Coronavirus : 152 fake news russes détectées par l'UE

Le Service européen pour l'action extérieure lutte contre la désinformation dans l'Union européenne. Dans un rapport publié ce jeudi, il recense 152 campagnes de désinformation sur le Covid-19 depuis le début de l'année 2020
Le Service européen pour l'action extérieure lutte contre la désinformation dans l'Union européenne. Dans un rapport publié ce jeudi, il recense 152 campagnes de désinformation sur le Covid-19 depuis le début de l'année 2020 - © Tous droits réservés

"Le coronavirus va causer la fin de l’Union européenne", "Le covid-19 est une arme biologique créée par les Américains", " Le coronavirus a été inventé pour affaiblir l’économie chinoise" sont quelques-unes des 152 fake news détectées par le Service européen d’action extérieure (SEAE) depuis le début de l’année 2020. Ce service diplomatique de l’Union européenne est chargé de lutter contre la désinformation en ligne en Europe. Dans son rapport publié ce jeudi, il pointe du doigt la Russie.

" Des théories du complot"

La première fake news enregistrée par le SEAE est apparue le 22 janvier dernier sur le site d’information Sputnik News, financé par l’Etat russe. Un article y affirme que le virus a été créé par l’OTAN dans le but d’asseoir une hégémonie américaine sur le monde. Pour la diplomatie européenne, il s’agit "d’une théorie du complot visant à jeter une ombre sur les États-Unis et poursuivant des objectifs politiques et économiques".

Dans son rapport, le SEAE épingle également un article publié sur l’antenne lituanienne du média russe Sputnik. Cette publication affirme que les gouvernements européens utilisent le Covid-19 comme une arme sanitaire pour limiter la charge économique des retraités en Italie, venir à bout du mouvement des gilets jaunes en France, ou encore, pour ne pas devoir accueillir de réfugiés en Europe.

Des articles qui poussent la diplomatie européenne à affirmer que les médias russes organisent une campagne de désinformation sur le Covid-19 pour saper la confiance du public.
 

"La désinformation peut tuer"

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a encore rappelé ce mardi que dans une telle crise : "La désinformation, c’est jouer avec la vie des gens. La désinformation peut tuer."

De son côté, Moscou qualifie ces accusations de "gratuites". La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, dénonce "une tentative immorale de masquer via des accusations infondées sa propre incapacité à lutter" contre la pandémie en Europe.

"Ce n’est pas la première fois que l’UE cherche à imputer à Moscou certains problèmes auxquels elle fait face", a-t-elle affirmé.

5 millions pour la lutte contre la désinformation

C’est en 2015 que le Conseil européen reconnait pour la première fois la menace que représentent les campagnes de désinformation en ligne. Quatre ans plus tard, l’Union européenne accentue ses efforts en doublant le budget pour lutter contre les fake news. Il s'élève aujourd'hui à 5 millions d'euros.

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