Coronavirus: "Alors qu'il diminuait, le travail des enfants va repartir à la hausse" (UNICEF)

CQFD, ce qui fait débat, en mode grand entretien : 25 minutes quotidiennes avec un spécialiste, pour vous aider à mieux comprendre/vivre la crise du coronavirus, mais aussi pour vous permettre de poser VOS questions (via l’adresse mail cqfdrtbf@rtbf.be). Notre invitée, ce lundi: Deirdre Perquy, public affairs officer chez Unicef Belgium.

Plus d'un enfant sur 10

Des millions d'enfants supplémentaires risquent d'être contraints de travailler en raison de la crise du Covid-19, c'est l'alerte lancée par l'Organisation internationale du Travail (OIT) et l'Unicef. Selon un rapport commun, le travail des enfants pourrait augmenter pour la première fois en 20 ans, alors qu'il a diminué de 94 millions depuis 2000. 152 millions d'enfants (âgés de 5 à 17 ans) dans le monde sont aujourd'hui privés de leur enfance parce qu'ils travaillent dans l'agriculture, la construction, les carrières, les mines ou les services domestiques. Un travail qui peut menacer leur santé et leur scolarité. En augmentant la pauvreté, la pandémie pourrait accroître le travail des enfants, au fur et à mesure que les familles se retrouvent obligées de recourir à tous les moyens pour survivre. 

"On sait d'autres crises économiques que les enfants sont poussés vers le travail des enfants", explique Deirdre Perquy, en pointant la chute de revenu des familles impactées par une perte de travail ou le décès d'un membre, lié à cette crise. "Il y a aussi la fermeture des écoles qui a favorisé l'envoi des enfants au travail". Les enfants déjà obligés de travailler pourraient devoir faire plus d'heures. Leurs conditions de travail pourraient aussi se dégrader. Ils pourraient se retrouver plus nombreux à s'engager dans des emplois dangereux où ils sont exploités.   

Inégalités de genre renforcées

Les inégalités de genre pourraient également se renforcer. "Le travail des enfants concerne les filles comme les garçons", précise Deirdre Perquy mais l'impact de la crise du Covid-19 risque d'être plus grand pour les filles, parce qu'elles sont particulièrement susceptibles d'être exploitées à la fois dans l'agriculture et le travail domestique.

Il faut rester ambitieux dans les objectifs et y croire pour s'engager

De sombres perspectives, alors que, selon les grands objectifs de développement durable de l'ONU, toute forme de travail des enfants doit avoir disparu, d'ici 2025. "Il faut rester ambitieux dans les objectifs et y croire pour s'engager", réagit Deirdre Perquy qui rappelle un certain nombre de mesures suggérées par l'Unicef et l'OIT, comme élargir la protection sociale, faciliter l'accès au crédit pour les familles pauvres ou promouvoir le travail décent pour les adultes. Les organisations défendent d'autres dispositions pour que les enfants retournent à l'école: éliminer les frais de scolarité et augmenter les moyens de l'inspection du travail et des forces de l'ordre.    

L'OIT et l'Unicef mettent actuellement en place un modèle de simulation pour objectiver l'impact du Covid-19 sur le travail des enfants dans le monde. De nouvelles estimations en 2021 sont attendues.

 

CQFD, Ce Qui Fait Débat, chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h45 sur La Trois. L'entièreté de l'émission ci-dessous:

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