Conflit israélo-palestinien : les Etats-Unis demandent des "précisions" au sujet de la frappe sur un immeuble de médias à Gaza et appellent à la protection des civils

Les Etats-Unis ont demandé à Israël de leur fournir des "précisions" sur la "justification" de la frappe qui a détruit samedi à Gaza un immeuble abritant des médias internationaux, a déclaré lundi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

Très prudent, il a affirmé ne pas avoir personnellement vu d’éventuelles informations partagées par les autorités israéliennes, et ne s’est donc pas prononcé sur la légitimité de la frappe. Le secrétaire d'Etat a redit "l'inquiétude" de Washington au sujet de la protection des médias, sans aller jusqu'à condamner la frappe de l'Etat hébreu.  Il a révélé que les Etats-Unis avaient "demandé" à Israël de leur fournir des "précisions supplémentaires sur la justification" de ce raid.

"Plus globalement, cela dit, et c'est vraiment crucial, Israël a une responsabilité particulière au sujet de la protection des civils pendant qu'il se défend, et cela inclut absolument les journalistes", a-t-il dit.

  Antony Blinken s'est aussi défendu d'avoir fait obstruction au Conseil de sécurité de l'ONU pour faire adopter une déclaration appelant à la fin des hostilités, mais a laissé entendre qu'il considérait qu'un tel texte en ce moment n'était pas de nature à favoriser une désescalade.   "Nous ne faisons pas obstacle à la diplomatie", a-t-il affirmé.


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Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a appelé lundi Israël et les Palestiniens à "protéger les civils et particulièrement les enfants", réaffirmant que l'Etat hébreu avait, "en tant que démocratie", un "devoir particulier" en la matière.

Diplomatie active

"Nous allons continuer à mener une diplomatie active pour mettre fin à ce cycle de violence" et "nous sommes prêts à apporter notre soutien si les parties veulent parvenir à un cessez-le-feu", a-t-il déclaré lors d'une visite à Copenhague, assurant multiplier les contacts "en coulisses".

  Il a une nouvelle fois apporté le soutien des Etats-Unis au droit d'Israël "à se défendre", estimant qu'il n'y avait "aucune équivalence possible entre un groupe terroriste qui tire des roquettes de manière aveugle contre des civils et un pays qui se défend contre ces attaques".

  "Nous appelons donc le Hamas et les autres groupes à Gaza à mettre immédiatement fin aux attaques de roquettes", a insisté le secrétaire d'Etat lors d'une conférence de presse avec son homologue danois Jeppe Kofod.


Mesures urgentes pour mettre fin au ciblage des journalistes

De son côté, la Fédération internationale des journalistes appelle le Conseil de sécurité de l’ONU, qui se réunit lundi, à prendre des mesures urgentes pour mettre fin au ciblage délibéré et systématique des journalistes à Gaza, indique la fédération dans un communiqué.

L’appel intervient après qu’un troisième bâtiment abritant des médias, dont l’Associated Press et Al Jazeera, a été détruit par les bombes israéliennes. La FIJ a fermement condamné cette attaque.

Plus de 30 journalistes ont également été agressés ou détenus et internet a été bloqué. À la suite des attaques, la FIJ a écrit aux autorités israéliennes et au secrétaire général de l’ONU, ainsi qu’à tous les membres du Conseil de sécurité, pour demander la fin du ciblage délibéré et systématique des médias et des journalistes, ainsi qu’à stopper les tentatives de faire cesser les reportages de terrain à Gaza.

"Israël ne respecte pas ses obligations internationales", affirme le secrétaire général de la FIJ Anthony Bellanger. "La résolution 1738 du Conseil de sécurité de l’ONU exige spécifiquement que les États protègent les journalistes et leur personnel de soutien travaillant dans des environnements de conflit".

La FIJ a appelé à plusieurs reprises le gouvernement israélien à enquêter sur les attaques et les assassinats ciblés de travailleurs des médias palestiniens et a également dénoncé la situation aux Nations Unies, soumettant des plaintes formelles aux rapporteurs spéciaux en décembre 2020.

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