Armes chimiques: la Syrie a donné son accord, Obama et Cameron se méfient

Conflit en Syrie - La proposition russe est un développement "potentiellement positif" selon Obama
Conflit en Syrie - La proposition russe est un développement "potentiellement positif" selon Obama - © Belga

Alors que le président américain Barack Obama venait d'affirmer lundi que la proposition russe de placer l'arsenal chimique syrien sous contrôle international constituait un développement "potentiellement positif", la Syrie déclarait avoir déjà donné son accord à l'initiative russe. En Angleterre, on criant la stratégie de l’endormissement. Et déjà, la Russie juge "inacceptable" le projet de résolution de l'ONU reconnaissant la responsabilité de Bachar al-Assad.

La Syrie a "déjà donné son accord" à la proposition russe de placer son arsenal chimique sous contrôle international, a déclaré mardi à Moscou le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, selon les agences russes.

"Hier (lundi) nous avons eu une séance de négociations fructueuses avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov (...), et déjà en soirée, nous avons donné notre accord à l'initiative russe", a déclaré Walid Mouallem, selon des propos cités par les agences russes, traduits de l'arabe.

Barack Obama, dans un entretien à CNN, a toutefois mis en garde contre toute tentative de diversion du régime de Bachar al-Assad et a estimé que ce changement d'attitude était le résultat des menaces américaines de frappes pour punir Damas d'avoir eu recours à son arsenal chimique.

"Il s'agit d'un développement potentiellement positif. Je dois dire qu'il aurait été improbable de parvenir à ce point (...) sans une menace militaire digne de foi pour traiter la question du recours à des armes chimiques en Syrie", a ajouté le président dans cet entretien, l'un des six accordés lundi à des télévisions américaines pour défendre sa politique dans ce dossier.

"Nous allons le prendre au sérieux", a promis le président qui, le 31 août, avait annoncé avoir pris la décision d'une opération militaire contre le régime de Bachar al-Assad mais réclamé le feu vert du Congrès, un vote qui s'annonce difficile vu l'hostilité de nombreux élus des deux bords.

Dans un autre entretien à la télévision NBC lundi, le président a d'ailleurs dit ne pas être certain d'obtenir le soutien des élus à un recours à la force. La Russie, principale alliée du régime Assad, a proposé lundi à Damas de placer son arsenal chimique sous contrôle international et de le détruire. La Syrie a immédiatement "accueilli favorablement" cette proposition.

La proposition russe ne doit pas devenir un "processus sans fin"

La proposition russe de placer sous contrôle international l'arsenal d'armes chimiques syrien ne doit pas se traduire par un "processus sans fin", a mis en garde mardi un porte-parole du Premier ministre britannique David Cameron. "Accepter cela fait partie intégrante des éléments qui nous permettront de déterminer s'il s'agit ou pas d'une offre sérieuse et véritable", a indiqué le porte-parole de Downing Street lors d'un point presse à Londres. Il répondait à la question de savoir si le Royaume-Uni comptait fixer un calendrier pour la mise en place des propositions russes. "Nous devons être très vigilants quant au risque d'une tactique de diversion. ", a-t-il ajouté. Lundi, le Premier ministre David Cameron avait jugé que cette proposition serait "un grand pas en avant" s'il ne s'agissait pas d'une "manoeuvre de diversion".

Au plan diplomatique en tout cas, les manœuvres on débuté: la Russie juge "inacceptable" le projet français de résolution à l'ONU sur les armes chimiques en Syrie, a déclaré mardi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d'un entretien téléphonique avec son homologue français Laurent Fabius.

                                                                                 

 

Pas de vote au Sénat américain cette semaine

Le Sénat américain ne devrait pas voter cette semaine sur une autorisation d'un usage de la force contre la Syrie après l'accord donné par Damas à une surveillance internationale de son arsenal chimique, ont dit mardi des attachés parlementaires.

Les responsables du Congrès souhaitent en outre attendre la réaction des Américains au discours sur la Syrie que doit prononcer le président Barack Obama dans la soirée, ont ajouté plusieurs attachés parlementaires.

Belga

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