Coronavirus dans le monde : le nombre de cas a doublé en un mois, accélération de la pandémie en Amérique latine

Coronavirus dans le monde : le nombre de cas a doublé en un mois, accélération de la pandémie en Amérique latine
Coronavirus dans le monde : le nombre de cas a doublé en un mois, accélération de la pandémie en Amérique latine - © ugurhan - Getty Images/iStockphoto

Nouveaux bilans, nouvelles mesures, faits marquants : un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 qui a fait plus de 329.000 morts dans le monde. Le point chaud de l’épidémie commence à se déplacer vers l’Amérique latine et l’Inde, alors que l’épidémie reste très active en Russie et aux États-Unis. L’Europe, en plein déconfinement, retient son souffle face à la menace d’une seconde vague, alors qu’elle ne s’est pas encore remise du premier pic.

Au moins cinq millions de cas

Le nombre de cas de nouveau coronavirus a doublé dans le monde en un mois, passant à plus de cinq millions (5.049.366) dont 329.799 décès, selon des données collectées par l’AFP auprès de sources officielles jeudi à 19h00 GMT, avec toutefois des situations contrastées.

On constate ainsi une accélération en Amérique latine, en particulier au Brésil qui a dépassé les 20.000 morts du coronavirus après une hausse record de 1188 décès en 24 heures. Des chiffres qui seraient bien en dessous de la réalité, selon des scientifiques.

En Argentine, les cas détectés ont bondi à 648 sur les dernières 24 heures, soit plus du double des bilans quotidiens d’il y a deux semaines, a annoncé le ministère de la Santé. Le total de décès s’élève à 416.

Mais la Chine, où la crise a démarré en décembre, a proclamé vendredi une "réussite stratégique majeure". "Une tâche immense" reste à accomplir face aux conséquences économiques du virus, a ajouté le Premier ministre chinois.


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L’Europe, continent le plus touché avec près de 2 millions de cas et plus de 170.000 morts, poursuit sur la voie d’une très lente normalisation.

Les Etats-Unis sont le pays le plus touché en nombre de morts (94.661) mais aussi de cas (1,57 million). Suivent le Royaume-Uni avec 36.042 morts, l’Italie (32.486), la France (28.215) et l’Espagne (27.940).

La Sécurité sociale italienne a toutefois estimé jeudi, en se fondant sur la surmortalité entre mars et avril, que le nombre de décès pourrait dépasser d’environ 19.000 les chiffres officiels.

La Chine déclare "victoire"

La Chine a proclamé vendredi sa victoire sur le nouveau coronavirus qui a sinistré son économie et continue de galoper ailleurs dans le monde. La Chine, où le virus est apparu fin 2019, est parvenue à l’endiguer sur son territoire.

"Nous avons obtenu une réussite stratégique majeure dans notre réponse au Covid-19", a clamé le Premier ministre chinois Li Keqiang au premier jour de la session plénière de l’Assemblée nationale populaire (ANP), grand-messe annuelle du pouvoir communiste.

Mais pour la première fois dans son histoire récente, Pékin a toutefois renoncé à fixer un objectif de croissance pour l’année en cours, faute de pouvoir chiffrer l’impact de la pandémie.

Devant 3000 députés au visage masqué, M. Li a souligné "la tâche immense" qu’il restait à accomplir face aux conséquences du virus sur l’économie chinoise qui, autre fait inédit, s’est contractée de 6,8% au premier trimestre.

Les Etats-Unis, eux, accusent le pays d’avoir tardé à réagir et, selon les mots du président Donald Trump, d’être responsable d'"une tuerie de masse mondiale". "Dans la lutte contre l’épidémie, le gouvernement chinois a toujours été ouvert, transparent et responsable", a répondu Pékin aux accusations du président Donald Trump.

La Chine a aussi averti jeudi qu’elle prendrait "des mesures de rétorsion" si le Congrès des Etats-Unis adoptait des sanctions contre elle pour sa responsabilité supposée dans l’épidémie de Covid-19.

L’Europe, sur la voie d’une "normalisation"

L’Europe, où la pandémie a tué plus de 171.000 personnes sur près de 2 millions de cas recensés, continue quant à elle d’avancer sur la voie d’une lente normalisation, mais en multipliant les mesures de précaution.

Frappé de plein fouet par l’épidémie comme en témoigne le plongeon record des ventes de détail en avril, le Royaume-Uni a annoncé vendredi qu’il allait imposer une quarantaine de 14 jours aux voyageurs arrivant de l’étranger.

De rares exceptions sont prévues pour les transporteurs routiers, des personnels médicaux et les Irlandais, mais pas pour les personnes venant de France, comme Londres et Paris avaient récemment laissé entendre.

En France, critiqué après avoir maintenu le premier tour des municipales le 15 mars malgré la pandémie, le gouvernement a annoncé que le second tour aurait lieu le 28 juin et que les électeurs devront porter un masque. "Après avoir pesé le pour et le contre, nous pensons que la vie démocratique doit reprendre ses droits", a expliqué le Premier ministre Edouard Philippe, en soulignant qu’une "clause de revoyure" avec le conseil scientifique interviendra d’ici deux semaines.

Le week-end ensoleillé de l’Ascension passé sur la plage ou dans les parcs alimente cependant les craintes d’une nouvelle vague dans le pays. "Il fait beau dehors, on sait que c’est très compliqué et la tentation est forte après des semaines de confinement", a reconnu le ministre de la Santé Olivier Véran.

