Coronavirus au Népal : les sherpas désœuvrés ne peuvent nettoyer les pentes de l'Everest

Mont Everest, mythique toit du monde, exempt d'alpinistes pour cause de COVID-19
3 images
Mont Everest, mythique toit du monde, exempt d'alpinistes pour cause de COVID-19 - © PRAKASH MATHEMA - AFP

Le Népal, principale voie d’accès vers le toit du monde, comptabilise à ce jour 5 cas d’infection au COVID-19 et aucun mort. Au début de ce qui est la haute saison pour les treks vers le sommet de l’Everest, une saison qui s’étale de début avril à fin mai, le gouvernement a décidé le confinement de la population et la fermeture des voies d’accès vers le plus haut sommet au monde. Des centaines de travailleurs de la montagne, guides, porteurs, loueurs de matériel… se retrouvent sans emploi. Un emploi qui leur permet de vivre toute l’année sur les revenus engrangés en à peine deux mois. Pour compenser quelque peu cette énorme perte de revenu, les travailleurs de la montagne ont proposé de nettoyer les pentes de l’Everest.

Un dépotoir en hauteur

Les cinq camps qui jalonnent le parcours vers le sommet de l’Everest sont jonchés de détritus de toutes sortes. Matériel de montagne déclassé, bonbonnes d’oxygène vides, restes de nourriture, déjections humaines et animales. Plusieurs corps d’alpinistes ayant succombé aux épreuves de l’ascension sont aussi entreposés tant bien que mal, quelques fois depuis des années. Les participants des expéditions vers le sommet sont invités, aux moyens de primes, à redescendre des détritus mais rares sont ceux qui le font.

Les travailleurs de la montagne ont donc proposé de monter de grandes expéditions de nettoyage des divers camps de l’Everest. Mais la décision vient de tomber. Le gouvernement, pour des questions de confinement lié au coronavirus, vient d’interdire le projet.

Les représentants des travailleurs de la montagne ont proposé de profiter de l’absence des alpinistes internationaux pour lancer un grand plan de nettoyage de pas moins de six sommets des environs de l’Everest. Un plan qui était censé allier l’opportunité de l’accessibilité exceptionnelle des sommets et la liberté du personnel pour réaliser cette opération environnementale. De plus, il était censé offrir une source de revenus de remplacement à tout un secteur qui encadre les candidats au sommet. En haut de l’échelle des revenus, les guides qui touchent entre 5000 et 10.000 dollars par saison, sont moins touchés par le confinement. Ils disposent en effet d’épargne et peuvent attendre. En revanche, porteurs, employés de l’horeca local et "petites mains" font face à la précarité. Les alternatives à cette industrie de l’extrême sont rares dans la région.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK