Coronavirus au Danemark : une loi pour vacciner "de force" une partie de la population fait grincer des dents

Depuis quelques jours, une information circule dans plusieurs cercles sur les réseaux sociaux : le Danemark aurait annulé une "loi pour la vaccination obligatoire", sous la pression du peuple. De quoi inciter les anti-vaccins à manifester pour, disent-ils, "retrouver notre liberté" et éviter qu’une telle mesure soit appliquée en France ou en Belgique. Mais le Danemark a-t-il réellement voulu vacciner de force sa population ?

Une loi a bien été proposée au parlement danois, intitulée "epidemilov", soit la "loi pour l’épidémie". Il s’agit de donner au gouvernement le pouvoir de décider si une maladie rentre dans la catégorie "critique" et de prendre des mesures en conséquence. Parmi les mesures évoquées, l’interdiction de l’accès aux lieux publics, aux supermarchés et magasins, ainsi qu’aux maisons de retraite et aux hôpitaux, la restriction des transports publics… et effectivement la possibilité d’examiner, traiter et isoler des personnes "de force", avec intervention de la police en cas de refus.


►►► À lire aussi : Coronavirus : le vaccin pour le Covid-19 est-il dangereux ? Quels sont les arguments des anti-vaccins ?


En revanche, la vaccination obligatoire ne concernerait pas toute la population, mais seulement certains groupes, comme les personnes âgées ou dont l’état de santé le justifierait. Ces catégories de population seraient définies par l’autorité de santé danoise.

De nombreuses voix se sont élevées contre cette proposition de loi, parmi lesquelles des médecins, comme le rapporte la radio DR. "Nous pensons que ce sont des dispositions qui vont trop loin et doivent être changées", estime Camille Rathcke, la cheffe de l’association médicale danoise, qui considère que la vaccination obligatoire doit être effectuée "en dernier recours", eu égard aux droits des patients.


►►► À lire aussi : Coronavirus en Belgique : peut-être de premiers vaccins au tournant de l’année, selon Frank Vandenbroucke


D’autres ajoutent que la décision de classer ou non une maladie comme critique ne doit pas être du seul ressort du gouvernement. "Les décisions concernant les situations d’urgence doivent être soutenues par le parlement", précise à DR Anders Beich, directeur du collège danois des médecins généralistes.

Sous la pression des critiques, le gouvernement a tenté de calmer le jeu : "Nous écoutons toutes les remarques et suggestions pour une amélioration" de la loi, dont la mise en œuvre était prévue pour mars 2021, affirme à DR Rasmus Langhoff, le porte-parole sanitaire des Sociaux-démocrates, au pouvoir. De son côté, la Première ministre Mette Frederiksen a expliqué que son gouvernement allait "revenir sur la loi relative aux épidémies", pour trouver un "meilleur équilibre", rapporte le média français LCI. Pas question toutefois de retirer le projet de loi, pour le moment.

Journal télévisé 16/11/2020

En Belgique, le vaccin ne sera pas obligatoire.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK