Conflits au Yémen : la baisse des dons, "une peine de mort" pour la population yéménite, selon l'Onu

Des personnes déplacées à cause des conflits reçoivent une aide alimentaire offerte par une organisation caritative koweïtienne dans le village de Hays, près de la zone de conflit dans la province de Hodeida, à l'ouest du Yémen, le 22 février 2021.
Des personnes déplacées à cause des conflits reçoivent une aide alimentaire offerte par une organisation caritative koweïtienne dans le village de Hays, près de la zone de conflit dans la province de Hodeida, à l'ouest du Yémen, le 22 février 2021. - © KHALED ZIAD - AFP

Les Nations Unies estiment que ce pays traverse la crise humanitaire la plus aiguë de la planète, englué dans une guerre entre des rebelles Houthis et une coalition internationale menée par l’Arabie saoudite voisine.

La malnutrition menacerait la moitié des enfants

Selon les prévisions des Nations Unies, près de la moitié de la population yéménite de 29 millions de personnes est en danger de faim. La situation est catastrophique surtout pour les femmes déplacées et leurs enfants constate Muriel Boursier, chef de mission de Médecins sans frontière au Yémen :

"Il est vrai que souvent les femmes et les enfants sont parmi les populations les plus vulnérables, surtout les enfants de moins de 5 ans. Tout d’abord, parce qu’ils viennent souvent au monde dans des conditions pas tout à fait idéales, pas toujours dans des structures de santé ou alors parfois sans suivi de grossesse et parfois avec des complications, des difficultés d’accéder à des soins dans la petite enfance. Il faut ajouter à cela aussi les conditions de malnutrition des mères qui ne sont pas toujours en mesure d’allaiter leurs enfants.", explique Muriel Boursier.

Dans un contexte de pandémie mondiale, la situation a empiré l’année dernière avec la chute des financements de l’aide.

"Des millions d’enfants, de femmes et d’hommes yéménites ont désespérément besoin d’aide pour vivre. Réduire l’aide équivaut à une peine de mort", a déploré le chef de l’ONU dans un communiqué.

Des promesses de dons décevantes

Hier, les Nations Unies, la Suède et la Suisse avaient organisé une conférence internationale des donateurs en vue de prévenir la famine au Yémen.

Plus de 100 gouvernements et donateurs particuliers ont participé. A l’ouverture de la réunion, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait exhorté les donateurs à assurer une aide de 3,85 milliards de dollars (environ 3,18 milliards d’euros), afin d’empêcher la famine d'"engloutir" le pays très pauvre de la péninsule arabique où "l’enfance est un enfer".

Mais, les promesses de dons ont été "décevantes". La conférence internationale a récolté seulement 1,7 milliard de dollars, sur les 3,85 milliards espérés.

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