Coronavirus dans le monde ce 1er août : la bataille des vaccins commence, les économies plongent

Des ambulanciers transportent un patient à un hôpital de Coral Gables, près de Miami, le 30 juillet 2020 en Floride
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Des ambulanciers transportent un patient à un hôpital de Coral Gables, près de Miami, le 30 juillet 2020 en Floride - © CHANDAN KHANNA

Plongeon des économies, mesures sanitaires en ordre dispersé et bilan humain toujours plus lourd : les effets de l’épidémie de coronavirus vont se faire sentir pendant des "décennies", prédit l’OMS, alors que pointe déjà une bataille des vaccins.

Aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé, le nombre de morts en une journée dépasse les 1200 depuis quatre jours.

Six mois après avoir décrété l’urgence mondiale, le Comité d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est réuni vendredi pour évaluer la pandémie. "Cette pandémie est une crise sanitaire comme on n’en voit qu’une par siècle, et ses effets seront ressentis pour les décennies à venir", a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Plus de 17 millions de cas et 680.000 morts 

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 680.014 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles samedi à 11h00 GMT (13h00 HB).

Plus de 17.638.510 cas d'infection ont été officiellement diagnostiqués dans 196 pays et territoires depuis le début de l'épidémie, dont au moins 10.156.500 sont aujourd'hui considérés comme guéris.

Ce nombre de cas diagnostiqués ne reflète toutefois qu'une fraction du nombre réel de contaminations. Certains pays ne testent que les cas graves, d'autres utilisent les tests en priorité pour le traçage et nombre de pays pauvres ne disposent que de capacités de dépistage limitées.


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Sur la journée de vendredi, 6.469 nouveaux décès et 286.453 nouveaux cas ont été recensés dans le monde. Les pays qui ont enregistré le plus de nouveaux décès dans leurs derniers bilans sont les États-Unis avec 1.442 nouveaux morts, le Brésil (1.212) et l'Inde (764).

Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 153.314 décès pour 4.562.170 cas recensés, selon le comptage de l'université Johns Hopkins. Au moins 1.438.160 personnes ont été déclarées guéries.

Après les États-Unis, les pays les plus touchés sont le Brésil avec 92.475 morts pour 2.662.485 cas, le Mexique avec 46.688 morts (424.637 cas), le Royaume-Uni avec 46.119 morts (303.181 cas), et l'Inde avec 36.511 morts (1.695.988 cas).

Intense course aux vaccins

Sur le front médical, signe de la compétition intense entre les Etats, les alliances se multiplient pour s’assurer un accès à un futur vaccin anti Covid-19 et les rivalités surgissent.

L’immunologue Anthony Fauci, voix de la raison scientifique aux Etats-Unis sur la pandémie, a jeté un pavé dans la mare vendredi en émettant des doutes sur la sécurité des vaccins actuellement développés par la Russie et la Chine. "J’espère vraiment que les Chinois et les Russes testent leurs vaccins avant de les administrer à qui que ce soit", a-t-il déclaré lors d’une audition devant le Congrès américain.

Sans partager de données scientifiques sur la sécurité de ses projets de vaccins, Moscou a annoncé cette semaine espérer entamer dès l’automne la production industrielle de deux vaccins conçus par des chercheurs de centres étatiques.

En Chine, un projet de vaccins est conçu notamment par un institut de recherche militaire. L’armée chinoise en a autorisé fin juin l’utilisation dans ses rangs, alors même que les dernières phases de test n’avaient pas démarré.

"Affirmer disposer d’un vaccin prêt à être distribué avant même de le tester est, selon moi, problématique, pour ne pas dire plus", a encore lancé le très respecté directeur de l’Institut américain des maladies infectieuses devant les élus.

Côté européen, le français Sanofi et le britannique GSK ont annoncé vendredi un accord avec les Etats-Unis, pour un financement de plus de 2 milliards de dollars contre la fourniture initiale de 100 millions de doses aux Américains. L’Union européenne s’est mise sur les rangs en réservant 300 millions de doses pour une somme indéterminée, pour l’année prochaine.

Le Japon a de son côté signé avec l’alliance germano-américaine Biontech/Pfizer pour s’assurer 120 millions de doses d’un vaccin potentiel.

Cette âpre compétition fait polémique car elle pose la question de l’accès à l’immunisation des pays à bas revenus.

Economies en berne

Sur le plan économique, les statistiques mondiales, plombées par les restrictions et mesures de confinement dans de nombreux pays, donnent le tournis.

La zone euro a enregistré au deuxième trimestre un plongeon historique de 12,1% de son PIB, a annoncé vendredi l’Office européen de statistiques.

En France, la chute du 2e trimestre est de 13,8%, en Espagne de 18,5%, en Allemagne, moteur économique de l’Europe, de 10,14%.

Aux Etats-Unis, le confinement a entraîné un effondrement du PIB de 32,9% pendant la même période en rythme annualisé. Par rapport au deuxième trimestre 2019, la baisse est de 9,5%.

Restrictions renouvelées en ordre dispersé

Face à une pandémie que rien ne semble pouvoir arrêter, les autorités renouvellent les mesures sanitaires en ordre dispersé.

Le secteur aérien a dénoncé les restrictions de voyage "incohérentes" dans l’UE qui "sapent la confiance des consommateurs". "Certaines de ces mesures nationales unilatérales sont contraires aux conseils des experts", ont déploré les compagnies aériennes au sein notamment de l’Association internationale du transport aérien (Iata), réclamant davantage de coordination.

Plusieurs pays européens ont pris des mesures de quarantaine à l’encontre d’autres Etats ou régions de l’UE, comme le Royaume-Uni vis-à-vis de l’Espagne en raison d’un rebond de l’épidémie, prenant de court des milliers de touristes déjà sur place.

L’été, qui a fait un retour marqué avec des températures suffocantes en Europe de l’Ouest, a poussé les autorités à rappeler la persistance de l’épidémie à ceux qui se ruent sur les plages ou abandonnent le masque. En France, les préfets pourront désormais étendre l’obligation du port du masque à l’extérieur.

En Grèce, une prolongation jusqu’à fin août du confinement imposé aux migrants dans les camps surpeuplés a été décrétée alors que les cas de contamination augmentent dans le pays.

Londres a décidé de repousser d’au moins deux semaines la prochaine phase du déconfinement en Angleterre, prévue samedi avec la réouverture de certains lieux publics.

Dans un revirement de doctrine, le Danemark recommande désormais le port du masque dans les transports publics.

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