Coronavirus dans le monde: pandémie "loin d'être jugulée", "tirades déséquilibrées" de Trump

Coronavirus dans le monde: pandémie "loin d'être jugulée", "tirades déséquilibrées" de Trump
Coronavirus dans le monde: pandémie "loin d'être jugulée", "tirades déséquilibrées" de Trump - © NOAH SEELAM - AFP

Le président américain Donald Trump a appelé à la rébellion contre les règles de confinement, semant la consternation alors que son pays est devenu le premier foyer mondial de la pandémie de coronavirus avec près du quart des 150.000 morts recensés sur la planète.

Pendant que plus de la moitié de l'humanité reste à domicile afin de limiter la propagation du covid-19, qui poursuit sa course mortelle à travers le monde, Donald Trump a ouvertement appelé à braver les règles de confinement.

"Libérez le Minnesota!", "Libérez le Michigan!", "Libérez la Virginie!", a-t-il tweeté alors que des militants parfois armés s'apprêtaient à défier samedi les autorités de ces Etats démocrates en se rassemblant dans la rue.

"Et sauvez votre formidable deuxième amendement. Il est assiégé!", a ajouté le bouillonnant milliardaire, en référence au droit des Américains à porter des armes.

Donald Trump a par ailleurs renouvelé ses attaques contre la Chine, qu'il accuse d'avoir "dissimulé" la gravité de la pandémie. Le président français Emmanuel Macron et le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab, ont eux aussi mis en doute la transparence de Pékin.

Moscou et Paris ont évoqué la possibilité d'un sommet en visioconférence des dirigeants des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, lequel est paralysé par le différend sino-américain.

Double défi: sanitaire et économique

Avec près de 3000 morts par jour et plus de 34.600 décès au total, les Etats-Unis sont devenus le pays le plus durement touché par la pandémie partie fin 2019 de Wuhan, en Chine.

Alors que la marque globale des 150.000 morts a été franchie, les dirigeants mondiaux font face à un double défi sanitaire et économique: une récession sans précédent depuis 1929 menace, a prévenu le Fonds monétaire international (FMI).

Touchés de plein fouet en l'absence de dispositif de protection sociale, des millions d'Américains sont contraints de se tourner vers les banques alimentaires, dont les salariés sont débordés face à l'explosion de la demande.

"Nos employés sont à bout", décrit Dan Flowers, le responsable d'une banque alimentaire de l'Ohio. "Ils travaillent tellement dur. On aimerait bien en voir la fin."

Des tirades déséquilibrées

Dans ce contexte, le gouverneur démocrate de l'Etat de Washington, Jay Inslee, s'est indigné des tweets présidentiels car ils encouragent, selon lui, "des actes dangereux et illégaux". 

"Il met des millions de personnes en danger d'attraper le covid-19. Ses tirades déséquilibrées et ses appels à 'libérer' des Etats pourraient aussi mener à des violences", a-t-il tweeté.

190 pays touchés

Avec plus de 190 pays et territoires touchés, la pandémie a gagné l'ensemble de la planète.

La barre des 1000 morts officiellement recensés a été franchie en Afrique, dont les trois quarts en Algérie, en Egypte, au Maroc et en Afrique du Sud.

Or il manque toujours 44 milliards de dollars pour financer la lutte immédiate contre la crise sanitaire et économique en Afrique, ont estimé la Banque mondiale et le FMI.


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Au Brésil, la situation sanitaire apparaît particulièrement préoccupante dans les favelas.

"Il y a de grands risques de propagation du virus dans la favela, environ 40 à 50% des tests qu'on fait ici sont positifs", s'alarme Tiago Vieira Koch, un directeur de clinique qui intervient à Rocinha, à Rio, la plus grande favela du Brésil.

C'est une planète en plein confinement qu'ont ainsi retrouvée vendredi deux astronautes américains et un cosmonaute russe, premiers à avoir quitté la Station spatiale internationale (ISS) depuis que l'OMS a déclaré en mars la pandémie.

"Je pense que je me sentirai plus isolée sur Terre qu'ici", a tweeté l'une des astronautes, Jessica Meir, avant de quitter l'ISS.

Une semaine après les catholiques et les protestants, le monde orthodoxe vit à son tour un week-end pascal confiné, les fidèles roumains étant par exemple appelés à le célébrer depuis leur balcon.


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En Russie, encore au stade préliminaire de la pandémie avec seulement 32.000 cas recensés, le Patriarcat de Moscou a recommandé de célébrer Pâques à la maison, sans se rendre à l'église. Mais de nombreux lieux de culte resteront ouverts.

En Malaisie, un habitant a eu l'idée d'effectuer des rondes nocturnes, déguisé en fantôme, pour inciter ses concitoyens à rester confinés.

"Je regardais les infos et comme je voyais que de plus en plus de gens mouraient, j'ai décidé de faire peur aux habitants", a expliqué Muhammad Urabil à l'AFP.

Pandémie "sous contrôle" en Allemagne

En Europe, quelques pays se sont engagés dans la voie d'un prudent déconfinement comme l'Autriche, où les commerces non-essentiels ont rouvert, ou le Danemark, où l'école a partiellement repris.

Berlin a pour sa part jugé la pandémie désormais "sous contrôle" en Allemagne, qui apparaît comme le grand Etat européen à avoir le mieux géré la crise (moins de 4000 morts), grâce notamment à un large recours aux tests.

Le pays compte rouvrir prochainement ses magasins, et à partir du 4 mai écoles et lycées. Elle fabriquera à partir d'août quelque 50 millions de masques par semaine, selon les autorités.

Mais loin d'être jugulée, selon l'OMS

Mais pour l'OMS, la pandémie est loin d'être jugulée, avec des "chiffres constants ou accrus" dans l'est du continent européen et au Royaume-Uni, où le gouvernement a décidé jeudi de prolonger le confinement "pour au moins trois semaines".

Après les Etats-Unis, l'Italie (22.745 morts), l'Espagne (19.478), la France (18.681) et le Royaume-Uni (14.576) sont les pays les plus durement frappés.

En signe "d'unité mondiale dans la lutte contre le covid-19", une brochette de stars mondiale, des Rolling Stones à Celine Dion en passant par Taylor Swift et Billie Eilish, devaient donner samedi un concert virtuel diffusé partout dans le monde. 

 

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