Des milliers de réfugiés au Congo-Brazzaville pour fuir les violences en RDC

Les résultats des élections en République démocratique du Congo sont toujours attendus. Annoncés pour ce dimanche, ils pourraient arriver avec du retard. La Commission électorale a des difficultés à rassembler les résultats venus des quatre coins de la RDC, car tout le pays a voté dimanche dernier. Tout le pays, sauf trois grandes régions, dont celle de Yumbi. Là, le vote n’a pas été autorisé pour cause d’insécurité et des violences interethniques qui auraient fait plus de 200 morts. 16.000 personnes ont traversé le fleuve Congo pour se réfugier dans le pays voisin.

Nos envoyés spéciaux ont pu se rendre dans des lieux d’accueil à Makotipoko, au nord de Brazzaville. L’endroit est très difficilement accessible et il semble aussi oublié. Les réfugiés manquent de tout. Parmi eux, des centaines d’enfants. Ils sont rassemblés dans une cour d’école. Pas des écoliers, mais des réfugiés. Des vieilles couvertures jonchent le sol, beaucoup doivent dormir à la belle étoile.

Dans cette petite ville, la plupart des lieux publics sont aujourd’hui réquisitionnés pour l’accueil, même les bureaux en construction de la sous-préfecture. Pas encore de toit, juste des briques. Florence loge ici avec ses enfants. Pour se nourrir, elle affirme se débrouiller. Elle reçoit un peu de riz et parfois elle parvient à acheter du manioc qu’elle partage avec la famille.

Des enfants victimes de coups de machette: un médecin témoigne

7000 réfugiés

Dans la foule, les chefs de villages expliquent qu’ils ne rentreront sans doute pas chez eux bientôt. Il y a eu moins de violences ces derniers jours, mais ils ne se sentent pas protégés par les autorités de la RDC. "Depuis que nous sommes agressés, il n’y a aucune occupation du gouvernement congolais. Même ne serait-ce que venir nous voir. Les cadavres peuvent durer pendant près de 12 à 13 jours avant d’être enterrés", explique un homme.

7000 personnes ont trouvé refuge à Makotipoko. Lors de notre passage, deux semaines après le début de la crise, aucune organisation internationale n’était présente pour apporter de l’aide. L’antenne locale de l’ONU était en train d’envoyer un premier convoi de matériel. Mais l’endroit est difficile d’accès, encerclé par le fleuve Congo et ses affluents.

"A notre niveau, nous avons renforcé les équipes côté Yumbi/Mansele pour faire des cliniques mobiles auprès des personnes déplacées qui sont restées du côté RDC", précise MSF. 

Médecins Sans Frontières est présente dans la province de Maindombe en RDC depuis le 21 décembre dernier. "Depuis ce vendredi matin, des cliniques mobiles sont en place pour permettre aux personnes déplacées d'accéder à des soins de santé primaires", ajoute MSF. "Outre les besoins médicaux, nos équipes ont noté également des besoins importants en termes de nourriture et d'abris. "

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