Conseil de l'Europe: la Hongrie doit desserrer son emprise sur les médias

Viktor Orban a placé le secteur des médias sous la tutelle d'un Conseil des médias composé de proches du pouvoir.
Viktor Orban a placé le secteur des médias sous la tutelle d'un Conseil des médias composé de proches du pouvoir. - © KENZO TRIBOUILLARD - AFP

Le gouvernement hongrois du populiste Viktor Orban a encore des progrès à faire pour desserrer son emprise sur le secteur des médias, a estimé vendredi le Conseil de l'Europe.

La réforme controversée des médias imposée en 2011 par M. Orban a certes été amendée depuis, ce qui a amené des "progrès significatifs", mais "d'autres modifications sont nécessaires pour renforcer la liberté des médias", ont jugé les experts de la "Commission de Venise", un organe consultatif du Conseil de l'Europe sur les questions constitutionnelles.

Trop de pouvoir entre les mains du pouvoir

Le président du Conseil hongrois des médias "dispose de beaucoup trop de pouvoirs et est trop dépendant du Premier ministre", estiment ces experts.

Selon eux les autres membres de cet organe de régulation des médias risquent d'être "choisis essentiellement en raison de leurs opinions politiques, ce qui pourrait prédéterminer leur attitude durant leur mandat".

Pour y remédier, il faudrait intégrer à cette instance "des membres de la communauté des médias et de la société civile", propose la commission de Venise.

La loi sur la presse doit intégrer le principe de "proportionnalité", affirment encore les experts européens : selon eux, il est certes légitime de réprimer la diffamation et les appels à la haine, mais "il faut laisser suffisamment d'espace au libre débat sur les questions d'intérêt public" et "les journalistes ont le droit de faire des déclarations immodérées et de nature à susciter la controverse".

Des sanctions trop lourdes

Les experts estiment en outre que le Conseil des médias devrait adopter des "lignes directrices" pour limiter son pouvoir de sanction, car "l'imposition de lourdes sanctions et la fermeture temporaire de médias devraient être des mesures prises en dernier recours".

Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, Viktor Orban a engagé des réformes profondes de la justice, des médias et de l'économie, qui ont été jugées liberticides par l'opposition et largement critiquées à l'étranger.

Il a en particulier placé le secteur des médias sous la tutelle d'un Conseil des médias composé de proches du pouvoir.

Depuis 2010, la Hongrie a perdu 41 places dans le classement mondial annuel de la liberté de la presse établi par l'ONG Reporters Sans Frontières.

Belga

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