Conflit israélo-palestinien : Biden s'est entretenu avec Netanyahu et espère une solution mais bloque les discussions à l'ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU a tenu ce mercredi une nouvelle réunion d'urgence à huis clos sur le conflit opposant les Israéliens et les Palestiniens, au cours de laquelle les Etats-Unis se sont, comme lundi, opposés à l'adoption d'une déclaration conjointe, jugée "contre-productive".

Pour les Etats-Unis, premier soutien d'Israël, "le Conseil de sécurité marque sa préoccupation en se réunissant, pas besoin de plus", a déclaré à l'AFP un diplomate sous couvert d'anonymat. "Les Etats-Unis ne semblent pas considérer qu'une déclaration aide à une désescalade", a ajouté un autre diplomate, également sous anonymat. Dans la soirée, le président Biden s'est entretenu avec son homologue israélien et a affirmé espérer une solution rapide.

Entretien téléphonique entre Biden et Netanyahu

Le président américain Joe Biden a indiqué ce mercredi s'être entretenu par téléphone avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, peu après l'annonce de l'envoi d'un émissaire en Israël et dans les Territoires palestiniens suite à l'embrasement des derniers jours.

Israël a le droit de se défendre

"J'ai eu un échange avec Bibi Netanyahu", a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche. "Mon espoir est que la situation soit résolue aussi rapidement que possible, mais Israël a le droit de se défendre quand des milliers de roquettes sont tirées vers son territoire", a-t-il ajouté.

L'échange intervient dans un contexte de vives tensions et de violences qui ont fait plus de 40 morts dans la bande de Gaza, bombardée par les forces israéliennes, et en Israël, où le Hamas a multiplié les tirs de roquettes.

14 des 15 membres du Conseil de Sécurité pour la déclaration

Le Conseil de sécurité de l'ONU a tenu mercredi une réunion d'urgence sur le conflit, échouant de nouveau à s'entendre sur une déclaration en raison d'une opposition persistante des Etats-Unis à l'adoption de tout texte, selon des diplomates.

Selon plusieurs sources, 14 des 15 membres du Conseil de sécurité étaient en faveur d'un texte visant à faire baisser la tension, proposé par la Tunisie, la Norvège et la Chine.

"Les Etats-Unis sont activement engagés en coulisses sur un plan diplomatique avec toutes les parties et dans la région en faveur d'une désescalade. Actuellement, une déclaration du Conseil serait contre-productive", a indiqué, en réclamant aussi l'anonymat, une source au fait des discussions.

A Washington, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a annoncé simultanément l'envoi d'un émissaire au Proche-Orient pour exhorter Israéliens et Palestiniens à la "désescalade".

Frustration des 4 membres européens

Signe de leur frustration, quatre membres européens du Conseil de sécurité - Norvège, Estonie, France et Irlande - ont tenu ce mercredi à publier un communiqué. 

"Nous condamnons les tirs de roquettes à partir de Gaza sur des populations civiles en Israël par le Hamas et d'autres groupes militants, qui sont totalement inacceptables et doivent s'arrêter immédiatement", indique leur communiqué.

"Nous appelons Israël à cesser les activités de colonisation, de démolition et d'expulsions (de Palestiniens), y compris à Jérusalem-Est", affirme aussi leur communiqué, en allusion à l'un des vecteurs à l'origine du nouveau conflit.

Espoir de revirement

Interrogé sur l'incapacité à s'exprimer sur les affrontements israélo-palestiniens de l'instance chargée de la paix dans le monde - singulière sur la scène internationale depuis ce week-end -, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a espéré un revirement prochain. "Nous espérons que les membres du Conseil trouveront, auront la capacité de publier une déclaration", a-t-il dit. "Toute situation internationale bénéficiera toujours d'une voix forte et unifiée du Conseil de sécurité".

Lors de la visioconférence du Conseil de sécurité, l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, a souligné que "la situation s'était détériorée depuis lundi", et a mis en garde contre "une spirale de violences", a rapporté une source diplomatique.

Lors de la première réunion d'urgence lundi du Conseil de sécurité, les Etats-Unis avaient déjà refusé l'adoption d'un texte conjoint proposé par la Tunisie, la Norvège et la Chine, appelant les deux parties à s'abstenir de toute provocation.

L'UE exhorte à l'"arrêt immédiat" des violences

Du côté de l'Union Européenne, on a appelé mercredi à "l’arrêt immédiat" des violences en Israël et dans les Territoires palestiniens pour "éviter un conflit plus large", dans une déclaration du chef de la diplomatie européenne.

"Le lancement aveugle de roquettes par le Hamas et d’autres groupes en direction des civils israéliens est inacceptable. Tout en reconnaissant le besoin légitime d’Israël de protéger sa population civile, la réponse doit être proportionnée et faire l’objet d’une retenue maximale dans l’usage de la force", a plaidé Josep Borrell.


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"L’UE est consternée par le grand nombre de morts et de blessés parmi les civils, y compris des enfants", a-t-il ajouté. "La priorité doit être de protéger les civils. Tous les efforts doivent viser à éviter les pertes civiles et à favoriser la désescalade".

Les roquettes tirées vers Israël et les frappes israéliennes sur la bande de Gaza ont fait au moins 62 morts depuis lundi. "Cette situation fait suite à des jours de tension et d’affrontements à Jérusalem, notamment sur les lieux saints, et à une recrudescence de la violence dans les villes d’Israël et de Cisjordanie", a déploré le chef de la diplomatie européenne.

