Congé parental: le modèle suédois loin devant les autres ne permet pas encore une parité parfaite

Un homme promène son bébé dans une poussette à Humlegarden à Stockholm le 24 septembre 2020.
Un homme promène son bébé dans une poussette à Humlegarden à Stockholm le 24 septembre 2020. - © JONATHAN NACKSTRAND - AFP

Allonger le congé de paternité en Belgique sera l’un des dossiers sur la table de la futur coalition Vivaldi. Un progrès social qui pourrait contribuer à l’égalité homme femme en Belgique. Mais, on est encore loin du modèle suédois. Là-bas, les pères et mères ont seize mois de congé parental à se répartir, dont deux uniquement réservés au père.

De plus en plus d’hommes suédois avec des poussettes

À Stockholm, les poussettes baladées par des pères dans les parcs sont de plus en plus nombreuses. Quatre hommes sur cinq prennent aujourd’hui leur congé de paternité. Alexandre, un informaticien de 27 ans, n’a plus remis les pieds au bureau depuis mai et n’entend pas y retourner avant le mois de janvier.

" Je pense que c’est beaucoup mieux que probablement beaucoup de pays qui n’ont pas autant de congés paternité car je passe beaucoup de temps seul avec lui, je peux le nourrir, prendre soin de lui, changer ses couches, tout. Je pense donc que notre relation est bien meilleure que si je n’avais pas autant de congés paternité.", s’enthousiasme-t-il.

480 jours de congé parental à partager

En Suède, les parents bénéficient d’un congé parental de 480 jours, à répartir entre les deux parents, avec un minium de 60 jours réservés au père. Le but est de promouvoir leur implication dans l’éducation des enfants et l’égalité professionnelles hommes femmes. C’est le système le plus généreux d’Europe. Mais, il ne permet pas encore d’atteindre tous ses objectifs, selon Ann-Zofie Duvander, chercheuse en politique familiale à l’Université de Stockholm :

"En Suède, nous n’avons pas encore atteint l’égalité des sexes, donc en ce qui concerne le congé parental, c’est toujours les mères qui utilisent la plupart des congés, je pense que les mères utilisent environ 70% des jours de congé, les pères environ 30%.", déplore-t-elle.

De plus, les constructions culturelles ont la dent dure. Élever des enfants reste considéré comme étant le rôle des femmes.

"Si vous demandez aux parents eux-mêmes, ils vous diront qu’ils ne le divisent pas de manière égale parce qu’ils ne peuvent pas se le permettre, c’est ce que les parents disent souvent, mais il faut aussi penser au fait que les règles traditionnelles de genre sont toujours en vigueur." explique Ann-Zofie Duvander, chercheuse en politique familiale à l’Université de Stockholm.

Les femmes ne sont plus obligées de rester à la maison

Le modèle suédois n’a pas donc pas encore entièrement atteint son but. Il faudra des années avant de parvenir à une parité parfaite. Mais, il a toutefois permis à Janina Pogodina, mère de deux enfants, de protéger sa carrière.

"Cela donne une grande flexibilité. Vous ne restez pas à la traîne dans votre carrière. Les femmes ne sont pas obligées de rester tout le temps à la maison et perdre des opportunités au travail.", explique la jeune mère.

Des avancées significatives qui font de la Suède, le pays le plus paritaire d’Europe.

 

Journal télévisé 27/09/2020

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