COP 25 à Madrid: un accord qui laisse de côté plusieurs points essentiels

La COP25 a souligné dimanche lors de sa séance de clôture le "besoin urgent" à agir contre le réchauffement, mais sans parvenir à un accord sur des points essentiels pour répondre à l'urgence climatique et aux appels pressants des militants écologistes.

La Coalition Climat déplore un décalage qui n'aura jamais été aussi grand entre la lenteur et le manque d'ambition dans l'enceinte des négociations de la COP25 et la pression de la rue revendiquant plus de justice climatique, combinée avec l'appel des scientifiques

La conférence climat de l'ONU n'a pas trouvé d'accord sur les règles des marchés carbone internationaux, dernier volet du manuel d'utilisation de l'Accord de Paris de 2015. Ces négociations sont reportées à la COP26 qui se tiendra l'année prochaine à Glasgow.

Ces modalités de mises en oeuvre ("manuel d'utilisation") sont certes techniques mais aussi  fondamentales. Elles sont essentielles car des marchés reposant sur des règles trop floues ou trop laxistes pourraient saper l'ensemble de l'accord de Paris dont l'objectif est de contenir la hausse du mercure bien sous les 2 degrés. 

Malgré deux nuits consécutives de négociations intenses, il s'est avéré impossible de dégager une position acceptable par tout le monde, comme ce fut déjà le cas l'an passé à Katowice. La COP25, qui avait débuté le 2 décembre et devait se terminer vendredi, a d'ailleurs battu des records de durée. Elle évite finalement le naufrage de justesse.  Schématiquement, les mécanismes de marché permettent notamment à un pays A d'acheter des crédits carbone découlant d'un projet de réduction d'émissions de CO2 dans un pays B et de les utiliser pour atteindre ses propres objectifs climatiques. 

Les États les plus soucieux de l'intégrité de l'accord de Paris et l'Union européenne entendaient mettre en place une architecture solide qui permette d'éviter les doubles comptages (qui verraient à la fois le pays A et le pays B comptabiliser les crédits carbone liés au même projet, ce que défend presque seul contre tous le Brésil) et contribue in fine à augmenter les efforts, tout en réduisant leurs coûts, de réduction des émissions de CO2.


 

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