Coronavirus à Cuba : début de déconfinement à La Havane, sans touristes étrangers

Un pêcheur sur le Malecon à La Havane, le 3 juillet 2020
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Un pêcheur sur le Malecon à La Havane, le 3 juillet 2020 - © Yamil LAGE

Enfin, Lazaro a pu aller pêcher, Dayli nager et Fernando courir le long du Malecon, célèbre boulevard côtier de La Havane : la capitale cubaine a entamé vendredi son déconfinement, permettant à ses habitants de profiter de la mer, mais les touristes étrangers devront attendre.

"On est heureux, car c’est ce qu’on aime tous : la pêche", confie à l’AFP Lazaro Castillo, 55 ans, venu tenter sa chance avec sa canne à pêche.

Venu avec cinq amis qui partagent le même passe-temps, ce chauffeur professionnel a débarqué dès l’aube sur le Malecon – lieu de rendez-vous de tous les Havanais – avec son matériel, sans oublier son masque sur le visage, qui reste obligatoire, ainsi qu’une solution à base de chlore pour se désinfecter les mains.


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"On est tous là, contents, mais en respectant les règles qui ont été fixées", explique-t-il.

Après trois mois de confinement où les plages étaient fermées et la pêche interdite, Lazaro se sentait nostalgique de la mer.

Il y venait parfois "avec mon chien, on s’y arrêtait et on regardait la mer, c’est une habitude de vieux", rigole-t-il.

La Havane, cité de deux millions d’habitants, est la dernière du pays à commencer son déconfinement, étant considérée comme l’épicentre de l’épidémie de coronavirus.

"Mon premier jour de liberté !"

Si la pandémie a été déclarée sous contrôle par les autorités communistes, avec un total vendredi de 2361 cas dont 86 décès, la prudence reste de mise.

L’île de 11,2 millions d’habitants garde ses frontières fermées au moins jusqu’au 1er août, seuls les cayos, chapelet d’îles paradisiaques longeant son territoire, étant depuis mercredi ouverts aux touristes étrangers.

"Joyeux 3 juillet, car tout Cuba entre dans l’étape post-Covid 19. Que le bonheur ne nous fasse pas oublier la responsabilité", a tweeté vendredi le président Miguel Diaz-Canel.


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Le déconfinement se fait donc peu à peu, en trois phases.

Dans la première (qui concerne La Havane et la province voisine de Matanzas, le reste du pays entrant vendredi en phase deux), les restaurants ne peuvent être remplis qu’à 30 à 50% de leur capacité et les bus transportent un nombre limité de passagers. Sur la plage, le port du masque reste obligatoire.

Pas de quoi décourager Deyli Dacerda, 31 ans et mère de deux fillettes : "C’est mon premier jour de liberté !", se réjouit-elle.

"Nous les Cubains, nous avons besoin de l’été, de la chaleur, de la mer". Son impression après avoir fait trempette ? "C’est génial ! Je suis déjà allée me baigner et je vais y retourner, et lundi je reviens avec mes filles".

Comme elle, environ 200 personnes ont accouru vendredi à la "Playita 16", à l’ouest de La Havane, pour en profiter après trois mois d’abstinence et alors qu’une chaleur estivale règne sur la capitale.

Séquelles économiques

Pour Carlos Alberto Mendez, 32 ans, acteur et plongeur amateur, c’est l’occasion de partager quelques bières avec ses amis. "C’est vraiment super, t’imagines, ça faisait si longtemps qu’on était enfermés !".

La mer, "c’est un espace de liberté et tellement agréable", philosophe-t-il.

A quelques mètres de la plage, Daniel Rodriguez, gérant de la cafeteria d’Etat "El Arrecife", se plaint des séquelles économiques de la pandémie : "Ici, avant on vendait pour 1700 CUC (équivalents à 1700 dollars, ndlr) par jour, aujourd’hui on arrive à peine à 500".

Confronté à un renforcement de l’embargo américain en vigueur depuis 1962 et obligé de réduire de 75% ses importations au premier trimestre, faute des devises du tourisme pour les payer, le pays voit les pénuries s’aggraver.


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Vendredi, beaucoup de Cubains ne sont pas allés profiter de la mer en ce premier jour de déconfinement car ils devaient faire la queue pendant des heures face aux supermarchés.

"Tout ce que je pêche ici, je le mets au congélateur, à cause de la situation qu’on traverse", explique d’ailleurs Lazaro le pêcheur.

Fernando Garcia, employé du tourisme de 44 ans, se veut, lui, optimiste : "Si les choses s’améliorent", La Havane pourra s’ouvrir "très bientôt au tourisme international".

Venu faire son jogging sur le Malecon, il dit ressentir "une joie débordante": "La mer nous apporte de la fraîcheur, nous purifie, nous rend joyeux".

Cuba fête le retour d'Italie de ses "héros en blouses blanches", le 9 juin dernier:

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