Conflit israélo-palestinien : Netanyahu dit vouloir poursuivre les frappes, violents heurts en Cisjordanie, des roquettes tirées depuis la Syrie

Les combattants palestiniens du Hamas ont tiré plus de 2000 roquettes depuis l'enclave de Gaza vers Israël, a indiqué vendredi soir l'armée israélienne, ajoutant que le bouclier antimissile israélien "Dôme de Fer" en a intercepté près de 1000.

Le radar de détection du système repère les roquettes avant de transmettre l'information à un lanceur de missiles qui envoie un projectile pour détruire la roquette avant qu'elle n'atterrisse.

Selon des médias locaux, l'armée israélienne peut faire usage des batteries d'interception de roquettes uniquement lorsque celles-ci sont supposées viser des zones habitées. Le tir d'une telle roquette coûte environ 66.000 euros, selon ces médias.

Extrait de notre journal de 19h30 de ce vendredi :

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a prévenu vendredi que les raids sur la bande de Gaza n'allaient pas prendre fin prochainement, après une intensification des frappes de l'armée sur l'enclave, ayant déjà fait plus de 100 morts en quelques jours.

"J'ai dit que nous infligerions de sérieux revers au Hamas et à d'autres groupes terroristes (...). Ils payent et continueront de payer chèrement. Ce n'est pas encore fini", a déclaré Benjamin Netanyahu après une réunion au ministère de la Défense, d'après un communiqué.

Au cours de la nuit dernière, l'armée israélienne a multiplié les bombardements "pour infliger des dommages sévères aux tunnels" qui permettent aux combattants et dirigeants du Hamas, qui a tiré des centaines de roquettes vers Israël, de circuler à travers la bande de Gaza à l'abri des caméras de l'Etat hébreu, voire de traverser côté israélien pour tenter par exemple d'y prendre des otages, a-t-elle indiqué vendredi.


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Colère en Cisjordanie

Dix Palestiniens ont été tués vendredi en Cisjordanie occupée dans plusieurs heurts avec l'armée israélienne, en marge d'une vaste journée de manifestations de colère, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé palestinien.

La plupart de ces Palestiniens ont été tués à balles réelles par l'armée israélienne lors de manifestations ayant dégénéré en affrontements dans plusieurs localités à travers la Cisjordanie, a rapporté le ministère de la Santé, faisant état d'environ 150 blessés.

A Gaza, la peur et les raids s'intensifient

A 16 ans, Muhammad Najib est un adolescent comme d'autres, qui aime jouer aux jeux vidéos. Mais ce Palestinien de la bande de Gaza a l'impression depuis quelques jours de vivre lui-même dans un jeu de guerre face aux bâtiments pulvérisés par l'armée israélienne.

Enormes gouffres dans la chaussée, habitations réduites en poussière, monceaux de terre retournée: les habitants de Gaza se sont réveillés vendredi dans une enclave dévastée par des bombardements israéliens nocturnes.

D'après plusieurs habitants, c'est comme si leur territoire subissait un "séisme continu", depuis qu'Israël a décidé d'intensifier son offensive contre des groupes armés de Gaza, en tête desquels le Hamas islamiste au pouvoir, qui a lancé des centaines de roquettes sur l'Etat hébreu faisant neuf morts.

Depuis le début d'un nouvelle escalade de violence lundi, plus de 100 Palestiniens sont morts dans les bombardements israéliens. Parmi ces victimes figurent 31 enfants, selon les autorités locales.

"Ces bombardements étaient complètement fous, comme dans les jeux vidéos", raconte Muhammad Najib, qui habite dans la ville de Gaza, tout près de la tour Al-Shorouk, réduite en poussière dans un énorme nuage noir mercredi.

Ces bombardements étaient complètement fous, comme dans les jeux vidéos

"C'était terrifiant", se rappelle-t-il.

A Beit Hanoun, dans le nord de l'enclave de deux millions d'habitants, coincée entre Israël, l'Egypte et la mer Méditerranée, Jassar Fayyad n'a lui plus de maison.

