Coronavirus dans le monde : entre mal-être et lueur d'espoir, la génération Z raconte son année 2020

Cette année 2020 touche à sa fin et aura marqué les esprits, dont ceux de la "génération Z". Ces jeunes nés entre le milieu des années 90 et 2010 livrent comment ils ont perçu cette année marquée par le coronavirus.


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Les témoignages de trois jeunes Belges oscillaient entre ennui à combattre, insouciance perdue et yoyo émotionnel. Cette fois, des jeunes du monde entier nous livre la perception qu’ils ont eue durant ces 365 derniers jours ainsi que la manière dont ils appréhendent 2021.

Une perte d’insouciance et une distance omniprésente

En Italie, l’un des pays européens les plus touchés par le Covid-19 et où les restrictions sont strictes pour les fêtes de fin d’année, Elisa Dossena sent de la peur et de la pression.

L’étudiante de 23 ans perçoit une méfiance générale entre les gens, même au-delà de l’absence des gestes amicaux de tous les jours : "Les gens n’osent pas s’approcher pour se serrer la main ou se faire la bise. Lorsque l’on est plusieurs dans un endroit clos, une méfiance s’installe". Elisa devait s’occuper du domicile familial alors que ses parents et cousines étaient touchés par le virus : "beaucoup de pression, beaucoup de responsabilités", dit-elle.


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Au Kenya, Jackline – 17 ans - est tombée enceinte au début de la pandémie. Le père est parti après l’annonce de la grossesse et la mère de l’adolescente a perdu son travail au même moment. Elles vivent avec d’autres membres de la famille dans une pièce unique, une situation qui rend Jackline anxieuse.

"Si j’avais été à l’école je ne serai pas tombée enceinte", déplore-t-elle en voyant ses objectifs s’éloigner suite à la fermeture des écoles. La jeune kenyane craint qu’à l’avenir : "Beaucoup de jeunes ne pourront pas retourner à l’école suite aux changements de vie auxquels ils ont fait face cette année".

Des rêves en berne

D’autres comme Abdullah El-Jerry, un jeune égyptien de 22 ans ne font plus que craindre le chômage, ils le vivent. Ce diplômé en journalisme sportif décrit sa survie et celle des autres jeunes de son pays : "On a vraiment du mal à trouver du travail. Beaucoup de gens ont perdu leur job à cause du coronavirus et de la crise économique". En Egypte, le chômage touche 19,7% des 15-19 ans et 13,9% des 20–24 ans.

Au Brésil, Joao Vitor Cavalcante, était convaincu de transformer 2020 en sa "meilleure année de début de carrière" comme cycliste professionnel. Cependant, la crise sanitaire l’a obligé à mettre de côté cet objectif et à aller travail dans un garage automobile.

"Le cyclisme n’est pas facile, c’est cruel, même si j’ai apprécié cette cruauté", déclare Joao. "Maintenant, je ne veux plus vivre du cyclisme, je veux vivre pour en faire", tout en se résignant à reprendre les compétitions en 2021 mais en amateur plutôt qu’en professionnel. Une résignation par séquelle de cette crise.

Dépressions en hausse

Ces rêves qui s’éloignent tout comme les contacts sociaux, Solène jeune française étudiant à Paris, l’a difficilement vécu. Bloquée dans son minuscule appartement, ne pouvant pas rejoindre sa famille, ni son petit copain, elle déprime.

Suite à la solitude provoquée par le confinement, on diagnostique une dépression et de l’anxiété à cette étudiante en psychologie de 19 ans. "2020 n’aura pas laissé de place à la bonne humeur".

Un confinement qui a produit un effet similaire à Galina. Cette Moscovite de 23 ans se préparait à partir travailler en Italie, malheureusement tout est reporté à cause du coronavirus. Le confinement et la solitude ont produit chez elle un choc si fort qu’elle a développé des problèmes de santé suite au stress.

Mais Galina a réussi à prendre le contre-pied de cette difficile période : "Cette année, c’était la première fois que j’ai commencé à consacrer autant de temps à ma maison, à acheter de petites choses, à y rester, à penser à mon espace personnel".

Une lueur d’espoir qui perdure

La jeune russe n’est pas la seule à conserver un peu de positivité dans cet océan morose et difficile pour beaucoup de gens.

Valeria, une étudiante en communication à l’université de Californie reconnaît que "cette année va laisser une marque sur notre génération" et rend les gens "plus sérieux". Elle sait que même si les taux de chômage restent plus élevés encore qu’au mois de février, les prévisions économiques pour 2021 pointent vers une reprise grâce à l’arrivée des vaccins contre le Covid-19.


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Une perspective qui pousse Valeria à rester positive car : "Si je commence à regarder les choses négatives, je commence juste à jouer à des jeux dans ma tête", explique-t-elle.

Son de cloche similaire là où l’épidémie à d’abord attirée l’attention en janvier : Wuhan, en Chine. La ville avait connu un confinement de dix semaines, une période qu'a connu par Xiong un étudiant en danse de 22 ans qui habite Wuhan. Malgré le traumatisme, il n’en démord pas et compte bien être dans les pionniers de la nouvelle scène culturelle de la ville. "Cette expérience aura donné des leçons aux jeunes de Wuhan et de la Chine toute entière", confie Xiong avant de terminer sur une note d’espérance.

"Je pense que le monde devrait comporter plus de paix et plus d’amour… Que les gens ne devraient plus se battre les uns contre les autres". 

Même si l'épidémie de coronavirus n'est pas encore terminée, tous espèrent un retour à un peu plus de normalité en voyant leurs familles et leurs amis, ou en concrétisant des projets et des rêves.

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