Conflit en Syrie: pour les experts de l'OIAC, mission quasi-impossible à Douma

Douma, le 17 avril 2018.
Douma, le 17 avril 2018. - © STRINGER - AFP

Les enquêteurs internationaux arrivés mardi à Douma, plus de dix jours après l'attaque chimique présumée dans la banlieue de Damas, ont peu de chances de pouvoir collecter des indices probants et des preuves irréfutables, estiment experts et officiels.

Aussi longtemps après l'attaque du 7 avril, dans une région désormais contrôlée par l'armée du régime, suspectée d'avoir employé des munitions chimiques ayant fait plus de 40 morts, les spécialistes de l'Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) sont confrontés à "une mission, sinon impossible, du moins très compliquée", assure à l'AFP Olivier Lepick, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), spécialiste des armes chimiques.

Tentation "immense de faire le ménage"

"Comme pour toute scène de crime, il est fondamental d'arriver le plus vite possible sur les lieux. Là, il y a déjà un délai qui est très au-delà de ce que prévoient les statuts de l'OIAC (24 à 48 heures)", dit-il. "Par ailleurs, la zone de l'attaque présumée est aujourd'hui occupée par les forces syriennes et russes qui sont les principaux suspects dans cette affaire, donc on imagine bien que la tentation doit être immense de faire le ménage...", ajoute-t-il.

Invoquant des "problèmes de sécurité", la Russie a assuré que les inspecteurs de l'OIAC auraient accès aux lieux de l'attaque, niant toute mauvaise volonté.

"Il est quand même étrange, si les Russes et les Syriens n'ont rien à se reprocher, qu'ils attendent 36 à 72 heures pour laisser les inspecteurs avoir accès au site, sous des prétextes fallacieux de sécurité", ajoute Olivier Lepick. C'est probablement pour avoir le temps de terminer le ménage."

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