Coronavirus "à l'italienne": pourquoi le virus cible les personnes âgées

A l’heure où la péninsule entière est devenue "zone protégée", la communauté scientifique se trouve fort démunie au moment de décrire une situation "à l’italienne". Pourquoi le pays est-il si sérieusement frappé par l’épidémie de coronavirus ? 9172 personnes y sont contaminées et un bilan de 463 morts est à déplorer. A titre indicatif, c’est quinze fois plus qu’en France. L’impact du virus dans le pays reste une source de questionnement pour la communauté scientifique qui, cela posé, fait un pas plus loin.

Des seniors plus contaminants ?

Deux chercheurs anglais sont sur le point de livrer les résultats de leurs premières analyses. Ils se sont intéressés à la pyramide des âges. L’Italie est le pays avec la moyenne d’âge la plus élevée de l’Union. Près d’un Italien sur quatre a plus de 65 ans. Des chiffres officiels, fournis par l’ordre italien des médecins, indique que l’âge médian des décès, provoqués par le nouveau virus, se situe autour de 81 ans. Dit comme cela, cela n’expliquerait pas le nombre exponentiel de contaminations et de décès.

Mais les chercheurs ont développé cette hypothèse : ils sont d’abord partis de ces données scientifiques avérées qui montrent que le taux de décès, chez les personnes infectées, est plus important pour les personnes âgées. Le constat posé, ils vont un pas plus loin. "Ce sont des observations qui sont encore des spéculations", observe Marius Gilbert, chercheur en épidémiologie à la Faculté des Sciences de l’ULB. "Mais ce que ces chercheurs vont tenter de démontrer c’est que les personnes âgées qui sont contaminées ont une plus haute charge virale et qu’elles sont donc plus contaminantes entre elles."

La pyramide belge fort semblable à l'italienne 

En d’autres termes, les personnes âgées sont plus contagieuses que les personnes jeunes, et cette projection est nouvelle. Elle permettrait d’expliquer, si l’hypothèse se confirme, et en partie, la propagation "à l’italienne". Pour confirmer ces dires, on notera qu’en Chine, avec une population plus jeune, le taux de décès est en train de diminuer. "Ces observations pourraient s’appliquer à notre pays", analyse Marius Gilbert,"puisque la pyramide des âges, telle qu’elle peut être observée en Belgique montre une population plus âgée qu’en Chine."

Une hypothèse qui expliquerait donc, en partie, la virulence de la propagation en Italie. "Le fait qu’il est relevé que, dès le départ, les personnes plus âgées sont plus contaminantes que les plus jeunes n’explique pas tout", poursuit l’épidémiologiste, "car on a quand même un peu l’impression que l’Italie n’a fait que courir derrière l’épidémie."

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"Tutti in Casa", "Tous à la maison", titre la presse italienne. 60 millions d'Italiens sont soumis à ces mesures draconiennes de restriction. © VINCENZO PINTO - AFP

Des facteurs propices à la propagation

Le manque de ressources est également pointé du doigt. Outre le désœuvrement observé dans des services sanitaires, le personnel n’est pas assez formé. On rapporte que des soignants ont été dans l’incapacité de faire fonctionner des appareils destinés à fournir une assistance respiratoire.

La relative désorganisation également, couplée au facteur malchance, a favorisé la circulation souterraine du virus, de fin janvier au 21 février : la diffusion du virus s’est révélée plus rapide étant donné que les premiers malades n’avaient pas été identifiés.

Enfin, les premiers malades n’ont pas de suite été diagnostiqués : on leur a parlé de grippes saisonnières et ils ont propagé la maladie sans le savoir

Sur le terrain, le gouvernement italien a étendu à tout le pays les mesures exceptionnelles de confinement de millions d’Italiens vivant dans le Nord. Les déplacements et les loisirs de 60 millions d’Italiens strictement limités.

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