Jeudi soir, "soudainement, nous avons entendu le bruit d'explosions (...) Ils ont frappé environ 10 fois sans avertissement", accuse-t-il. "L'électricité a été coupée et nous ne pouvions plus nous voir, nous avons couru à l'hôpital. Mon père a perdu ses deux pieds, ma tante a perdu son oeil et deux de mes proches ont été gravement blessés", raconte à l'AFP ce jeune homme au T-shirt éclaboussé de sang.


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"D'habitude j'aime rester éveillée tard, maintenant je déteste la nuit", confie Dima Talal, une lycéenne de 17 ans. "Ces quatre derniers jours, je n'ai dormi que quatre heures, saisie par la peur".

"Je suis plus effrayée aujourd'hui que pendant toutes les autres périodes d'escalade, le bruit des missiles israéliens est très fort, terrible, fou", renchérit cette jeune habitante de la ville de Gaza.

"Terrifiant"

Les échanges de tirs entre le Hamas et l'armée israélienne ne sont pas rares, et les deux ennemis se sont affrontés dans trois guerres dans l'enclave en moins de 15 ans (2008, 2012, 2014).

Pour Ahmed Fatoum, 16 ans, ce que les Gazaouis vivent actuellement n'a rien d'une "escalade". "C'est une vraie guerre", estime-t-il.

"Israël détruit tout: des maisons, des immeubles, même des terres agricoles en face de chez nous", affirme le jeune homme. Pourtant "nous ne sommes coupables de rien", ajoute-t-il.

A 73 ans, sa grand-mère, Oum Jallal Fattoum, n'en est pas à ses premières bombes. Mais elle dit ne "jamais avoir vu de bombardements aussi violents".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu - qui a prévenu vendredi que les raids sur la bande de Gaza n'étaient "pas encore fini"- "est un criminel car il tue des enfants et détruit des maisons. Je ne sais pas pourquoi il fait ça...", soupire Oum Jallal Fattoum.

Un nouveau cycle de violence a été déclenché lundi à la suite de plusieurs jours de heurts entre Palestiniens et policiers israéliens à Jérusalem-Est, portion palestinienne de la Ville sainte occupée et annexée par Israël, ayant fait plusieurs centaines de blessés.

Les images de la police israélienne tirant des grenades assourdissantes ou des balles en caoutchouc sur l'esplanade des Mosquées pour disperser des Palestiniens, lançant des projectiles en leur direction, ont particulièrement choqué.

Le Hamas avait alors menacé de tirer des roquettes sur Israël si ses forces ne se retiraient pas de l'esplanade, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme.

"Il (Benjamin Netanyahu) a fait du mal à Jérusalem, c'est pour ça que les Palestiniens ont tiré des roquettes. Il doit partir", estime Oum Jallal Fattoum, estimant qu'il s'agit de la seule solution pour "la paix", qu'elle appelle de ses voeux.

Trois roquettes depuis la Syrie

Trois roquettes ont été tirées vendredi soir depuis la Syrie en direction d'Israël, les premières depuis le début de l'escalade de violences entre l'armée israélienne et le Hamas palestinien, selon une source militaire à Jérusalem.

Une roquette est tombée en territoire syrien et les deux autres se sont abattues sur des zones non-habitées du nord d'Israël, a indiqué l'armée israélienne.

Selon l'Observatoire syrien des droits humains (OSDH), "trois explosions" ont été entendues près de Qouneïtra, en Syrie, à la frontière avec le plateau du Golan occupé par Israël.


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L'OSDH n'était en revanche pas en mesure de préciser s'il s'agissait de tirs visant Israël ou résultant de combats sporadiques en cours entre l'armée syrienne et des groupes d'opposition armés.

Plus tôt dans la journée, du côté de la frontière israélo-libanaise, des soldats israéliens ont tiré sur des manifestants libanais qui avaient réussi à brièvement s'introduire du côté israélien de la barrière.

Un membre du Hezbollah a succombé vendredi à ses blessures infligées par les tirs israéliens, ont indiqué le mouvement chiite libanais et l'agence nationale d'information (ANI).

Appel à un cessez-le-feu

Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a exprimé vendredi la préoccupation de son pays face à l'escalade de la violence en Israël et en Palestine, et a appelé toutes les parties à prendre des mesures immédiates pour s'engager dans un cessez-le-feu et entamer un dialogue politique, a rapporté l'agence officielle de presse WAM.


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