déplacement compromettent les moyens de subsistance de populations qui vivent souvent au jour le jour, le confinement ne va pas de soi.

Le "confinement total" de Kinshasa, qui devait commencer samedi pour quatre jours, a ainsi été reporté in extremis en raison de "spéculations sur les prix des biens de première nécessité" et pour "prévenir les actes susceptibles de créer l'insécurité", selon les autorités congolaises.

Et à Johannesburg, en Afrique du Sud, la police a dispersé vendredi à coups de fouet les clients rassemblés devant un supermarché.

Les églises, essentielles?

La ferveur religieuse complique également l'application de strictes mesures sanitaires.

Au Brésil, la justice a annulé vendredi un décret du président Jair Bolsonaro qui exemptait les églises, les temples religieux et bureaux de loterie des mesures de quarantaine imposées dans certains États, considérant ces services comme essentiels, au même titre que ceux des pharmacies ou des supermarchés.

"L'accès aux églises, aux temples religieux et aux loteries encourage les attroupements et la circulation des personnes", a fait valoir le juge.


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Dans le monde musulman également, ces mesures sont inégalement respectées. La fréquentation des mosquées était importante vendredi en Indonésie mais aussi au Pakistan, pourtant voisin de l'Iran, officiellement quatrième pays le plus touché en nombre de morts (près de 2400) et qui a fermé ses principaux lieux de pèlerinage et suspendu les prières publiques.

A contrario, le pape François a prié seul vendredi face à une place Saint Pierre totalement déserte.

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Coronavirus dans le monde: plus de trois milliards d'humains confinés, "il va falloir tenir" © YARA NARDI - AFP

Problèmes psychologiques et économiques

Le confinement a aussi un impact psychologique en augmentant les niveaux de dépression, d'anxiété et d'autres problèmes de santé mentale, selon la Croix-Rouge

"La nuit, les cauchemars arrivaient, la mort rôdait", a ainsi témoigné Fabio Biferali, un cardiologue romain de 65 ans qui a passé huit jours "isolé du monde" dans l'unité de réanimation de l'hôpital Policlinico Umberto I de Rome.

Face à l'autre catastrophe, économique, qui se profile, la communauté internationale tente de mobiliser des sommes astronomiques.

Outre les 2000 milliards annoncés par les Etats-Unis, les pays du G20 ont promis d'injecter 5000 milliards de dollars pour soutenir l'économie mondiale. 

L'Union européenne (UE) a elle renvoyé à dans deux semaines des "mesures fortes" contre le coronavirus, s'attirant la colère de l'Italie et de l'Espagne.

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