La Grèce, elle, a prolongé jusqu’au 7 juin le confinement des camps, surpeuplés, de migrants. Très peu de demandeurs d’asile ont été testés positifs à ce jour et les défenseurs des droits de l’Homme, des ONG et le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) de l’ONU ont appelé Athènes à "ne pas compromettre" leurs droits.

Polémique aux Etats-Unis

Plus de 35.000 morts du coronavirus auraient pu être évitées aux Etats-Unis si les mesures de confinement avaient été appliquées ne serait-ce qu’une semaine plus tôt, selon de nouvelles estimations de chercheurs de l’université new-yorkaise Columbia. Le bilan frôle à présent les 95.000 morts avec des chiffres quotidiens qui restent élevés : 1255 morts en 24 heures selon le comptage publié jeudi par l’université Johns Hopkins.

Le président américain Donald Trump a assuré jeudi qu’il portait parfois un masque quand les conditions l’exigeaient, mais a affirmé qu’il ne voulait pas le faire devant les journalistes.

Sur ordre du président, les Etats-Unis, pays officiellement le plus lourdement endeuillé par le Covid-19, vont mettre leurs drapeaux en berne de vendredi à dimanche pour y honorer la mémoire des victimes.

Mine d’or russe contaminée

De son côté, la Russie a fait état vendredi d’un nouveau record du nombre de morts en une seule journée avec 150 victimes mais l’épidémie y reste stable en termes de nouvelles infections.

Le pays a envoyé des militaires en Sibérie pour contenir la propagation d’un foyer de Covid-19 dans la plus grande mine d’or sur son territoire, où près de 1200 des 6000 employés ont été contaminés. L’un d’eux est mort, a annoncé jeudi l’entreprise Polyus, propriétaire de l’exploitation.

Inquiétudes au Brésil

En Amérique latine, la pandémie poursuit inexorablement sa progression, avec de terribles conséquences prévisibles en termes d’économie et d’emploi.

Selon des données officielles, le nombre de morts a doublé en seulement 11 jours au Brésil pour franchir les 20.000 cas ce jeudi. Le pays est déjà le plus touché de la région et où la propagation du virus accélère toujours.

Dans les cimetières des grandes villes, comme Sao Paulo, les fossoyeurs redoublent les cadences.

L’insistance du président Jair Bolsonaro pour le retour au travail et la relance de l’économie crée depuis le début de la crise sanitaire de fortes tensions avec les gouverneurs des Etats brésiliens, mais les deux camps ont rapproché leurs positions jeudi lors d’une visioconférence.

Le Covid-19 tue aussi proportionnellement plus de jeunes dans ce pays de 210 millions d’habitants qu’ailleurs : seules 69% des victimes y avaient plus de 60 ans contre 95% en Espagne ou en Italie, selon les bilans officiels.

"Comme notre population est plus jeune, c’est normal que le pourcentage de morts soit plus élevé chez les moins de 60 ans, mais c’est aussi dû au fait que ces jeunes adultes respectent moins les mesures de confinement", a expliqué à l’AFP Mauro Sanchez, épidémiologiste de l’Université de Brasilia.

Bond au Chili, hôpitaux au bord de la rupture au Pérou

Les décès dus au coronavirus ont augmenté de 29% au cours des dernières 24 heures au Chili qui approche des 60.000 cas de contamination (+3964 en 24 heures), a annoncé jeudi le ministre de la Santé. 589 personnes ont succombé au Covid-19.

Au Pérou voisin, la plupart des hôpitaux de Lima sont au bord de la rupture.

"C’est comme un film d’horreur, l’intérieur de l’hôpital ressemble à un cimetière pour les cadavres, les patients meurent sur les chaises, dans les fauteuils roulants", a raconté à l’AFP Miguel Armas, infirmier à l’hôpital Hipolito Unanue de Lima.

Sur le graphique suivant, on voit bien que si elle n'a pas encore atteint les pics de l'Espagne ou de l'Italie, l'épidémie est arrivée plus tard, et est encore en pleine progression dans plusieurs pays d'Amérique du Sud et au Mexique.

 

Économies en berne

Les autorités russes prévoient un plongeon du Produit intérieur brut de 9,5% au deuxième trimestre et une baisse de 5% sur l’année 2020, en raison de la pandémie de coronavirus et de la chute des cours du pétrole.

La France souhaite que les règles de discipline budgétaire entre membres de l’Union européenne, suspendues pour 2020 face à la crise du Covid-19, le soient aussi l’année prochaine, a déclaré le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.


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Quelque 11,5 millions de personnes supplémentaires vont être au chômage en 2020 en Amérique latine en raison de la pandémie de coronavirus, ce qui portera le nombre total de chômeurs dans la région à 37,7 millions, selon un rapport de deux agences onusiennes publié jeudi. Le repli économique en Amérique latine, estimé à 5,3% du PIB en 2020, aura des "effets négatifs" sur le taux de chômage de la région, qui passera de 8,1% en 2019 à 11,5% cette année.

Un milliard de dollars pour le vaccin

Enfin, le groupe pharmaceutique britannique AstraZeneca a annoncé avoir obtenu "une contribution d’un milliard de dollars" des pouvoirs publics américains pour le développement d’un vaccin contre le coronavirus.

AstraZeneca a assuré collaborer avec plusieurs pays et organisations multilatérales pour rendre ce vaccin largement disponible à travers le monde d’une façon équitable.

Peu à peu, les plages du monde entier sont à nouveau accessibles (sujet JT de ce 21 mai) :