Coronavirus aux États-Unis : la Californie gère, une fois de plus, les choses autrement

Los Angeles est devenue la première grande ville américaine à proposer un test de dépistage du coronavirus gratuit pour tous ses habitants. "Nous en avons la capacité, alors n’attendez pas, n’errez pas et ne risquez pas d’infecter d’autres personnes", a déclaré le maire Eric Garcetti lors de l’annonce faite mercredi lors d’une conférence de presse.

Les tests sont accessibles depuis mercredi soir et il n’y a pas de limite de nombre de tests que les résidents peuvent obtenir, a déclaré M. Garcetti. E plus des habitants de la ville, tous les résidents du comté de Los Angeles peuvent s’inscrire pour un test gratuit. Ceux qui se feront tester sur les sites de test au volant peuvent généralement obtenir des résultats dans les 24 à 48 heures.


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Les personnes présentant des symptômes seront prioritaires, mais M. Garcetti a encouragé les résidents, même asymptomatiques, à se faire tester.

"Si vous pensez que vous avez besoin d’un test, faites-en un. Si vous voulez être en sécurité, faites-en un", a déclaré M. Garcetti qui a encouragé tous les résidents à se faire tester s’ils le souhaitent, même s’ils n’ont pas de symptômes.

Une capacité jusque-là inexploitée

La décision d’étendre la disponibilité de faire des tests à tous les habitants de la ville a été prise suite à l’ouverture de nouveaux centres de tests où on a constaté que chaque nuit il restait de nombreux tests inutilisés.

Il existe 34 sites de tests dans la ville et le comté de Los Angeles, avec une capacité de 18.000 personnes par jour. Selon le maire de la ville, plus de 140.000 personnes ont été testées sur ces sites. Los Angeles devient donc la première grande ville américaine à proposer un test de dépistage du coronavirus gratuit pour tous ses habitants.

C’est une belle avancée pour la ville californienne qui compte prés de quatre millions d’habitants, alors que les experts de la santé ont préconisé que les États intensifient les tests afin de "rouvrir" en toute sécurité.

Gestion californienne de la crise

Car aux États-Unis, ce sont bien les gouverneurs des États qui ont le dernier mot pour décider des mesures de confinement ou de déconfinement.

Et, bien que Washington formule des recommandations, chacun des gouverneurs des États a donc la liberté de prendre les mesures qu’il juge nécessaire pour lutter au mieux contre la pandémie de Covid-19, en fonction de ses spécificités. La Californie a donc une gestion de la crise du Covid-19 qui lui est propre.

L’État de Californe est actuellement en phase 1, ce qui implique de rester chez soi et de travailler à "l’aplatissement de la courbe". L’État est encore à "quelques semaines" de l’ouverture "des commerces de détail et des écoles", a déclaré le gouverneur.

Mais ce qui est particulier pour cet État, c’est qu’il a été l’un des premiers à prendre des mesures extraordinaires pour ralentir la propagation du coronavirus. L’un des éléments qui a poussé le gouverneur Gavin Newsom à intervenir rapidement, c’est que le bateau de croisière "Grand Princess" a longé les côtes de San Francisco pendant quelques jours au début du mois de mars, comme un présage d’une catastrophe à venir.

Le "Grand Princess" et ses 21 personnes testées positives au Covid-19 à bord, ont été un signe avant-coureur qui a incité la Californie à prendre des mesures extraordinaires pour ralentir la propagation du coronavirus.

"Nous pouvions le voir de nos fenêtres", explique le Dr Robert Wachter, professeur et directeur du département de médecine de l’université de Californie à San Francisco, interrogé par CNN. "Cela a rendu la chose réelle."

Et puis, il y a la maire de San Francisco, London Breed, qui a également pris les devants avant que les premiers cas ne soient déclarés. La ville compte un nombre important d’Asiatiques (environ 30% de la population) et de nombreux résidents ont des liens familiaux en Chine et à Wuhan en particulier, où le virus a commencé à infecter les humains.

"Cela a suffi pour que je tire la sonnette d’alarme", explique M. Breed dans une interview à une journaliste du Time. Bien qu’aucun cas n’ait été confirmé à l’époque, nous sommes allés sur place et nous avons dit clairement au public : "La question n’est pas de savoir si nous allons avoir un cas ou non. Nous allons avoir un cas".

Un confinement annoncé rapidement

En quelques semaines, le gouvernement Gavin Newsom a émis les premières restrictions obligatoires à l’échelle de l’État américain, ordonnant aux quelque 40 millions d’habitants de la Californie de rester chez eux pour aider à combattre l’épidémie.

"Lorsque nous écrirons cette histoire et que nous regarderons les dizaines de milliers de vies qui auront été épargnées en Californie, je pense que de nombreux facteurs y auront contribué", a déclaré M. Wachter.

"Mais je crois que le plus important était que les dirigeants de tous types, qu’ils soient au gouvernement ou dans les entreprises, ont pris la chose au sérieux, ont cru que c’était un risque réel et ont fait ce qu’il fallait dès le début".

Des mesures de confinement avant les autres

  • Début mars, les responsables de la santé du nord de la Californie ont recommandé aux entreprises de permettre à leurs employés de travailler à domicile. Les employeurs ont été invités à échelonner les heures de début et de fin du travail. Les entreprises ont été invitées à suspendre les déplacements non essentiels.
  • Le 16 mars, près de sept millions de personnes dont reçu l’ordre de se confiner. Les services de santé, les épiceries, les stations d’essence, les banques et les services de livraison de nourriture sont restés ouverts. Les transports en commun sont aussi restés accessibles, mais ne peuvent être utilisés que pour les déplacements vers et depuis les services essentiels.
  • Le 19 mars, une ordonnance valable dans tout l’État indique les Californiens ne doivent pas quitter leur domicile sauf pour des choses essentielles comme la nourriture, les médicaments, les soins de santé et les déplacements vers des emplois considérés comme cruciaux.
    Les services essentiels tels que les épiceries, les pharmacies, les stations d’essence, les marchés de producteurs, les banques alimentaires, les magasins de proximité et les restaurants de livraison sont restés ouverts. Tout comme les banques, les bureaux des gouvernements locaux qui fournissent des services et les forces de l’ordre. Les services non essentiels tels que les restaurants, les bars, les salles de sport et les centres de congrès ont été fermés en vertu de l’ordonnance.

L’État de New York n’a pas émis d’ordonnance imposant de confinement avant le 20 mars. Elle est entrée en vigueur deux jours plus tard.

Quelques exemples d’une gestion de crise qui semble payer. Alors qu’une fois de plus la Californie avait décidé de faire "différemment".

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