Conflit israélo-palestinien : pourquoi la situation est si tendue à Gaza ? Petit rappel historique

Les affrontements ont repris entre Israël et le mouvement islamiste du Hamas dans la bande de Gaza. Depuis lundi, le bilan des victimes palestiniennes des raids aériens à Gaza s’alourdit et s’élève ce samedi à au moins 126 morts, dont 31 enfants, et 950 blessés selon l’autorité palestinienne. Côté israélien, le Hamas a lancé plus de 2.000 roquettes sur le territoire, faisant au moins 9 morts, dont un enfant et un soldat, et 560 blessés, d’après l’armée israélienne.

Le point de départ de ce regain de violences, ce sont les affrontements entre manifestants palestiniens et policiers israéliens sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est le week-end dernier. 900 personnes ont été blessées lors de ces manifestations.


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La raison de ces affrontements ? Des menaces d'expulsion de familles palestiniennes au profit de colons juifsEn moins d’une semaine, la situation s’est embrasée. Ces violences se sont muées en tirs de roquette entre le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, et Israël… en tensions dans les villes mixtes judéo-arabes sur le sol israélien… et en affrontements en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël.

Les origines de la situation à Gaza

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La bande de Gaza © tous droits réservés

Malgré les appels internationaux à la désescalade, aucun signe d’apaisement en vue. Pourquoi une situation aussi tendue à Gaza?

Pour comprendre l’origine de cette situation, il faut remonter au moins à la guerre des Six jours en juin 1967. Au terme de cette guerre express contre les pays arabes, Israël s’empare, entre autres, de la bande de Gaza, sous contrôle égyptien à l’époque, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

En 1994, la bande de Gaza passe en partie sous le contrôle de l’Autorité Palestinienne.

Dans le cadre des accords de paix d’Oslo, trois zones de contrôle sont définies à Gaza et en Cisjordanie : la zone A sous contrôle palestinien, la zone B sous contrôle civil palestinien mais dont Israël assure la sécurité et la zone C sous contrôle israélien. 

La bande Gaza fait donc partie, avec la Cisjordanie, des territoires palestiniens. Il s'agit d'un morceau de terre de 6 à 12 kilomètres de large sur 41 kilomètres de long. Ce territoire compte une population extrêmement dense de plus de 2 millions d’habitants.

L’arrivée du Hamas

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Le Hamas et le Fatah se partagent le contrôle de Gaza et de la Cisjordanie. © tous droits réservés

Vers la fin des années 1990 et le début des années 2000, le Hamas, un mouvement islamiste basé à Gaza, s'oppose à ces accords d'Oslo, et entreprend des tirs de roquettes vers Israël, qui réplique aussitôt. En réponse, Israël se retire également de Gaza alors que la Cisjordanie et Jérusalem-Est restent sous occupation israélienne.

Cela ne veut pas dire que les Israéliens ne vivent plus dans ces territoires: au contraire. La Cisjordanie est habitée par des Palestiniens, mais de nombreuses colonies israéliennes y ont été créés au fil du temps. 


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En 2005, l’autorité palestinienne contrôle toute la bande de Gaza. L’année suivante, cependant, le Hamas gagne les élections législatives à Gaza. Il l’emporte au détriment du Fatah, le parti de Yasser Arafat, qui représente traditionnellement les intérêts palestiniens, et qui encore aujourd’hui est au pouvoir en Cisjordanie.

Problème : le résultat de ce scrutin n’est pas reconnu par une grande partie de la communauté internationale. Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne stoppent ainsi leurs aides financières vers Gaza.

Et dans le même temps, le Hamas prend le contrôle total de la bande Gaza. Cet événement va marquer jusqu’à aujourd’hui l’isolement économique et politique de Gaza, et un blocus de l’Egypte et d’Israël autour de Gaza, avec accès restreint aux terres agricoles, aux espaces de pêche et aux marchandises.

Que revendique le Hamas ?

Tout d’abord, le Hamas vise la création d’un état islamiste palestinien. Il se dit aussi en faveur d’une destruction d’Israël et rejette dans le même temps les accords d’Oslo.

Une autre revendication majeure est l’accès à la pêche, une importante source de revenus pour ce territoire. Les accords d’Oslo fixent une limite de pêche de 20 milles nautiques en mer Méditerranée pour Gaza, mais cette limite a été restreinte plusieurs fois par Israël entre 3 et 9 milles nautiques. Or, les eaux les plus poissonneuses se trouveraient au-delà de 8 milles.

Et aujourd’hui, le Hamas tente de se faire le garant de la cause palestinienne dans son ensemble.

Lundi, le mouvement islamiste a fixé un ultimatum à Israël pour retirer ses forces de l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, territoire palestinien occupé par Israël et théâtre d'affrontements entre Arabes et Juifs.

Dès l'ultimatum passé, des centaines de roquettes ont été lancées par le Hamas vers Israël et jusqu'à Jérusalem. Sans surprise, l'Etat hébreu a répliqué. Les deux camps sont depuis engagés dans une escalade militaire.

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JT du 16/05/2021

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