Josep Borrell a précisé être en contact avec les parties concernées dans la région et avec la communauté internationale, notamment par le biais du quartette pour le Moyen-Orient – qui inclut les Etats-Unis, la Russie, l’UE et l’ONU -, "afin de soutenir les efforts visant à mettre fin à de nouvelles violences". "A Jérusalem, le statu quo sur les lieux saints doit être respecté et la liberté de culte garantie", a-t-il insisté.

Le président du Conseil Européen, Charles Michel, s’est entretenu mercredi avec le président israélien Reuven Rivlin et s’est dit "très inquiet par la montée récente de la violence et des attaques sans discrimination".

Rencontre prochaine d'Elio Di Rupo avec l'ambassadeur palestinien en Belgique

Le ministre-président wallon Elio Di Rupo rencontrera prochainement l'ambassadeur palestinien en Belgique et espère rencontrer l'ambassadeur israélien "dans un délai raisonnable", a-t-il indiqué mercredi, en séance plénière du parlement wallon.

"Je suis gravement préoccupé par l'escalade de la violence et le risque d'un conflit majeur dans la région. Il faut que la communauté internationale, et notre pays, se mobilisent pour convaincre les deux parties de stopper immédiatement les hostilités", a-t-il dit.

"Je condamne fermement les violations manifestes du droit international et des résolutions de l'ONU. L'appropriation par un Etat de territoires acquis par la force et la modification des frontières dans les mêmes conditions sont inacceptables. Quant au lancement de roquettes par le Hamas, c'est là aussi inacceptable", a poursuivi Elio Di Rupo.

 Ce dernier a par ailleurs rappelé qu'il n'existait "aucun accord formel entre la Wallonie et Israël" et qu'aucun projet wallon n'y est financé par  par Wallonie-Bruxelles International (WBI). 

Les Etats-Unis vont bien envoyer un émissaire au Proche-Orient

Les Etats-Unis vont donc bien envoyer un émissaire au Proche-Orient pour exhorter Israéliens et Palestiniens à la "désescalade" après la série de raids et d’affrontements de ces derniers jours, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie américaine, appelant l’Etat hébreu à "éviter les victimes civiles".

Hady Amr, haut responsable du département d’Etat américain chargé des affaires israéliennes et palestiniennes, aura pour mission d’exhorter "au nom du président Biden à une désescalade de la violence", a précisé Antony Blinken devant la presse.

Il devait quitter Washington dès mercredi, a précisé un responsable américain.

Tout décès de civils est une tragédie

Le secrétaire d’Etat a de nouveau condamné les tirs de roquette du mouvement islamiste Hamas vers Israël "avec la plus grande fermeté", mais il a aussi estimé que "tout décès de civils" était "une tragédie".

"Je pense qu’Israël a un devoir supplémentaire d’essayer de faire tout son possible pour éviter les victimes civiles, même s’ils ont le droit de défendre leur population", a déclaré Antony Blinken, soulignant que les images d’enfants palestiniens morts étaient "déchirantes". "Les Palestiniens ont le droit à la sécurité", a-t-il ajouté.

Critiques vis-à-vis de l’administration Biden

Face aux critiques quant à l’attitude de l’administration de Joe Biden, souvent accusée d’être en retrait sur le dossier israélo-palestinien, le secrétaire d’Etat a assuré que les Etats-Unis étaient "pleinement impliqués" auprès de "toutes les parties, y compris les Palestiniens", même s’il n’a pas voulu préciser la nature des contacts avec les dirigeants palestiniens.

"La chose la plus importante maintenant c’est que toutes les parties cessent la violence, engagent une désescalade", a-t-il insisté.

Demande russe de réunion urgente du Quartette pour le Proche-Orient

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a appelé mercredi à une réunion urgente du Quartette pour le Proche-Orient pour mettre fin à l'escalade de la violence depuis une semaine entre Israël et les Palestiniens.

"La tâche la plus urgente est de convoquer le Quartette de médiateurs internationaux - la Russie, les Etats-Unis, l'ONU et l'Union européenne", a déclaré M. Lavrov à Moscou, lors d'une conférence de presse commune avec le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

 "Nous comptons sur le secrétaire général, en tant que coordinateur du Quartette, pour essayer d'organiser une telle réunion le plus rapidement possible", a ajouté M. Lavrov.

 Antonio Guterres a pour sa part appelé une nouvelle fois Israël et les Palestiniens à la "désescalade" afin de "protéger la vie des civils qui meurent dans ces circonstances absolument inacceptables", selon des propos traduits en russe.

Erdogan plus offensif

 Le président russe Vladimir Poutine a lui aussi appelé plus tôt mercredi à la désescalade dans le conflit opposant le Hamas et l'Etat hébreu, lors d'une conversation avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan qui, nettement plus offensif, réclame de donner "une leçon" à Israël.

La Russie entretient de bonnes relations à la fois avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, les dirigeants palestiniens et M. Erdogan.     Le Conseil de sécurité de l'ONU a tenu mercredi une réunion d'urgence sur le conflit, échouant de nouveau à s'entendre sur une déclaration en raison d'une opposition persistante des Etats-Unis à l'adoption de tout texte, selon des diplomates.

 

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